Vendredi 25 janvier 2008

La guerre froide n’est pas finie pour tout le monde
publié le mercredi 23 janvier 2008 

  
A Panmunjom, au coeur de la zone démilitarisée qui sépare les deux Corée, cinq officiers suisses surveillent une des frontières les plus « chaudes » au monde. Histoire de garantir le respect de l’armistice signé en 1953.
Au milieu des miradors, des barbelés, des mines et des troupes entraînées et formellement encore en guerre, les menaces sont constantes. Mais la vie quotidienne dans la mission peut quand même être agréable. Reportage.¨

« Nous allons entrer dans la ’Joint Security Area’ (JSA). Dorénavant je vous prie de vous conformer scrupuleusement à mes instructions. Ici, une fusillade est possible à tout moment », nous annonce, très sérieusement, le soldat américain chargé de nous guider dans une des zones les plus dangereuses de la terre.

Les 800 m2 de la JSA, là même où ont eu lieu, il y a plus de cinquante ans, les négociations harassantes pour le cessez-le-feu, sont le seul endroit où les soldats nord et sud coréens sont encore en contact direct les uns avec les autres.

Ici, le dernier affrontement armé remonte à 1984, mais la tension reste élevée. Aujourd’hui encore, la Corée du Nord entretient environ un million de soldats et la Corée du Sud 400’000, amassés derrière les limites respectives de la zone démilitarisée.

L’atmosphère qu’on y respire est tristement suggestive. Au milieu, la ligne de démarcation militaire, inviolable, tient lieu de frontière. Ceci dans l’attente d’un accord de paix. Puis on trouve les baraquements qui ont abrité les négociations. Derrière, d’un côté comme de l’autre, deux grandes constructions se toisent, propagande oblige.

Tout autour, dans des poses et des attitudes agressives et intimidatrices, les soldats des deux camps se fixent en silence. Ils peuvent se trouver à 30 centimètres de distance seulement et sont prêts à tout si la ligne de démarcation tracée au sol devait être franchie. Depuis les miradors ou derrière les vitres sombres des édifices, tout le monde surveille tout le monde.

Marquer une présence

« Je ne me sens pas vulnérable mais j’éprouve un grand respect pour ce territoire confie le divisionnaire Gerhard Brügger, chef de la mission suisse à Panmunjom. Ceci dit, le danger est réel et il ne faut pas le sous-estimer ».

Gerhard Brügger et les quatre autres officiers suisses vivent et travaillent à quelques mètres de la JSA avec cinq collègues suédois. Par leur présence, ils sont fidèles à un engagement pris par la Suisse il y a maintenant 54 ans au sein de la Commission de surveillance des pays neutres (Neutral Nations Supervisory Commission NNSC), instituée au lendemain de l’accord de cessez-le-feu.

« Comme le prévoyait l’armistice du 27 juillet 1953, notre rôle consistait à veiller au respect de l’accord, explique le divisionnaire Brügger. Nous sommes présents, nous nous échangeons des informations, nous rédigeons des rapports et, une fois pas jour au moins, nous entrons dans la JSA. Histoire de rappeler que l’armistice est toujours en vigueur ».

Les militaires suisses, désarmés à la fin des années 60, sont autant observateurs que diplomates. « Notre présence est symbolique et a un sens seulement ici. Elle n’en aurait pas si nous nous trouvions à Séoul ou dans un quelconque bureau loin de la JSA », ajoute Gerhard Brügger, arrivé à Panmunjom il y a trois ans.


Un « paradis »

Les logis des militaires de la NNSC (au début, ils étaient environ 400 Suisses et Suédois) se trouvent sur une colline à côté de la ligne de démarcation, tout près de l’endroit où, jour après jour, les soldats des deux Corée s’affrontent psychologiquement.

Malgré cette position, le « Swiss Camp » est une oasis de tranquillité. A condition bien sûr de ne pas s’aventurer trop loin sur les sentiers non battus, hors du campement. Les mines anti-personnel peuvent être disséminées partout.

Dans la salle de réunion des militaires, le major Markus Fischer n’hésite pas à parler d’un « paradis ». « Nous vivons au milieu de la nature, nous disposons d’excellentes infrastructures et Séoul, avec sa vie trépidante, ne se trouve qu’à une heure de voiture. Personnellement, je suis enchanté de travailler ici ».

Nous passons la nuit dans le baraquement T36, à dix mètres seulement de la frontière plus hermétique du monde. La lumière orange du camp révèle cruellement la présence constante de la "blessure" qui coupe la péninsule en deux. Soit à cet endroit un mur de grillage et de fil de fer barbelé de trois mètres de haut.

Le silence est total, suggestif, presque irréel, brisé seulement par le jacassement des oies sauvages, tapies dans le bois voisin et, ici et là, par le bruit sourd des génératrice d’électricité. La sensation de paix est tangible et trompeuse à la fois.

Combien de temps encore ?

Au début, la mission NNSC a été pensée comme une contribution temporaire des pays neutres dans l’attente d’une paix formelle entre les belligérants.

Mais, 54 ans après la fin des hostilités, aucun traité de paix n’a encore été signé même si les deux Corée viennent de relancer les discussions à ce sujet. On peut donc se demander combien de temps durera encore cette interminable mission suisse à Panmunjom ?
« C’est difficile à dire, cela dépend de ce qui se passera autour de nous fait remarquer Gerhard Brügger. Même si notre départ ne modifierait pas beaucoup les conditions de sécurité dans la zone démilitarisée, un abandon avant la conclusion d’un accord de paix représenterait un signal politique négatif. »

Le divisionnaire suisse estime que la NNSC est un des éléments essentiels de l’armistice. Si elle devait être dissoute trop vite, l’accord de cessez-le-feu risquerait de capoter voire, à plus long terme, de tomber définitivement à l’eau « sans que rien ne le remplace ». Avec tous les risques que cela pourrait entraîner.

swissinfo, Marzio Pescia à Panmunjom Traduction et adaptation de l’italien, Gemma d’Urso


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LA GUERRE DE CORÉE


La guerre de Corée a éclaté en 1950 après l’invasion de la Corée du Sud par l’armée nord-coréenne. Mandatés par l’ONU, les Etats-Unis et 17 autres pays sont intervenus militairement en faveur de la Corée du Sud pour renverser le régime nord-coréen, ensuite soutenu par la Chine.

Les négociations pour un accord de cessez-le-feu ont débuté le 10 juillet 1951. La signature a eu lieu le 27 juillet 1953 à Panmunjom.

Le conflit s’est soldé par un lourd bilan : plus de quatre millions de victimes et des dévastations.

ZONE DÉMILITARISÉE
A 60 km seulement de Séoul - la jeune, scintillante et insouciante capitale de la Corée du Sud - le premier check point sur la rivière Imjin (« réunification ») est la porte d’entrée sur un monde où le conflit fratricide entre les deux Corée n’a jamais pris fin.

La zone démilitarisée suit partiellement le 38ème parallèle. Il s’agit d’une bande de terre d’une longueur de 241 kilomètres et d’une largeur de quatre, séparée au milieu par la ligne de démarcation entre les deux pays.

L’endroit est surveillé de près et inaccessible sans autorisation spéciale. A l’intérieur, les mouvements de troupes sont sévèrement réglementés.

Vu l’absence d’activités humaines importantes depuis plus de 50 ans, ce territoire est devenu une des plus grandes réserves naturelles d’Asie orientale.

NNSC
L’armistice de 1953 a eu pour conséquence la mise sur pied de deux missions neutres en Corée : la NNSC (surveillance) et la NNRC (rapatriement des prisonniers de guerre). Les soldats suisses siègent dans ces deux missions.

Au début, la NNSC était formée par quatre nations : la Suisse et la Suède (pour la Corée du Sud), la Pologne et la Tchécoslovaquie (pour la Corée du Nord).

Depuis 1991, la Corée du Nord ne reconnaît plus la NNSC dont les relations avec la Corée du Sud sont pratiquement inexistantes depuis 1995.

La première délégation helvétique se composait de 146 personnes. A partir de 1994, elle ne compte plus que cinq officiers suisses.

  
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par Muratko publié dans : muratko
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Samedi 10 novembre 2007

 

Les contradictions de la politique moyen-orientale de Washington / Qui tire les ficelles du PKK ?

par Justin Raimondo*

Début août —c’est-à-dire bien avant que le sujet ne soit abordé par les médias dominants—, Thierry Meyssan révélait dans nos colonnes le projet d’intervention militaire conjointe états-uno-turque contre le PKK. Cependant, la main droite du Pentagone ignorant ce que fait sa main gauche, ce plan n’a pas tardé à se heurter à une autre réalité qu’analyse ici Justin Raimondo : le PKK est lui-même armé par le Pentagone !
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31 octobre 2007

  
La menace récente, brandie par les Turcs d’envahir l’Irak afin d’y poursuivre à chaud les terroristes du PKK [Parti des « travailleurs » du « Kurdistan »] contraint l’administration bushiste à se démener afin d’apaiser Ankara et de l’empêcher de porter un coup terrible à l’allégation selon laquelle l’occupation états-unienne de l’Irak aurait apporté de la « stabilité » à la région.

Le Kurdistan, après tout, n’a-t-il pas été présenté jusqu’ici comme un modèle de paix, de prospérité et de bonheur sans mélange —avant-goût de l’avenir radieux du pays, pour peu que des « défaitistes », aux États-Unis, ne retirent pas « précipitamment » le tapis de dessous les pieds de notre victoire imminente— ?

Voir cette véritable utopie écrasée par la force armée turque, voilà qui serait un désastre énorme pour Washington —mais pire encore serait la révélation de la manière dont nous nous sommes fourrés dans cette position totalement intenable, pour commencer—. Ce serait pire, je le précise, pour quiconque se verrait mis en examen et condamné pour avoir manigancé ce qui risque fort de s’avérer une de ‘nos’ opérations « voyoutes » les plus ambitieuses et les plus périlleuses depuis le scandale Iran-Contra !

Les numéros de séries des armes capturées sur des combattants du PKK ont permis de remonter la filière jusqu’à des chargements états-uniens destinés à l’armée et à des unités de la police irakiennes. En réponse à des plaintes turques à ce sujet, les États-uniens prétendent que ces armes auraient été détournées par les Irakiens —vraisemblablement le gouvernement kurde autonome—, mais les Turcs n’en croient pas un mot : si cette énorme quantité d’armes de fabrication US (1 260 unités saisies, jusqu’ici) s’avère avoir été directement fournie au PKK par les États-uniens, a averti Abdüllah Gül, alors qu’il était encore ministre turc des Affaires étrangères, les relations américano-turques « seraient véritablement brisées ». Les diplomates états-uniens ont immédiatement rejeté cette hypothèse, et Washington a envoyé le conseiller général du Pentagone, William J. Haynes, sur place, où il a rencontré les plus hauts responsables de l’armée turque. D’après au moins une source, « L’entretien a porté sur une enquête en cours, diligentée par le Département US de la Défense, sur des informations selon lesquelles des armes US étaient en train d’être vendues par des troupes US stationnées en Irak ».

Un autre indice sur ce qui est en train de réellement se tramer là est fourni par l’information selon laquelle le FBI s’est offert d’aider les Turcs à trouver où le PKK obtient ses financements et ses armes —tiens ; cela ne vous semble-t-il pas bizarre ? Le directeur du FBI, Robert Mueller, a déclaré : « Nous travaillons, avec nos homologues, ailleurs en Europe, et en Turquie, pour traiter la question du PKK et travailler conjointement afin de trouver et de stopper le financement de formations terroristes, qu’il s’agisse du PKK, d’Al-Qa’ida, ou de n’importe quoi d’autre ». Reste qu’on se demande pourquoi le FBI tient à se mêler de cette affaire ? À moins bien entendu, que les États-uniens soient peu ou prou mouillés ? Le ministre des Affaires étrangères turc, Gül, l’a confirmé aux médias turcs, déclarant : « 1 260 armes prises sur le PKK sont de fabrication états-uniennes. Nous en avons apporté les preuves aux États-Unis. Ces armes, bien entendu, ne sont pas données directement au PKK par les États-uniens. Il s’agit là d’armes qui ont été données à l’armée irakienne. Malheureusement, certains officiers états-uniens se sont laissé corrompre. Le Département (US) de la Défense nous a informés qu’une enquête très sérieuse était en cours. »

S’agit-il simplement de quelques pommes « gâtées », ou est-ce plus grave ?

Comme l’a expliqué [le journaliste] Seymour Hersh, les États-Unis et Israël sont en train de financer, et d’aider par tous les moyens le Parti Kurde de la Vie, connu sous l’intitulé de « Pejak », à « libérer » l’Ouest de l’Iran, où vit une importante population kurde irrédentiste. De plus, les liens entre le PKK et le Pejak sont plus que simplement fraternels : fondamentalement, il s’agit d’une seule et même organisation, les deux formations ayant en partage non seulement des bases dans la région kurde particulièrement montagneuse du Qandil, mais aussi des personnels et un commandement commun.

La soudaine explosion de la violence du PKK —deux embuscades spectaculaire, dont l’une a entraîné la mort de douze soldats turcs et la capture de huit autres, qui sont aujourd’hui utilisés comme monnaie d’échange— mérite elle aussi quelques explications. Jusqu’ici, le PKK avait mené des opérations de basse intensité, avec des groupes de six ou huit activistes plantant des bombes et harcelant généralement les Turcs à petite échelle. Ces derniers mois, toutefois, le niveau moyen des attaques a connu une escalade radicale, des centaines de combattants du PKK étant déployés dans une unique attaque, et avec une sophistication inédite en termes tant de puissance de feu que de détention de l’équipement technique requis pour monter des opérations aussi complexes que cette récente embuscade-kidnapping.

Dès l’instant où les Syriens avaient arrêté de soutenir le PKK, à la fin des années 1990, cette formation avait été dans une large mesure dans l’incapacité de lancer des opérations d’envergure, et elle avait dû se contenter d’actes terroristes visant des infrastructures touristiques en Turquie. Les adhésions étaient en chute libre, réduite virtuellement de moitié, et la capture de leur leader, Abdüllah Öçalan, avait démoralisé de larges segments du PKK, dans un contexte de rumeurs de scissions. La réactivation chanceuse de cette formation coïncida avec des informations sur la connexion Pejak/États-Unis ainsi —ce qui est particulièrement évocateur— qu’avec la disparition de munitions, d’armes et d’autres équipements états-uniens, en Irak…

Ce sont près d’une arme sur vingt-cinq fournies aux Irakiens par les États-Unis qui ont disparu. De plus, les systèmes prévus pour en assurer la traçabilité n’ont fonctionné dans aucun cas. 370 000 armes légères ont été envoyées en Irak par les États-Unis, depuis 2003, et pourtant, ce sont seulement 3 %¨de ces armes qui ont vu leurs numéros de série enregistrés par le Département US de la Défense, avant d’être remises au régime irakien. Pour une impénétrable raison que nous n’osons imaginer, le général en charge de cette tâche particulière —un certain Petraeus—, n’a jamais été tenu responsable de ce qui est un des plus gros scandales de cette guerre, qui en regorge.

L’idée que des soldats états-uniens « corrompus » auraient vendu des armes aux guérilleros du PKK au marché noir n’est pas tellement tirée par les cheveux, mais l’absence de tout système permettant de répertorier ces flingues invite à des suspicions sur une plus large échelle. N’a-t-on pas précisément agit ainsi parce que le Pentagone —ou quelqu’un d’autre— voulait s’assurer que ces armes n’auraient aucune tracabilité ? Cela faciliterait manifestement l’armement de groupes comme le Pejak, afin de mettre la pression sur les Iraniens et de donner aux maniaques du changement de régime au Pentagone une énorme cache d’armes états-uniennes dans laquelle puiser, à volonté, non ?

L’on sait qu’à la fois les États-Unis et Israël aident le Pejak, et cela a certainement permis au PKK de pomper le pipeline des armes états-uniennes, fût-ce « indirectement ». Le facteur israélien apporte pourtant un autre angle de vue sur cette histoire : Seymour Hersh, a aussi expliqué que les Israéliens ont placé quantité de leurs billes au Kurdistan, non seulement en investissant dans plusieurs opérations économiques géantes, mais aussi en s’engageant dans l’entraînement de « commandos » kurdes. Ne pourrait-il pas s’agir, notamment, de guérilleros du PKK ?

L’Iran et la Turquie ont engagé une coopération pour éradiquer la menace kurde, et cette coopération est une raison supplémentaire du déclin général des relations entre Ankara, d’un côté, et le couple Washington-Tel-Aviv, de l’autre. Ce qui avait été naguère une relation extrêmement étroite commença à s’effilocher quand les Turcs refusèrent de laisser les États-uniens utiliser leur territoire comme rampe de lancement pour envahir l’Irak, et les choses n’ont cessé de se dégrader à un rythme soutenu, depuis lors. Les partisans des changements de régime au sein de l’administration Bush, qui se sont réunis autour de l’équipe de Dick Cheney et des plus hauts responsables civils du Pentagone, ont peut-être décidé que les Turcs devaient être balancés par-dessus bord, maintenant que la campagne ciblant Téhéran bat son plein.

Si le prix à payer aux Kurdes pour subvertir le régime iranien consiste en une aide clandestine à leurs agressions continuelles contre la Turquie, alors il y a peu à parier que le Parti de la Guerre est tout à fait disposé à le payer : la loyauté n’est pas particulièrement leur truc, comme les chiites irakiens en attesteront volontiers.

J’ai beaucoup de mal à croire que l’énorme quantité d’armes états-uniennes confisquées, qui apparemment avaient trouvé le moyen d’aboutir entre les mains des combattants du PKK, a simplement fait son apparition sur les étals du marché noir, comme ça, sans aucune connaissance ni aucune complicité des plus hautes autorités. Jusqu’où va cette « corruption », cela reste à établir. Ce que nous savons, en revanche, de connaissance sure, c’est ceci : le Parti de la Guerre n’est pas particulièrement timide lorsqu’il s’agit de se compromettre dans des opérations voyoutes, ni de court-circuiter les autorités légitimes, quand cela sert ses objectifs.

Lors d’une manifestation récente d’étudiants turcs contre le terrorisme du PKK, on a vu les manifestants dénoncer conjointement les Kurdes et le gouvernement états-unien : « À bas le PKK ! », criaient les étudiants, « À bas les États-Unis ! ». En Turquie, tout au moins, les gens savent qui se trouve derrière la vague de terreur qui vient de secouer le pays.

Toutefois, aux États-Unis, il n’en va pas de même : les médias dits d’ « information » n’ont pratiquement rien dit au sujet de l’enquête du FBI, ni de l’implication possible des États-uniens, et nous n’avons pas entendu grand-chose non plus au sujet de l’israeli ou de l’american connexion avec les formations kurdes dites de « libération », tel le Pejak, mis à part ce qu’ont pu nous expliquer Hersh et quelques autres. Quant aux médias « comme il faut », pour eux, ce qui est en train de se passer entre les Turcs et les Kurdes n’est qu’un nouvel avatar de ces dettes de sang anciennes et interminables qui sont censées caractériser le Moyen-Orient ! Personne ne se donne la peine de se demander pourquoi ce problème ancestral est en train de connaître une escalade, précisément, actuellement ?

Que le PKK et le Pejak soit venus se blottir dans les griffes du Parti de la Guerre, c’est quelque chose que l’on comprend parfaitement : après tout, ils veulent libérer leur peuple et l’unifier dans ce rêve d’âge d’or que représente le « Grand Kurdistan ». Comme l’Iraqi National Congress d’Ahmad Chalabi, ils sont prêts, ils sont déterminés, et ils sont capables d’utiliser les États-uniens pour faire la promo de leur propre agenda politique.

La question posée au Congrès des États-Unis, toutefois, est la suivante : les contribuables états-uniens ne risquent-ils pas d’être en train de subventionner un terrorisme frappant les Turcs, à la seule fin d’assurer la promo de l’agenda politique du Parti de la Guerre ?...

 Justin Raimondo:
Justin Raimondo est le directeur du site Antiwar.com ainsi que rédacteur au journal The American Conservative de Patrick Buchanan. Il est membre du Randolph Bourne Institute ainsi que du Ludwig von Mises Institute, deux think tanks libertariens et non-interventionnistes aux États-Unis. Proche des conservateurs libertariens, il est l’auteur de nombreux ouvrages dont la biographie du père fondateur du mouvement libertarien Murray N. Rothbard An Enemy of the State. Il a signé avec Pat Buchanan le livre Reclaiming the American Right : The Lost Legacy of the Conservative Movement et Into the Bosnian Quagmire : The Case Against U.S. Intervention in the Balkans.
Les articles de cet auteur


Traduction Marcel Charbonnier
article sur
www.voltairenet.org

par Muratko publié dans : muratko
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Samedi 24 mars 2007

 

 décryptage d'une opération de propagande
L’histoire cachée des « caricatures de Mahomet »
par Thierry Meyssan*   www.voltairenet.org  

Vous pensez tout savoir sur l’affaire des « caricatures de Mahomet » et vous être fait votre opinion
en connaissance de cause. Pourtant, vous ignorez tout de cette vaste opération de propagande visant à promouvoir la « guerre des civilisations », à commencer par le fait qu’aucun de ces dessins ne représente Mahomet. Thierry Meyssan revient ici sur les liens que les différents protagonistes
entretiennent avec l’administration Bush et sur la manière dont ils ont fait déraper le débat
public aussi bien en Orient qu’en Occident.
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Le procès de Charlie Hebdo s’est ouvert le 7 février 2007 à Paris dans l’affaire dite des « caricatures de Mahomet ».
En pleine campagne électorale présidentielle, de hautes personnalités sont venues témoigner à la barre en faveur « de la laïcité et de la liberté d’expression ».

La presse et les responsables politiques manifestent une quasi-unanimité. Donnant le ton général dans son éditorial, le quotidien atlantiste Le Monde écrit : « Le procès de Charlie Hebdo est celui d’un autre âge, d’un autre temps.
Même si les plaignants n’invoquent pas cet argument, il faut avoir en mémoire que ce qui a déclenché la polémique, c’est la représentation du prophète Mahomet, qui, aux yeux de l’islam, est un blasphème. On est donc en présence d’une querelle obscurantiste » [1].

Sans écouter le grief des plaignants, ni attendre le jugement du tribunal, la parole publique assimile les associations de musulmans à des groupes obscurantistes, étrangers à la République laïque et moderne. Au nom de la laïcité, on stigmatise les fidèles d’une grande religion. Soyons alertés par ce paradoxe : au nom de la laïcité, nous perdons le sens de la tolérance. Ressaisissons-nous avant de plonger tête baissée dans la « guerre des civilisations » [2].

La laïcité, la vraie, est fille de la Raison. Prenons le temps d’analyser la genèse et les enjeux de ce conflit.

Nous allons voir que cette affaire a été soigneusement organisée. Malgré les apparences, les personnes qui ont publié les caricatures et celles qui ont organisé les manifestations dans le monde musulman ne sont pas des adversaires.
Elles agissent de concert pour nous dresser artificiellement les uns contre les autres.

Les apparences En septembre 2005, la presse danoise rapporte qu’un auteur pour enfants ne parvient pas à trouver un illustrateur pour un ouvrage consacré à Mahomet car ceux-ci ont peur de critiquer l’islam. Réagissant à ce conformisme, le rédacteur en chef du plus grand quotidien du pays lance un concours d’illustrateurs dans son journal.  Bientôt douze caricatures sont publiées.

En novembre, la Société islamique du Danemark, qui s’estime outragée, exige des excuses et organise une manifestation devant les locaux du quotidien. Les positions se durcissent et plusieurs journalistes font état de menaces de mort qu’ils ont reçues. Une délégation de la Société islamique du Danemark rédige un dossier sur l’affaire et alerte la Ligue arabe et l’Organisation de la conférence islamique. Onze ambassadeurs à Copenhague demandent à rencontrer le Premier ministre danois pour résoudre la crise naissante, mais celui-ci fait valoir qu’il n’a aucun pouvoir sur la presse et décline la rencontre.

La presse rapporte en novembre qu’un parti politique pakistanais offre une prime à qui tuera un des dessinateurs.
Le Premier ministre danois condamne ces propos, mais il s’avère vite que l’information est fausse.

En décembre, le sommet de la Conférence islamique, puis celui des ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe évoquent l’affaire. Le Haut-commissaire des Nations- unies lance une enquête sur le racisme de la presse danoise.

Le Conseil des ministre du Conseil de l’Europe note l’attitude dilatoire du gouvernement danois dans une affaire qui relève du racisme et non de la liberté de la presse.

En janvier 2006, le Premier ministre danois rappelle avec insistance dans son message de bonne année son attachement à la liberté d’expression. Le procureur de Viborg classe sans suites la plainte pénale déposée par les organisations musulmanes sous le double chef d’inculpation de blasphème et d’incitation à la haine.

En février, des manifestations se multiplient dans le monde contre les représentations et les intérêts danois.
Des drapeaux et des ambassades sont brûlés, des produits boycottés. La réprobation du monde musulman s’étend à la France, ou un quotidien a publié les caricatures, puis à toute l’Europe qui semble complice.

À Paris, les caricatures sont reprises dans France Soir, puis dans Charlie Hebdo suscitant une plainte de la Grande Mosquée de Paris (GMP) et de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF).
Alors que la classe dirigeante fait bloc derrière ces publications, le président Jacques Chirac reçoit les
plaignants à l’Élysée et rappelle que la liberté d’expression est une responsabilité.

 

Les contradictions

Voilà une histoire simple, dont les évènements semblent s’enchaîner de manière cohérente.
Pourtant, plusieurs éléments sonnent faux.

Si le rédacteur en chef d’un grand quotidien danois s’est insurgé contre la difficulté d’illustrer
un livre pour enfants, comment en est-il arrivé à publier des caricatures qui ne sont certainement
pas destinées aux enfants ?

Le Jyllands-Posten est le quotidien le plus diffusé au Danemark. Positionné à droite, il mène depuis
trois ans une violente campagne anti-immigrés. Il n’a cessé de multiplier les articles et les éditoriaux
pour insinuer que l’islam n’est pas compatible avec la démocratie et que les musulmans ne sont pas
intégrables dans la société danoise. Ce matraquage a été conduit pour soutenir la réélection de la
coalition gouvernementale d’Anders Fogh Rasmussen. En trois ans, le Jyllands-Posten a submergé le
Danemark avec son discours islamophobe, dont le Premier ministre est devenu le héraut.

La coalition libérale-conservatrice a renversé les sociaux-démocrates qui ont dominé la scène politique
pendant 80 ans. Elle a poussé le pays à remettre en cause l’État-providence et à se lancer dans une
politique effrénée de privatisations et de dérégulation. Selon une technique électorale classique,
la populations supportant mal la brutalité de ces changements, Anders Fogh Rasmussen a tenté de déplacer le débat des questions sociales vers la désignation de boucs émissaires : les étrangers.

Le Conseil danois de la presse a admonesté le Jyllands-Posten, en mars 2002, pour avoir violé la
déontologie de la profession en soulignant sans raison l’origine ethnique de personnes impliquées
dans une affaire criminelle. Le Premier ministre n’avait pas manqué alors de voler au secours du
journal en dénonçant le politiquement correct qui se serait emparé de la profession.
La violence du journal a été relevée dans le rapport de l’European Network Againt Racism, la fédération
des associations anti-racistes européennes, dans son rapport 2004 sur le Danemark [3].
Le Jyllands-Posten y est décrit comme une publication d’extrême-droite.
Cet observatoire a conduit une analyse du contenu du journal pendant trois mois.
Il a relevé que 53 % des chroniques, 55 % des articles, 71 % des brèves, 73 % des tribunes libres,
79 % des éditoriaux et 81 % des courriers de lecteurs traitant des minorités étrangères les présentent
de manière négative.

En d’autres termes, le journal n’a pas publié ces caricatures pour libérer les illustrateurs danois
d’une auto-censure oppressante, mais comme un élément dans une vaste campagne d’incitation à la haine.

Seconde incohérence : Pourquoi des dessins qui visent à brocarder une religion l’assimilent-elle au terrorisme ?

Le concours de caricatures a été lancé par le responsable du supplément culturel dominical du journal, Fleming Rose.
Il se définit comme « juif sioniste » et n’éprouve aucun état d’âme lorsqu’on lui fait remarquer que le
Jyllands-Posten fut partisan, dans les années 30 et 40, du fascisme et du nazisme.
Menacé de mort après la publication des caricatures, Fleming Rose a préféré se réfugier aux États-Unis que rester sous la protection de la police danoise.

Fleming Rose est un ami du théoricien de l’islamophobie, Daniel Pipes [4].
Dans un article du 29 octobre 2004, Rose relate ses discussions avec Pipes et soutient ses thèses.
« Pipes est surpris qu’il n’y ait pas d’alarme plus forte en Europe face au défi que représente l’islam
au regard de la chute du taux de fécondité et de l’affaiblissement de l’identité historique et culturelle », écrit-il.

Daniel Pipes est l’auteur de cette célèbre formule : « Tous les musulmans ne sont pas terroristes, mais
tous les terroristes sont musulmans ». Sur cette base, il préconise une surveillance policière systématique de tous les musulmans aux États-Unis et en Europe. Les dessins édités par Fleming Rose vont plus loin encore : ils insinuent que tous les musulmans sont des terroristes en puissance.

Merete Eldrup, la directrice du Jyllands-Posten est l’épouse d’Anders Eldrup, lui-même directeur de la
compagnie nationale des hydrocarbures la Danish Oil and Natural Gas (DONG).
Depuis cinq ans, c’est-à-dire depuis l’arrivée de la coalition libérale-conservatrice au pouvoir, M. Eldrup
et le Premier ministre participent aux réunions annuelles du Groupe de Bilderberg.
Ce club très fermé est une émanation de l’OTAN qui y invite, y teste et y adoube les messagers de l’Amérique en Europe.

Depuis la première guerre du Golfe, en 1991, et plus encore depuis les attentats de septembre 2001,
les services de l’OTAN développent des études sur le thème de l’ennemi intérieur.
Les banlieues islamisées d’Europe seraient des repaires de terroristes.
Baignant dans cette atmophère, Fleming Rose et Merete Eldrup ne voient donc chez les musulmans que
des terroristes potentiels.

Trosième incohérence : Pourquoi le Premier ministre danois a-t-il négligé les médiations lorsqu’elles étaient possibles ?

Anders Fogh Rasmussen n’est pas seulement l’auteur de Fra socialstat til minimalstat (De l’État socialiste à l’État-minimal), il est surtout le fils spirituel d’Uffe Ellemann-Jensen, ancien président de son parti. Celui-ci était longtemps l’homme de Washington dans le pays. Ministre des Affaires étrangères et vice-Premier ministre de 1982 à 1993, il élabora une doctrine qui porte son nom selon laquelle un petit État comme le Danemark peut jouer un grand rôle sur la scène internationale en ouvrant la voie aux États-Unis. Il réussit à convaincre l’opinion publique danoise, fort réticente, de participer à la Guerre du Golfe, en 1991. Il sut aussi reconnaître avant tout autre pays l’indépendance des États baltes, provoquant ainsi l’éclatement de l’Union soviétique dans l’onde de choc de la dissolution du Bloc de l’Est. En 1995, il postula au secrétariat général de l’OTAN, mais Jacques Chirac s’y opposa avec force, faisant valoir l’alignement complet d’Ellemann-Jensen sur Washington. Alors qu’il n’est plus aux affaires, Uffe Ellemann-Jensen s’est prononcé contre les caricatures.

Anders Fogh Rasmussen met en œuvre la « doctrine Ellemann-Jensen » de cheval de Troie des États-Unis.
Ainsi, lorsqu’il a assuré la présidence tournante de l’Union européenne au second semestre 2002, il a
préparé les accords secrets passés entre l’Union et les États-Unis dans le cadre du Nouvel agenda
transatlantique ; accords qui ont été signés le 22 janvier 2003 et qui ont autorisé l’enlèvement, la
séquestration et la torture par la CIA et le MI6 de suspects n’importe où dans l’Union [5].
Selon un rapport du Conseil de l’Europe, la pratique des enlèvements, séquestrations et tortures se
serait considérablement développée. Plus d’une centaine de victimes ont été identifiées.
Ce sont exclusiement des musulmans.

Au même moment, M. Rasmussen publie dans The Times de Londres une tribune libre co-signée avec sept autres chefs de gouvernements européens pour tenter d’embarquer l’Union dans la guerre en Irak [6]. En définitive, il enverra plus de 500 hommes participer à l’occupation du pays.
Ils sont stationnés près de Basra à Camp Denevang. Lorsqu’il se confirmera que l’Irak ne disposait pas
d’armes de destruction massive, il fut établi que — comme George W. Bush et Tony Blair— Anders Fogh
Rasmussen avait intentionnellement menti à ses concitoyens pour les faire entrer en guerre.


Non seulement le Premier ministre n’avait aucune envie d’appaiser la crise des caricatures, mais celle-ci sert ses objectifs politiques en creusant un fossé entre les civilisations. La tension renforce sa position intérieure et la stratégie internationale de ses alliés. Certes, le boycott a coûté au Danemark 1 milliard de couronnes (134 millions d’euros), mais à n’en pas douter les États-Unis sauront le dédommager.

Un livre publié par le journaliste Tøger Seidenfaden (lui-même membre du Groupe de Bilderberg) et
l’historien Rune Engelbreth Larsen établit, sur la base de 4 000 documents officiels, que le Premier
ministre a tout fait pour provoquer la crise. Ainsi, il a délibérement menti à l’opinion publique en
faisant croire que les ambassadeurs de la Ligue arabe réclamaient une censure religieuse lorsqu’ils
demandaient un dialogue pour limiter la propagation du racisme [7].

Dans son rapport annuel sur le Danemark, le Comité européen contre le racisme et l’antisémitisme (dépendant du Conseil de l’Europe et non pas de l’Union européenne) exprime sa « grande préoccupation » face au développement d’un « climat d’intolérance et de xénophobie envers les réfugiés et les demandeurs d’asile ainsi que les groupes minoritaires en général, et les musulmans en particulier ».
Il en rend directement responsable le Premier ministre et le Parti populaire danois, qui soutient la
coalition gouvernementale. Il dénonce la non-application systématique de la loi réprimant le racisme [8].

Quatrième incohérence : Alors que ces caricatures sont d’une médiocrité accablante et qu’elles ont d’abord plus suscité le mépris que la colère, comment se fait-il qu’elles ont enflammé le monde musulman avec plus de force que l’occupation de la Palestine, l’invasion de l’Afghanistan et de l’Irak, et le bombardement du Liban ?

Dès la publication des caricatures, des organisations musulmanes danoises se sont réunies pour élaborer une riposte commune.
Elles ont déposé une plainte au double chef de blasphème (art. 140 du Code pénal danois) et d’appel à
la haine et à la discrimination contre un groupe de personne eu égard à son appartenance religieuse (art. 266b).
Parallèlement à cette action collective, certains participants à ce regroupement organisèrent des manifestations et un lobbying auprès des ambassadeurs d’États musulmans à Copenhague autour d’Ahmad Abou Laban [9], l’îman de la groupusculaire Société islamique du Danemark (Islamik Trossamfund) et de son ami Ahmed Akkari autodésigné porte-parole d’un Comité européen de défense du prophète créé pour l’occasion.
Il s’agissait pour eux d’élargir le débat à la question générale des discriminations dont les musulmans
sont victimes au Danemark.
Pour ce faire, ils constituèrent un dossier de 43 pages qu’ils illustrèrent avec des caricatures, dont
celles du Jyllands-Posten.

Cependant, le « Dossier Akkari » comprend aussi des dessins autrement plus insultants que ceux du Jylands-Posten.
On y présente par exemple un musulman accroupi en prière et sodomisé par un chien.
C’est à la lecture de ce document que de nombreuses autorités arabes et musulmanes, civiles et religieuses, se sont mobilisées.
Surtout, c’est ce dossier qui a convaincu les relais d’opinion dans le monde musulman que les caricatures portaient sur Mahomet et sur l’islam.

Abou Laban et Akkari ont entrepris une tournée internationale au cours de laquelle ils ont rencontré le
secrétaire général de la Ligue arabe, le grand mufti du Caire, le directeur de l’université Al-Azhar, le
grand mufti de Beyrouth, le cheik Faldlallah du Hezbollah, le cardinal Sfeir, et le grand mufti de Damas.

Ce périple est d’autant plus surprenant qu’Abou Laban n’aurait jamais dû entrer sur le territoire égyptien
où il est interdit de séjour, tout comme aux Émirats arabes unis.
Laban est en effet l’un des commandants d’un mouvement partiellement clandestin, le Hizb ut-Tahrir (Parti de la libération) que les nationalistes arabes ne portent pas dans leur cœur.

Créé en 1953 par le juriste palestinien Taqiuddin al-Nabhani, le Hizb ut-Tahrir prétend vouloir rétablir
le califat ottoman qui domina et opprima le monde arabe.
Ce mouvement a évidemment été très mal perçu par les États arabes qui y ont vu, à tort ou à raison, un
groupe d’illuminés manipulés par les services britanniques pour maintenir leur influence dans la région.
Le fondateur mourut à Beyrouth, en 1977.
Bien que le parti se présente comme non-violent, son programme ne laisse aucun doute sur ses intentions.
Il prévoit de créer un État islamique unique placé sous l’autorité dictatoriale d’un calife et appliquant
une interprétation sévère de la charia.
Le calife doit être secondé par un émir du Jihad qui devra mobiliser tous les hommes de plus de 15 ans
et livrer la guerre à tous les non-musulmans.

Le quartier général du Hizb ut-Tahrir n’est pas installé à Istanbul, comme on pourrait le croire, mais à
Londres, où il jouit d’une forte protection policière bien que le Premier ministre Tony Blair l’ait qualifié
d’organisation terroriste.
Les principaux dirigeants londoniens du mouvements sont rémunérés comme très hauts cadres de multinationales anglo-saxonnes de l’informatique, bien que ce type d’emploi nécessite une accréditation secret-défense.

À défaut d’être populaire dans le monde arabe, les partisans du rétablissement du califat ottoman le sont
auprès de quelques populations turcophones d’Asie centrale. Le Hizb ut-Tahrir fomente des troubles dans toute cette région, jusque et y compris au Xin Kiang chinois, quels que soient les régimes en place.
On éprouve de la compassion pour ses membres lorsqu’ils sont arrêtés et torturés par le régime de Karimov en Ouzbékistan, mais cela ne signifie pas qu’ils seraient plus doux que leurs tortionnaires s’ils arrivaient au pouvoir.

Les États de la région n’ont pas tardé à comprendre le danger que représente le Hiz ut-Tahrir.
Ils le considèrent comme instrumenté par la CIA et le MI6 au même titre que les moudjahidines afghans
le furent contre l’URSS [10] et se sont unis pour le combattre. C’est l’un des objectifs de
l’Organisation de coopération de Shangaï, la nouvelle alliance russo-chinoise.

 Incitations à la haine

Sur la caricature de gauche (Centre d’études du problème juif de Bologne, 1943),
le personnage n’est pas Moïse, mais un juif emblématique qui est rendu responsable de la Seconde Guerre mondiale.
Sur la caricature de droite (Jylland-Posten, 2005), le personnage n’est pas Mahomet, mais un musulman emblématique qui est rendu responsable du terrorisme, qualifié par le président Bush de « Nouvelle Guerre mondiale ».
Ces deux dessins n’ont rien à voir avec la critique d’une religion. Ce sont deux caricatures de propagande visant à stigmatiser des groupes de croyants.
La première a servi à justifier un génocide, à quoi est destinée la seconde ?

La manipulation en France

France Soir est le premier titre français à reproduire les caricatures.
Le quotidien, qui était alors en faillite, faisait l’objet d’âpres luttes d’influence entre financiers voulant en prendre le contrôle.
Les personnels qui décident de cette publication sont liés à un mystérieux repreneur potentiel du journal
dont on ne connaitra le nom que quelques mois plus tard.
Il s’agit du marchand d’armes Arcadi Gaydamak, président du Bétar (la milice du Likoud) et du club de football du même nom, candidat à la mairie de Jérusalem. Son identité avait été masquée le plus longtemps possible car il fait l’objet d’un mandat d’arrêt international pour fraude fiscale.

Une semaine plus tard, les caricatures sont reprises par Charlie Hebdo. Comme l’a montré Cédric Housez dans nos colonnes, l’hebdomadaire satirique se focalise depuis la fin 2003 sur la dénonciation du péril musulman.
Il prend position contre la participation de Tariq Ramadan au Forum social européen, pour l’interdiction du voile, contre la politique arabe de la France, pour la politique d’Israël, etc. [11]

Pour France Soir, comme pour Charlie Hebdo, ces publications prolongent des campagnes de presse déjà anciennes au service de l’idéologie néoconservatrice de la « guerre des civilisations ».
Elles font preuve d’efficacité puisque la classe dirigeante française, quasi-unanime, feint de ne pas voir le propos anti-musulman et apporte son soutien à ce bel exercice de la liberté d’expression.
Seule voix discordante, Jacques Chirac souligne que « la France, pays de laïcité, respecte toutes les religions et toutes les croyances ».

Allant un peu plus loin encore dans l’hypocrisie, Charlie Hebdo publie Le Manifeste des douze.
L’islamisme y est dénoncé comme le nouveau totalitarisme [12] et opposé à la liberté d’expression.
Parmi les signataires, on retrouve, outre Philippe Val directeur du journal, la députée affabulatrice
néerlandaise Ayaan Hirsi Ali, les journalistes Caroline Fourest et Antoine Sfeir, et l’essayiste Bernard Henry-Lévy.

La Grande Mosquée de Paris et l’Union des organisations islamistes de France (UOIF) ont porté plainte contre Charlie Hebdo.
Plusieurs candidats à l’élection présidentielle française ont apporté leur soutien à l’hebdomadaire satirique, au nom de la « liberté d’expression ».
D’abord Corinne Lepage (Cap 21) et Dominique Voynet (Les Verts) par voie de pétition. Puis François Bayrou (UDF)  et François Hollande (représentant Ségolène Royal, PS) en venant témoigner à la barre lors du procès.
Enfin, Nicolas Sarkozy (UMP) en adressant une lettre au tribunal.
Jacques Chirac, qui était déjà intervenu au début de la polémique, ne s’est pas exprimé à nouveau, mais il a offert son avocat à la GMP et à l’UOIF. Le jugement sera connu le 15 mars 2007.

Nicolas Sarkozy a joué ici un rôle particulier.
Lors de la publication des dessins, il avait, en tant que ministre de l’Intérieur et des Cultes, refusé d’engager  des poursuites judicaires et conseillé aux associations membres du Conseil des musulmans de France de s’en charger.
Puis, à leur plus grande surprise, il a envoyé in extremis une lettre aux avocats de Charlie Hebdo pour soutenir le journal.


Blasphème ou incitation à la haine ?

Nous reproduisons ici la caricature la plus discutée.
Elle représente un homme portant un turban qui est une bombe.
Selon le Jyllands-Posten, cet homme serait Mahomet et le dessin brocarderait les extrémistes qui se réclament de ce prophète pour pratiquer le terrorisme.
Or, sur le turban du personnage, on peut lire la profession de foi des musulmans : « Dieu est grand et Mahomet est son prophète ». Le personnage n’est donc en aucun cas Mahomet lui-même, mais un musulman emblématique.
Le turban-bombe vise à associer son image et celle du terroriste.
Ce message stigmatise les musulmans dans leur ensemble et constitue un appel à la haine normalement sanctionné par la loi dans toute société démocratique.

C’est à tort que l’on parle des « caricatures de Mahomet » là où il s’agit de caricatures des musulmans [13].

Dans un premier temps, il ne faisait aucun doute pour le tribunal que cette caricature ne relevait pas de la
critique d’une religion, mais bien de l’injure et/ou de la diffamation envers un groupe de personnes au regard de son appartenance supposée à une religion.
En effet, le tribunal a déclaré irrecevable une plainte d’une association religieuse qui voulait défendre
les croyants en l’islam, mais a accepté celles de la GMP et de l’UOIF parce que les statuts de ces deux
associations prévoient de défendre les droits de leurs adhérents en tant que justiciables et non en tant
que croyants.
Pourtant, dans un second temps, le président du tribunal a laissé se dérouler les débats comme s’il s’agissait d’un procès sur le droit de critiquer l’islam.

Dans cette affaire, il est désormais établi que les principaux protagonistes ont menti (le Jyllands-Posten à propos de ses objectifs, le Premier ministre danois quant aux revendications des ambassadeurs arabes, la Société islamique du Danemark sur la nature des caricatures, et Abou Laban sur son engagement politique).
Il est également établi que tous ces protagonistes sont liés à l’administration états-unienne, laquelle
promeut la « guerre des civilisations ».

 Thierry Meyssan

Journaliste et écrivain, président du Réseau Voltaire.

 


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[1] « Procès d’un autre âge », éditorial, Le Monde, 7 février 2007.

[2] « La "Guerre des civilisations" » par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 4 juin 2004.

[3] ENAR Sshadow report 2004 Danemark, ENAR, pp. 40-43.

[4] « Daniel Pipes, expert de la haine », Voltaire, 5 mai 2004.

[5] « L’Union européenne a autorisé par écrit les prisons secrètes de la CIA dès janvier 2003 », Voltaire, 13 décembre 2005.

[6] « Europe and America must stand united », The Times, 29 janvier 2003. Voir analyse dans « La crise irakienne divise l’Europe entre atlantistes et indépendantistes », Voltaire, 30 janvier 2003.

[7] Karikaturkrisen. En undersøgelse af baggrund og ansvar par Tøger Seidenfaden et Rune Engelbreth Larsen, Gyldendal, København 2006.

[8] Troisième rapport sur le Danemark, adopté le 16 décembre 2005 et rendu public le 16 mai 2006, ECRI, Conseil de l’Europe.

[9] Ahmad Abou Laban est décédé des suites d’un cancer, le 1er février 2007.

[10] « Enemies bought, friends sold : John Laughland The Uzbek upheaval is seen as a ’people power’ movement but is likely to cement US control of the region », The Guardian, 19 mai 2005

[11] « Vendre le "choc des civilisations" à la gauche » par Cédric Housez, Voltaire, 30 août 2005.

[12] « Choc des civilisations : la vieille histoire du "nouveau totalitarisme" » par Cédric Housez, Réseau Voltaire, 19 septembre 2006.

[13] Parmi les dessins du Jyllands-Posten, un seul représente Mahomet. Mais ce n’est pas une caricature. C’est le seul dessin destiné à illustrer un livre pour enfants.

 

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Dimanche 4 février 2007

 

 
TIMUR MUCURAJEW - Partyzant z gitarą w dłoni

Za jego nagrania w Rosji poszedłbyś do więzienia.

Posłuchaj ich, póki jeszcze nie są zakazane. Las,gdzieś w górach.

Z gitarą w ręku siedzi męczyzna. W tle kręcą się partyzanci, ktoś czyści broń. Następnykadr; maszerujący bojownicy. Kolejny ; wybuchają rosyjskie czołgi.

To klip TimuraMucurajewa; czeczeńskiego barda. I ten teledysk nie był reyserowany ; tak wyglądacodzienne zycie muzyka. Gdy wybuchła wojna w Czeczenii, bez wahania przystąpił do jednego zoddziałów partyzanckich. Dopiero tam zaczął grać i tworzyć muzykę. Mimo to nie oszczędzał się, walczył jak kady. Był ranny w nogę.

 


Timur Mucurajew (pis. także: Timur Mutsuraev, Timur Mutsurayev, ros. Тимур Муцураев), ur. 25 lipca 1976 r. w Groznym (Czeczenia), najbardziej znany bard czeczeński. Autor i wykonawca pieśni, które odnoszą się do konfliktu rosyjsko-czeczeńskiego na Kaukazie. Timur Śpiewa w języku rosyjskim.

W wieku 15 lat został mistrzem Czeczeni i Inguszetii w karate, zaś 2 lata później podobny sukces uzyskał w skali Federacji Rosyjskiej. Dalszą karierę sportową przerwała w 1994 r. wojna rosyjsko-czeczeńska. Przystąpił do czeczeńskiego ruchu oporu, a w trakcie walk na tzw. froncie centralnym został ranny. Zaczął śpiewać podczas rekonwalescencji.

Do najbardziej znanych jego pieśni należą: Grozny znana także jako Miasto Grozny (Грозный, Город Грозный!) oraz Jeruzalem (Иерусалим). Do tej pory wydano kilka jego albumów. W Polsce w 2004 r. ukazała się płyta The Best of Timur Mutsuraev, choć najłatwiej dotrzeć do jego muzyki w internecie.

 

Jednak ciągle gra. Ostatnio posiadaniajego płyt zakazano na całym rosyjskim Kaukazie. Dlaczego? Mucurajew śpiewa o wolności, przyjaźni,tragediach wojny. A tego Rosja się boi. Co dziwne w samej Czeczenii, muzyka Mucurajewa nie jestzabroniona. Rosyjscy ołnierze odnajdują w tekstach motywy dotyczące ich samych, a muzyką pełnąenergii, pobudzają się do walki.

Czeczeński bard nie pisze tekstów do wszystkich swoich utworów. Jak mówi "teksty moichpieśni pisze mi mój lud. Wiele tekstów oddają mi nieznane osoby." Opisywane są w nich przedewszyskim historie ludzkie  jak w "Witamy w piekle" - gdzie rosyjski poborowy wpalących się czołgu, krzyczy: Mamo przyjedź " proszę "; i zabierz mnie stąd./ zywego, a choćby martwego, lecz zabierz stąd mnie/ Mamo ja płonę! Płonących zwłok wkoło mdły swąd/Warczących psów głodna gromada w strzępy mnie rwie.; Dla Mucurajewa wojna jest "złem"; zauwaa tragedie ludzkie po obu stronach frontu. Potępiani są tylko najemnicy, którzy walczą zapieniądze - Zapachniała ci forsa " kula w łeb, to twój jedyny ołd";.

Śmierć, wojna w Czeczenii powszednieje. Sytuacja codzienna jest opisana w utworze “"MiastoGrozny";. Krąące wrogie helikoptery to sygnał do pobudki, nie dziwi nikogo, e "Komuśznów urwało łeb". Ale Grozny yje.

Muzyka Mucurajewa jest pełna energii, siły i pasji. Połączona z niesamowitym głosem artysty i lirykązawiera klimat miejsca gdzie je stworzono – górskich kryjówek partyzantów.

http://czajnia.tomaszow.info - Stowarzyszenie CzajniaPowered by MamboGenerated: 21 January, 2007, 11:00

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Dimanche 4 février 2007

 


Literatura o człowieku i przyrodzie

Czeczeńskie wilki - symbol wolności i walki

 


W majowym numerze "Dzikiego Życia" opublikowana została jedna z legend czeczeńskich, ukazująca stworzenie świata. Główną bohaterką tego przekazu jest Wilczyca, która uratowała Ziemię. Zainspirowany publikacją tejże legendy pomyślałem, że warto szerzej przyjrzeć się problematyce związanej z motywem wilka w kulturze Czeczenów.

 Czeczeńska Republika Iczkeria, nazywana zazwyczaj po prostu Czeczenią, położona jest na północnych zboczach Kaukazu, najwyższych gór Europy. Zamieszkuje ją naród czeczeński, którego przodkowie - jak potwierdzają badania archeologiczne - osiedlili się wśród kaukaskich gór już około 4 tys. lat przed naszą erą.

Od wieków centralne miejsce w zbiorowej świadomości narodu czeczeńskiego zajmuje idea wolności. Sami Czeczeni tłumaczą to tym, iż od najdawniejszych czasów po dzień dzisiejszy muszą stawiać opór najeźdźcom, chcącym skolonizować ich ziemię. Mongolskie wojska Czyngis-chana, carska Rosja, Związek Sowiecki - wszystkim im zależało na podboju Iczkerii. Stąd też kolejne pokolenia Czeczenów wyrastały z bronią w ręku, uczestnicząc w obronie ojczyzny pod komendą sławnych dowódców - dziś bohaterów narodowych, takich jak np. Imam Szamil, który stanął na czele oddziałów powstańczych w pierwszej połowie XIX w., czy też XX-wieczni prezydenci Dżochar Dudajew i Asłan Maschadow, dowodzący wojskami czeczeńskimi w pierwszej (1994-1996) i drugiej (trwającej od 1999 po dzień dzisiejszy) wojnie rosyjsko-czeczeńskiej. Dziś na czele partyzantów czeczeńskich stoi Szejk Abdul-Chalim Sadulajew, a walka o niepodległość jest kontynuowana.

Równocześnie z kształtowaniem się mentalności narodu rozwija się kultura narodowa Czeczenów. Od samych jej początków, wśród najważniejszych motywów konstytuujących wyobraźnię zbiorową, pojawia się motyw wilka. Spotykamy go zarówno w folklorze czeczeńskim, jak i w literaturze artystycznej tworzonej przez Wajnachów (mianem Wajnachów określa się ponadnarodową wspólnotę Czeczenów i Inguszów). W ostatnim czasie wilk jako symbol wolności i walki pojawia się również bardzo często w twórczości artystycznej partyzantów, czego przykładem mogą być teksty piosenek Timura Mucurajewa, artysty popularnego również w Polsce.

 Żywotność motywu wilka w kulturze czeczeńskiej nie jest jednak przypadkowa. Przecież nawet herb Czeczeńskiej Republiki Iczkerii przedstawia symboliczne wyobrażenie półleżącego wilka z podniesioną głową. Wilk znajduje się na narodowym ornamencie, przechodzącym w koło w stylu muzułmańskiego półksiężyca.
Zanim jednak powiemy parę słów o motywie wilka w sztuce najnowszej, cofnijmy się w przeszłość, do  mitologii i folkloru, a więc tam, gdzie należy doszukiwać się genezy motywu wilczego w kulturze czeczeńskiej.

Wilk od zawsze był dla człowieka zwierzęciem niezwykle tajemniczym. To, co tajemnicze i nieznane, budziło z jednej strony przerażenie i lęk, z drugiej - podziw i fascynację. W czasach pogańskich Słowianie utożsamiali wilka z groźnym bóstwem lasu. W mitologii rzymskiej natomiast istnieje podanie o wilczycy karmiącej przyszłych założycieli Rzymu. Dla Czeczenów z kolei wilk stał się symbolem wolności, niezależności i godności, a także życia według własnych zasad. Postrzegali go oni jako zwierzę przybierające w razie zagrożenia postać nieustraszonego wojownika. Na gruncie literatury czeczeńskiej istnieją niezwykle ciekawe legendy o wilkach. Z jedną z nich można było zapoznać się na łamach ostatniego numeru "Dzikiego Życia".

W "Czeczeńskiej legendzie" męstwo i determinację wilka docenił sam Bóg. A warto zaznaczyć, iż od czasu rozpadu ZSRR nastąpiło na Kaukazie powszechne odrodzenie religijne. Dziś znowu, jak za czasów Imama Szamila, coraz częściej w Czeczenii utożsamia się wojnę narodowowyzwoleńczą z walką w obronie religii (na Kaukazie dominuje islam). Stąd też bardzo szybko wilk staje się symbolem obrońców nie tylko ojczyzny, ale i wiary - symbolem ukrywającego się w górach muzułmańskiego wojownika (mudżahedina), który, także w sensie dosłownym, schronienia szuka tam, gdzie wilki, czyli w niedostępnych przestworzach dzikiej natury.
W taki właśnie sposób problem ten przedstawia Timur Mucurajew w utworze poświęconym klęsce Groznego. Widzimy tam, jakże charakterystyczny również dla polskiej literatury romantycznej, motyw odnajdywania się w klęsce, podtrzymywania rodaków na duchu.
 
My swojej wolności nie oddaliśmy
Miasto nasze broniliśmy, jak tylko mogliśmy
Grozny, zostawiliśmy cię, lecz nie potrwa to długo
Wilkom odpoczynek wystarczy krótki.
(Co to jest Grozny?)

 
Mucurajew powraca do tego tematu również w innym utworze. "Jesteśmy wilkami, a wilkom potrzebne są góry" - śpiewa. Opuszczenie miast i ucieczka w góry jawi się zatem jako chwilowa potrzeba odosobnienia się od wspólnoty, czas spędzony wśród kaukaskiej przyrody w gronie innych wojowników. Odejście nie jest klęską - jest czasem odpoczynku przed kolejnym, zwycięskim, natarciem. Utwór o czeczeńskiej stolicy kończy więc się słowami: "wolność do Iczkerii powróci".

Timur Mucurajew urodził się w 1976 r. w Groznym. Był uczestnikiem pierwszej wojny czeczeńskiej. Jest autorem i wykonawcą piosenek, poświęconych męstwu, patriotyzmowi bohaterów-obrońców ojczyzny i wiary. Jego twórczość sytuuje się gdzieś pomiędzy stylistyką bardów, śpiewających swe pieśni przy akompaniamencie gitary, a koncepcją poety jako duchowego przywódcy narodu. Mucurajew bardzo szybko zdobył szeroką popularność. Jego nagrania wydane zostały również w Polsce (co ciekawe, okładki polskich wydań płyt Timura zdobią fotografie wilków). Motyw wilka pojawia się w jego twórczości wielokrotnie, stanowiąc dowód niezwykłej żywotności zarówno idei wolności, jak i tradycyjnego u Czeczenów jej obrazowania (wilk, wojownik, góry itp.).

W podobnej funkcji występuje wilk w filmach i teledyskach emitowanych za granicą przez czeczeński kanał telewizyjny Nizam TV. Spośród wielu produkcji, stanowiących często klasyczne teledyski do utworów muzycznych, warto zwrócić uwagę choćby na krótki wideoklip pod tytułem "Nieujarzmiony naród" (2004), który przedstawia przeplatające się sceny ukazujące czeczeńskie dzieci tańczące lezginkę (tradycyjny taniec narodów kaukaskich) oraz walki partyzanckie. Klip, którego podkład muzyczny stanowią dźwięki oparte na tradycyjnym rytmie lezginki, rozpoczyna się od swoistego prologu, którym jest "inwokacja" do Boga i męstwa Wajnachów. Pierwszym właściwym obrazem są wyjące w górach wilki, które powracać będą jeszcze kilkakrotnie w kontekście zdjęć działań wojennych. Całość kończy się "prześwitującym" zestawieniem dwóch kadrów - wyjącego na szczycie góry wilka i prowadzonego przez prezydenta Maschadowa oddziału czeczeńskich mudżahedinów.

Przedstawiłem zaledwie kilka przykładów z kultury czeczeńskiej, wykorzystujących motyw wilka. Dałoby się ich przywołać o wiele więcej. Jednocześnie należy sobie uświadomić, iż każda próba kompleksowego ujęcia tego zjawiska, która uwzględniałaby sztukę najnowszą, wydaje się być w chwili obecnej działaniem z góry skazanym na porażkę. Z jednej strony, produkcja artystyczna Czeczenów jest zminimalizowana za sprawą toczącej się w ich ojczyźnie wojny, a także rosyjskiej cenzury, z drugiej strony, bardzo trudny jest dostęp do - powstających jednak wbrew przeciwnościom losu, w znacznej mierze na emigracji lub w oddziałach partyzanckich - tekstów literackich. Najprężniej rozwija się amatorska sztuka okolicznościowa (wiersze, muzyka, filmy), której wytwory można znaleźć w Internecie. Jednakże - jak każda sztuka okolicznościowa - reprezentuje ona często niski poziom artystyczny, a ponadto zawiera w sobie uproszczony i stereotypowy obraz świata (sytuacja wydaje się być w pewnym sensie analogiczna do przypadku literatury epigonów polskiego romantyzmu). Wytwory czeczeńskiej sztuki okolicznościowej pełnią raczej funkcję narodowej "arki przymierza", indywidualnego protestu przeciw wojnie; rzadko stanowią przykłady sensu scricto fenomenów artystycznych.

W chwili obecnej kultura Czeczenów jest tak samo zagrożona, jak biologiczne istnienie w wielu krajach wilka jako gatunku. Tak jak giną wilki - powiadają aktywiści ekologiczni - umiera wolność. Ale w taki sam sposób ginie także kultura i sztuka podbitych narodów...

Miejmy nadzieję, że czeczeńskie wilki kiedyś jeszcze powrócą, a na Kaukazie zapanuje w końcu trwały i stabilny pokój, że rosyjsko-czeczeńskie pojednanie dokona się wbrew nienawiści i ponad politycznymi podziałami.

Tym życzeniem zakończmy dzisiejsze rozważania o literackich związkach człowieka i przyrody. Do usłyszenia po wakacjach.

Grzegorz Czerwiński

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