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Lundi 6 février 2006

 

Par Muratko - Publié dans : muratko
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Vendredi 30 décembre 2005

 

La France, "homme malade" de l'Europe, par Nicolas Baverez

 

Pour la France, 2005 restera une année terrible mais aussi un tournant. Une année terrible, rythmée par les échecs et les crises qui, dans le droit-fil du collapsus social de 1995 et du krach civique de 2002, ont acté le déclin du pays et l'éclatement de la nation. Au plan extérieur, l'échec du référendum a brisé net un demi-siècle d'engagement européen, qui constituait le dernier axe stable de la diplomatie et de la vie politique nationales. La défaite de la candidature de Paris face à Londres pour l'organisation des Jeux olympiques de 2012 a cristallisé la marginalisation de la France en Europe et dans le monde et souligné l'archaïsme d'un pays musée, en rupture avec la modernité du XXIe siècle. Enfin les émeutes urbaines, dans leur double dimension sociale et raciale, ont sanctionné la désintégration du pseudo-modèle français, le blocage de l'intégration, la balkanisation d'une société atomisée par un quart de siècle de chômage de masse.

 

 
Mais aussi un tournant pour trois raisons. La première provient de la sortie de Jacques Chirac de la vie politique : délégitimé en France, discrédité en dehors des frontières, il persiste à occuper la fonction présidentielle mais ne l'exerce plus ; il peut encore nuire mais ne peut plus agir. D'où une situation inédite sous la Ve République qui voit le président réduit à se mettre au service de son premier ministre, candidat par procuration investi de la mission de poursuivre le chiraquisme par d'autres moyens.

La deuxième tient à la prise de conscience par les Français de la crise nationale majeure que traverse le pays : la succession des revers a déchiré le voile de la démagogie qui recouvrait depuis un quart de siècle le divorce progressif de la France avec la nouvelle donne historique issue de la mondialisation et de l'après-guerre froide, découvrant aux yeux dessillés des citoyens une situation comparable à l'agonie de la IVe République, avec la guerre d'Algérie et l'inflation en moins, le chômage de masse et la guerre civile larvée en plus.

La troisième est à chercher dans l'évolution des mentalités et l'ébranlement du conservatisme de l'opinion, avec d'un côté la compréhension du caractère insoutenable d'un modèle qui condamne les jeunes générations à l'exclusion, au chômage, à la paupérisation et à un endettement explosif, de l'autre la conviction qu'il n'existe pas de solution à l'intérieur du système actuel. D'où un changement d'attitude, manifeste lors des récents mouvements sociaux vis-à-vis des deux verrous qui interdisent la modernisation du pays : la protection du modèle d'économie administrée et de société fermée issu des années 1960 ; la sanctuarisation du secteur public.

Toutes les conditions d'une situation prérévolutionnaire se trouvent aujourd'hui réunies : d'une part une crise aiguë de la représentation politique qui dépasse les gouvernants pour englober l'ensemble de la classe politique ; une insécurité économique et sociale endémique ; des finances publiques en faillite avec une dette qui s'emballe, en progression de 10 points de PIB durant le quinquennat, minant la souveraineté du pays tout en fonctionnant comme une arme de destruction massive de la croissance et de l'emploi ; enfin le mélange de honte et de colère qui s'empare des citoyens d'une nation qui est devenue la risée de l'Europe et du monde développé. De l'autre, des échecs accumulés qui amplifient les peurs et les pulsions irrationnelles.

Le refus de la Constitution européenne a libéré les tentations nationalistes et protectionnistes, conduisant à une OPA intellectuelle de l'altermondialisme sur la gauche, Parti socialiste en tête, mais aussi sur une partie de la droite puisque le président de la République ne craint pas d'affirmer que le libéralisme constitue une menace pour la démocratie équivalente à ce qu'était le communisme au temps de la guerre froide. Dans le même temps, les émeutes urbaines ouvrent un vaste espace aux passions xénophobes et totalitaires, avec à la clé un puissant mouvement de basculement à droite de la société et, comme à la veille de 2002, une montée souterraine du vote extrémiste.

Les forces centrifuges qui sont à l'oeuvre dans le corps politique et social raréfient l'espace qui serait nécessaire pour un débat apaisé sur la situation et la modernisation du pays. D'où la démarche parallèle du Parti socialiste et de l'UMP qui, à travers le congrès du Mans et le compromis sur les primaires, ont privilégié une unité de façade qui entretient une commune ambiguïté sur leur ligne politique. D'où la lancinante réactivation des détours idéologiques qui érigent la mondialisation — via l'OMC — ou l'Union européenne en boucs émissaires de la crise française. D'où la rhétorique morbide de la commémo-nation qui évince la discussion des problèmes du présent au profit de l'actualisation virtuelle du passé. Les traites et la colonisation sont assurément des tragédies historiques, mais elles ne constituent ni des concepts, ni des principes d'action qui permettent d'appréhender la condition des immigrés en France et d'apporter des solutions concrètes à l'échec de leur intégration. Aussi bien le législateur, au lieu de s'aventurer de manière hasardeuse sur le terrain des historiens, serait-il mieux inspiré de consacrer son énergie aux réformes urgentes que réclame la situation du pays.

Pour autant, il n'y a aucune raison de désespérer. Car si tout peut aujourd'hui arriver, y compris l'engrenage de la violence, la dynamique de la réforme peut également frayer son chemin dans l'esprit et le coeur des Français. Voilà pourquoi 2007 s'annonce comme un scrutin décisif pour la France et pour l'Europe. Un scrutin décisif pour la France, parce que si l'élection présidentielle de 2007 devait, à l'image de 1995 et 2002, se réduire à un débat tronqué puis conduire à la reconduction des non-choix et du prisme démagogique, clientéliste et malthusien qui a prévalu depuis les années 1980, la crise économique et sociale sortirait de tout contrôle. Un scrutin décisif pour la France, parce qu'il constitue la dernière occasion de combler le retard accumulé sur les autres démocraties développées, engagées dans une course de vitesse pour s'adapter à un monde qui met en concurrence non seulement les entreprises mais plus encore les Etats et les sociétés. Un scrutin décisif pour l'Europe, dont la France est devenue l'homme malade, contribuant notablement à sa panne actuelle, exportant sa crise jusqu'à risquer de provoquer son éclatement comme celui de l'Euroland en cas d'aggravation de sa dérive.

D'où le paradoxe des dix-huit mois qui s'écouleront avant l'élection présidentielle. Aucune amélioration fondamentale n'est à attendre dans la situation du pays, en dehors d'artifices tels qu'une baisse du chômage qui doit tout au traitement statistique et à la création d'emplois semi-publics financés par la hausse de la dette. Situation logique dès lors que les conditions nécessaires au changement ne sont pas remplies : le président de la République ne dispose plus d'aucune légitimité ; les leviers majeurs de la modernisation que sont le changement du modèle social et la réforme de l'Etat ont été d'emblée exclus ; l'action du gouvernement est tout entière orientée vers l'horizon électoral de 2007 à l'exclusion d'une vision cohérente, comme le souligne la contradiction frontale entre le recours aux pouvoirs exceptionnels propres à l'état d'urgence d'une part, la volonté de minimiser la gravité de l'insurrection des banlieues ramenée à de bénins "troubles sociaux" d'autre part ; enfin, la cohabitation hautement conflictuelle entre le premier ministre et le ministre de l'intérieur interdit l'unité et la continuité dont toutes les expériences étrangères ont montré qu'elles étaient indispensables.

 
Il reste que le moteur de la modernisation peut embrayer, pour peu que les Français se mettent en mouvement et imposent de centrer le débat, par leur mobilisation et leur engagement, sur la situation réelle du pays et les moyens de l'améliorer. La modernisation de la France ne dépend ni de la mondialisation ni de l'Europe, mais des Français qui conservent la maîtrise de leur destin. A condition de surmonter les tentations protectionnistes et sécuritaires, nationalistes et xénophobes, pour examiner et trancher, non pas de manière passionnelle ou démagogique mais de manière rationnelle, les questions cardinales qui ont été éludées lors des derniers scrutins : comment rétablir le couplage de l'autorité et de la responsabilité du chef de l'Etat ? quels principes utiliser pour refonder une nation ? quels changements instaurer dans l'Etat pour lui permettre de jouer son rôle de réassureur des risques globaux de l'économie et de la société ouvertes ? quels positionnements pour le système productif et le territoire français à l'horizon des années 2010 ? quelles transformations apporter au modèle économique et social pour concilier efficacité et équité, compétitivité et solidarité dans l'univers de la mondialisation ? quels leviers employer pour débloquer la société, l'ouvrir en direction des jeunes, des immigrés, des exclus ? quelles voies pour contribuer à rétablir l'unité des démocraties et relancer l'Europe ?

Pour prix des échecs et des revers dont ils sont les premières victimes, les Français ont acquis le droit de percer la bulle de démagogie et de mensonge qui dévaste la vie politique nationale depuis de trop longues années et d'accéder à une information objective sur la situation de leur pays et l'état du monde. Leur responsabilité vis-à-vis de leur patrie comme des générations futures consiste à cesser de s'en remettre à un président de droit divin ou à l'Etat pour exiger de ceux qui aspirent à les gouverner des choix cohérents dont ils assument les conséquences prévisibles. A conjurer les tentations de régression vers un passé mythique et les passions extrémistes, à sanctionner sans faiblesse les cyniques et les démagogues pour ouvrir résolument la voie à une nouvelle génération, en rupture avec la République des truqueurs et des gérontes, à qui il reviendra de reconstruire un pays moderne, puissant et respecté dans le monde du XXIe siècle.

 

Nicolas Baverez est économiste, historien et avocat. Auteur notamment de La France qui tombe (Perrin, 2003).

Lemonde.fr 30.12.2005

 

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Mercredi 28 décembre 2005

 

J’ai pu lire dernièrement le très bon article du journal Le Monde ( 26.12.2005 Chr. Chombeau ) qui titrait :

 "On passe d'un "racisme tranquille" à un racisme inquiet, plus loquace et plus agressif"

  

J'aimperai me prononcer ser ces réflexions on ne peut plus alarmantes, on ne s’en rend pas réellement compte mais la société française est réellement gangrénée par les courants d’idées raciste et ultra-nationalistes tantôt très  franco-français tantôt « importés » …

Le sinistre LePen existe bel et bien même s’il ne règnera jamais sur la France mais ses idées, elles,  vivent au travers de politiciens de droite comme Sarkozy, Giscard, Pasqua ou même le pseudo-socialiste  Chevènement…

 Les dernières émeutes dans les banlieues françaises devraient inciter tout le monde à méditer sur la question et sur les raisons reélles du malaise français.

 Depuis les années 80’ la dérive du vocabulaire lepéniste  et fasciste s’est amplifiée et apparaît aujourd’hui sur presque tout l’échiquier et la classe politique françaises.

 La presque majorité des partis politiques s’est fait le devoir de dénoncer les dérives du FN de LePen mais parfois le discours envers les immigrés était presque qu’identique utilisant la même méthode de stigmatisation dès que la politique socio-économique ne repond pas aux besoins de la société, l’immigré, cet « autre » est en perpétuel position d’accusé permanent et de bouc émissaire de la société civile française, c’est lui qu’on veut gifler quand on est de mauvaise humeur !

 La résistance envers ce discours fasciste est aussi une réalité, et fort heureusement, mais de la stigmatisation de l’immigré nous sommes passé à la stigmatisation du jeune de banlieue, jeune et féroce et surtout imprévisible … donc l’ennemi de l’intérieur couve toujours et il faut une nouvelle vague de politique sécuritaire pour rassurer les Français et Françaises … ainsi le thème de l’insécurité, surtout propagé par TF1 et la presse de droite à renforcé cette vision catastrophique de la réalité des banlieues sans rien changer dans le fond ni dans la forme.

 La flambée de violence du mois de novembre dans les grandes banlieues en est une bonne preuve, cette contestation populaire d’une frange de la jeunesse est un signal d’alarme sur la réalité de la France profonde ... qui pour certain est trop profonde pour qu’on y prête une oreille attentive sans s'y perdre !

 Une autre dimension est la stigmatisation des communautés musulmane de France, je dis bien "communautés" au pluriel car il n’y a pas, comme le prétendent les spin-doctors ou autres manipulateurs de l’audio-visuel, de population arabo-musulmane, ce qui est une foutaise idéologico-linguistique, mais des communautés musulmanes qui en grande partie provienent des anciennes colonies françaises d’Afrique du nord …

  A la suite des attentats du 11 septembre à New-York  il y a une réorientation de la stigmatisation de cet « ennemi de l’intérieur » omniprésent dans l’inconscient collectif, l’islamiste terroriste intégriste extrémiste est substitué au jeune de la banlieue déjà stigmatisé en tant que « beur » ou « black » ou tout simplement en tant « sale bougnoule » … désormais de voyou dérangeant ou passe au dangeureux terroriste ou présumé terroriste qui risque de tout faire sauter … il ne suffit plus de le mettre hors de la sphère sociale ou de l’éloigner le plus loin possible des « bonnes gens » mais bien de l’empêcher de respirer jusqu’à ce qu’il explose de lui-même et chaque fois qu’il y aura des problèmes ou même une simple incendie les soupçons se tourneront vers « lui » et  « lui » sera désigné coupable d’avance, qu’importe si on croit l’avoir vu rôder dans les parrages ou si une illuminé invente une histoire de viol ou d’agression dans le RER qu’il soit bagagiste ou simple passant qui ne fait que passer « il » sera coupable … la presse s’en prendra à « lui » sans même se poser des questions bonnes ou mauvaises , désormais chaque émission de TV sera un plaidoyer pour une diabolisation de l’Islam et des Musulmans qu’on classera soit dans la catégorie des « extrêmistes » soit dans la catégorie des «  modérés » ce qui est absurde !

L’amalgame a été fait depûis le début et la presse a recherché le sensationel plutôt que les causes du malaise et cela a sans aucun doute renforcé la doctrine fasciste des Lepénistes.

Depuis que Sarkozy s’est affirmé sur la scène politique et que son appétit du pouvoir s’est allié au désir d’être vu pour exister l’accélération des dérapages du language lepéniste est en une réalité qu’on ne peut nier.

Sarkozy formule et reformule, compose et recompose constamment le discours fasciste et autoritaire, quitte à utiliser un language de bas quartier sinon frôlant le l’insulte crapuleuse.

Je dénonce aussi ces journalistes qui se font leur pain sur ces tragédies socio-culturelles mais qui ne font rien d'autres de mettre du feu sur l'huile... les Lepénistes s'en frottent, eux, les mains !

Le discours sécuritaire d'un Sarkozy va plus loin encore que celui d'un Chevènement, et il oppose aux populations stigmatisées une figure d'homme providentiel ou de chef viril, typique de la rhétorique lepéniste. Là où Chevènement déclarait : "NOUS allons débarrasser nos quartiers des bandes ethniques qui y sèment le désordre", Sarkozy dit : "JE vais vous débarrasser de ces racailles." Cela dit, l'épisode Chevènement a joué un rôle primordial — et funeste — dans cette escalade.

Moi ce qui m’interpelle c’est non seulement l’emploi du discours fasciste, lepéniste qui concours à banaliser la dialectique fasciste dans le débat politique mais aussi qui contribue à radicaliser les esprits et à créer de plus en plus de boucs émissaires mais aussi la « serbisation » des mentalités … à défaut de « Juifs » on se tourne aujourd’hui vers le « Musulman » et chacun à une image de cet ennemi de l’intérieur qui s’est dévelloppé après la chute du mur de Berlin ' symbole ) et du communaisme … cet « autre » de substitution qui tend à nous faire oublier les vrais problèmes de société ...

Bref aujourd’hui la France, ou plutôt la société française mais encore plus la classe politique française est malade et traverse une grave crise de confiance et de repositionnement idéologique … Homme malade de l'Europe rétablit toi vite!!!!!!

2 + 2 = 5   ... le répeterez vous encore pendant longtemps ????

  

Par Muratko - Publié dans : muratko
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Jeudi 1 décembre 2005

 

Les prisons secrètes de la CIA  en Europe

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Les activités potentiellement illégales menées par la CIA sur le territoire de certains pays européens, tout particulièrement en Pologne et en Roumanie, interpellent de nombreuses capitales.

La Suède a annoncé hier l'ouverture d'une enquête sur le passage dans ses aéroports d'avions de la CIA transportant des prisonniers illégalement détenus. L'Espagne,  la Hongrie, l'Italie, la Roumanie, la Pologne, la Norvège et l'Allemagne, ont déjà ouvert des enquêtes ou demandé officiellement des explications sur l'utilisation présumée par la CIA de plusieurs aéroports pour le transport, la détention illégale et la torture de présumés terroristes "islamistes". 

 

l'aéroport de Szymany en Pologne / Szczytno ... cet endroit utilisé par la police et par l'armée polonaise aurait servi de lieu secret de détention mais aussi pour torturer les prisonniers détenus par la CIA

L'embarras de la Pologne et de la Roumanie

Avertis par la Commission européenne qu'ils pourraient ce faisant être en violation des traités de l'UE, ces deux pays ont démenti. Mais de manière indirecte («je ne sais rien à ce sujet», a déclaré le 3 novembre le ministre polonais de l'Intérieur, Ludwik Dorn) ou partielle. «Il n'y a pas en Pologne de telles prisons, et il n'y a pas de prisonniers emprisonnés en violation de la loi et des conventions internationales (...)», a assuré le 10 novembre un communiqué du gouvernement. Démenti officiel qui concerne le présent, mais esquive la période pendant laquelle la CIA est suspectée d'avoir agi en collusion avec les gouvernements au pouvoir entre 2002 et 2004.

Interrogé mercredi par Libération sur l'existence de prisons secrètes de la CIA en Roumanie, le président Traian Basescu a d'abord déclaré: «Je suis catégorique : il n'existe pas de centre de ce genre sur le territoire roumain. Depuis que je suis président, ce genre de choses n'a pas eu lieu.» Mais, interrogé sur le passé, il s'est contenté de dire : «Je n'ai aucun indice que des lieux de détention de la CIA aient existé sur le territoire roumain.» Relancé pour savoir si son prédécesseur Ion Iliescu, président en 2000-2004, aurait pu cautionner cette pratique, il a remarqué : «Normalement, c'est difficile à croire.»

Ion Iliescu s'est pour sa part contenté de déclarer qu'il n'avait «pas entendu que des avions de la CIA aient survolé ou atterri en Roumanie». Lorsqu'un sénateur a demandé à ce qu'il soit questionné par le Parlement sur le sujet, l'ancien président s'est énervé : «Je ne comprends pas pourquoi certains entendent fouiller dans les ordures ménagères que d'autres jettent sur la place.» Si rien ne confirme donc que Bucarest et Varsovie, fidèles alliés de Washington dans la guerre contre le terrorisme, aient accédé à des demandes extraordinaires de la CIA, il demeure que leurs démentis ne sont pas catégoriques. La République tchèque, pour sa part, a carrément admis avoir rejeté une demande américaine d'implantation d'une prison pour détenus issus de la base de Guantanamo.

 

La Commission européenne a révélé, lundi 28 novembre, avoir demandé des éclaircissements aux Etats-Unis sur l'existence supposée de prisons clandestines de la CIA en Europe.

Selon le commissaire à la justice européen, Franco Frattini, son directeur général, Jonathan Faul, avait pris contact il y a quelques jours avec la Maison Blanche et le département d'Etat, à propos des informations faisant état d'activités secrètes de la CIA (agence centrale de renseignement américaine). Mais il n'y a eu, a-t-il dit, "malheureusement encore aucune assurance" que ces informations n'étaient pas fondées, les Américains ayant demandé un délai pour répondre à la requête européenne. S'exprimant à Berlin en marge d'une conférence sur la sécurité, M. Frattini a indiqué que la réponse de Washington pouvait être interprétée de trois façons : soit que les accusations sont vraies, soit qu'elles sont fausses, soit que la Maison Blance a besoin de plus de temps pour élaborer une réponse...  L'attitude de l'UE dépendra du temps que prendra une telle réponse américaine, a-t-il averti.

 

Des informations, notamment dans certains pays de l'Est, ont fait état de l'utilisation par la CIA de pays européens pour le transport, la détention illégale et la torture de terroristes islamistes présumés.

Le commissaire italien a aussi menacé les Etats membres de l'Union européenne de leur retirer leur droit de vote au Conseil européen si l'existence de prisons secrètes de la CIA se confirmait.

INQUIÉTUDE ALLEMANDE

Selon le nouveau ministre conservateur de la défense, Franz Josef Jung, en visite à Paris, l'Allemagne attend également des "éclaircissements" de la part des Etats-Unis. "La question est de savoir s'il y a eu, le cas échéant, des actes de torture". "C'est le point qui nous inquiète, de manière légitime je pense. J'espère que cela pourra être dissipé", a-t-il dit. Il a rappelé que le nouveau chef de la diplomatie allemande, son homologue social-démocrate Frank-Walter Steinmeier, actuellement en visite à Washington, devait rencontrer mardi la secrétaire d'Etat, Condoleezza Rice.

Pendant le weed-end, M. Steinmeier avait jugé opportun que la présidence britannique de l'Union européenne "demande officiellement des explications aux Etats-Unis".

Sur la base aérienne de Ramstein et la partie militaire de l'aéroport de Francfort entre autres, les forces américaines disposent en Allemagne de véritables plaques tournantes.

LA RÉPONSE DE WASHINGTON

Les Etats-Unis répondront "de façon aussi complète et franche que possible" aux questions de l'Union européenne sur les activités secrètes de la CIA en Europe, a indiqué, lundi soir, le département d'Etat.

Les Etats-Unis ont "reçu des demandes d'explications d'Europe sur (les) informations de presse" faisant état de vols américains soupçonnés d'avoir transporté des prisonniers islamistes vers des prisons secrètes de la CIA en Europe, a déclaré le porte-parole du département d'Etat, Sean McCormack. "Nous allons faire de notre mieux pour répondre à ces questions de la façon la plus complète et la plus franche possible", a-t-il poursuivi, faisant état pour la première fois d'une demande d'explications formelle de l'Union Européenne.

"Si cette question est soulevée lors des rencontres que le secrétaire d'Etat (Condoleezza Rice) doit avoir, que ce soit ici aux Etats-Unis ou en Europe, elle sera prête à en discuter", a ajouté M. McCormack. Mme Rice qui doit recevoir, mardi au département d'Etat, le nouveau ministre allemand des affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a prévu d'effectuer la semaine prochaine une tournée européenne qui la conduira à Berlin, Bucarest, Kiev et Bruxelles. La Roumanie est l'un des pays cités parmi ceux qui abriteraient une prison secrète de la CIA.

 

 

 

 

Cheney a autorisé la torture !!!!

«Il y a eu une trace visible allant de la vice-présidence jusqu'aux commandants sur le terrain»

 

Washington -- Le bureau du vice-président Dick Cheney est à l'origine des directives ayant conduit des militaires américains à torturer des prisonniers en Irak et en Afghanistan, a affirmé hier un ancien haut responsable du département d'État.

Le colonel Laurence Wilkerson, qui était le directeur de cabinet de l'ancien secrétaire d'État Colin Powell, a déclaré sur les ondes de la radio publique NPR qu'il avait trouvé trace d'une série de mémos et de directives autorisant la torture adressés au département de la Défense par les collaborateurs de Dick Cheney.

Ces directives contredisaient une directive du président George W. Bush, datant de 2002, ordonnant à l'armée américaine de respecter les conventions de Genève interdisant la torture.

«Il y a eu une trace visible allant de la vice-présidence jusqu'aux commandants sur le terrain en passant par le secrétaire à la Défense pour autoriser la torture afin d'obtenir des renseignements sur le terrain», a affirmé ce collaborateur de longue date de Colin Powell.

«Les directives», a-t-il reconnu, étaient «rédigées en termes prudents» mais n'en donnaient pas moins aux commandants sur le terrain liberté d'agir, ce qui a abouti à «de nombreux cas d'abus contre des prisonniers, contraires aux conventions de Genève, y compris à la prison d'Abou Ghraïb», a-t-il dit.

«Si vous êtes militaire de carrière, vous savez que de telles choses ne sont pas permises parce que des subalternes en profiteront ou se sentiront tellement contraints d'obtenir des renseignements qu'ils feront n'importe quoi pour les arracher», a ajouté le colonel Wilkerson.

Il a ajouté que M. Powell, lorsqu'il était secrétaire d'État, lui avait demandé d'enquêter pour découvrir comment la torture était devenue un instrument de la politique américaine après que des cas de recours à des sévices avaient été révélés. Selon cet ex-responsable, le nouveau chef de cabinet de Dick Cheney, David Addington, jusqu'ici conseiller juridique de la vice-présidence, avait été un «avocat résolu» à autoriser le recours à la torture.
En août 2002, un mémo préparé par le département de la Justice et adressé au conseiller juridique du président américain (Alberto Gonzales, promu depuis lors au rang de secrétaire à la Justice) donnait une définition très restrictive de la torture. L'existence de ce mémo avait été rendue publique près de deux ans plus tard.

La semaine dernière, le Washington Post a révélé que M. Cheney est récemment intervenu auprès du Sénat pour obtenir que la CIA soit exemptée, lors d'opérations antiterroristes à l'étranger, d'avoir à respecter un projet de loi interdisant l'usage de la torture.

La «cabale»

Reprenant le propos d'un article qu'il a récemment publié dans le Los Angeles Times, M. Wilkerson a par ailleurs affirmé que M. Cheney avait créé un Conseil national de sécurité «bis» espionnant et sapant le travail effectué par le Conseil national de sécurité du président Bush. Il a ajouté que les membres du Conseil national de sécurité avaient cessé de recourir aux courriels en découvrant que les collaborateurs de M. Cheney épluchaient leurs messages.

Il a également déclaré que les services de M. Cheney avaient empêché qu'un mémo du Conseil national de sécurité recommandant davantage d'effectifs militaires pour envahir l'Irak ne parvienne au président Bush.

Enfin, il a affirmé que l'ancien chef de la CIA, George Tenet, «n'avait pas eu le courage» d'informer les services de Dick Cheney de ses doutes sur les efforts de Saddam Hussein pour se doter d'armes interdites.

Prisons secrètes

Plusieurs pays d'Europe de l'Est, en particulier la Pologne et la Roumanie, ont démenti hier l'existence sur leur territoire de prisons secrètes où, selon le Washington Post, la CIA détiendrait des membres du réseau terroriste al-Qaïda.

Le quotidien américain a affirmé mercredi que la CIA détenait des terroristes d'al-Qaïda dans de telles prisons, surnommées «sites noirs», dans huit pays, y compris la Thaïlande, l'Afghanistan et «plusieurs pays démocratiques d'Europe de l'Est» qu'il n'a pas nommés.

Un responsable de l'organisation américaine de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW) a désigné la Pologne et la Roumanie comme sites probables.

Selon Tom Malinowski, directeur de l'antenne de Washington de HRW, des sources en Afghanistan ont indiqué que des hauts responsables d'al-Qaïda capturés dans cette région ont été déplacés en septembre 2003, parmi lesquels Khalid Sheikh Mohammed, un des présumés cerveaux des attentats du 11 septembre 2001.

Le même mois, un Boeing 737 loué par la CIA pour transporter des prisonniers a quitté Kaboul et a fait escale sur des aérodromes isolés de Pologne et Roumanie avant de se rendre au Maroc et sur la base américaine de Guantánamo, selon la même source.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a demandé hier à avoir accès aux terroristes présumés qui seraient détenus dans ce réseau.

«L'accès aux détenus est une priorité humanitaire importante pour le CICR et une suite logique à notre travail actuel en Afghanistan, en Irak et à Guantánamo», a déclaré la porte-parole du CICR, Antonella Notari.

Toujours d'après le Washington Post, l'existence et l'emplacement de ces prisons n'étaient connus que par une poignée de responsables aux États-Unis ainsi que par le chef d'État et quelques responsables du renseignement des pays concernés.

«Je ne sais rien à ce sujet», a déclaré hier à la presse le ministre polonais de l'Intérieur, Ludwik Dorn.

«Nous ne détenons pas de terroristes et nous ne les interrogeons pas», a déclaré à la radio Jerzy Szmajdzinski, qui a été ministre de la Défense de 2001 jusqu'à ce que le nouveau gouvernement de droite prenne ses fonctions lundi.

À Bucarest, le premier ministre roumain Calin Tariceanu a de même démenti l'existence de «sites noirs» sur le territoire de son pays.

À Bruxelles, la Commission européenne a fait savoir qu'elle vérifierait ces affirmations. La Pologne, membre de l'UE depuis mai 2004, et la Roumanie, dont l'adhésion est prévue pour 2007 ou 2008, sont liées par la Charte des droits fondamentaux, qui n'est pas compatible avec la présence de prisons secrètes.

Libby comparaît

L'ex-directeur de cabinet du vice-président américain Dick Cheney, Lewis Libby, a plaidé hier non coupable dans l'affaire Plame-Wilson, où le conseiller politique du président George W. Bush, Karl Rove, est aussi cité.

M. Libby, qui comparaissait hier matin pour la première fois devant le juge Reggie Walton, fait l'objet de cinq chefs d'accusation pour parjure, faux témoignages et entrave à la justice. Il risque 30 ans de prison et une amende de 1,25 million de dollars. La prochaine audience aura lieu le 3 février.

Lewis Libby avait démissionné de ses fonctions à la Maison-Blanche après son inculpation le 25 octobre, réclamée par le procureur spécial Patrick Fitzgerald, pour avoir menti à un grand jury (chambre d'accusation) sur son rôle dans des fuites à la presse sur l'identité d'une agente clandestine de la CIA, Valerie Plame.

Ces fuites avaient été interprétées comme des représailles de la Maison-Blanche contre son mari, Joseph Wilson, un ex-ambassadeur qui avait accusé le président Bush d'avoir publiquement justifié la guerre contre Saddam Hussein avec de fausses informations sur le nucléaire irakien.

Rendre public le nom d'agents clandestins de la CIA est un crime réprimé par la loi.

Dans son édition d'hier, le Washington Post affirme que le procureur envisage d'inculper le conseiller politique de George W. Bush, Karl Rove, qui a été le principal artisan de la réélection du président, pour fausses déclarations lors de l'enquête.

Enfin, la majorité républicaine à la Chambre des représentants a rejeté hier un appel de l'opposition à mener des enquêtes «substantielles» sur les «abus» de la guerre en Irak, y compris la manipulation du renseignement avant la guerre et le scandale des abus commis contre des prisonniers à Abou Ghraïb.

D'après l'Agence France-Presse et Reuters

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sources :

lemonde.fr

Liveration.fr

Ledevoir.com

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Vendredi 4 novembre 2005

 

source : Journal online   Le Soir ( Belgique )

 

Des sociétés occidentales vendent des équipements de brouillage à la Chine, lui permettant de censurer l'internet, les moteurs de recherche, les blogs, et d'identifier des critiques du régime.

Deux groupes sont particulièrement visés par ces accusations lancées par des défenseurs des droits de la presse aux Etats-Unis: l'américain Cisco, équipementier pour réseaux l'internet, dont les matériels permettent de censurer les messages sur l'internet et de retrouver la trace d'éventuels cyberdissidents, et le groupe d'électronique français Thales qui propose des équipements de brouillage des radios étrangères. 

Le moteur de recherche Yahoo! a récemment été contraint d'accepter par la justice de fournir des informations aux autorités chinoises leur permettant de retrouver la trace d'un journaliste critiquant le gouvernement. Alors que les gouvernements occidentaux critiquent le manque de liberté en Chine, les grands groupes industriels privés des mêmes pays sont accusés de fermer les yeux sur les idéaux démocratiques, afin de pouvoir pénétrer le lucratif marché du pays le plus peuplé au monde. 

Les sociétés occidentales qui collaborent avec la Chine nous inquiètent car elles permettent une réduction de la liberté d'expression, a déclaré Lucie Morillon, qui dirige le bureau de l'association Reporters sans frontières (RSF) à Washington, lors d'un forum sur les médias chinois à Washington. La Chine est l'un des seuls pays qui soit capable à la fois de multiplier ses activités en ligne et de censurer tout le contenu critique du gouvernement, a-t-elle ajouté, en mettant en cause le marketing agressif des sociétés occidentales en Chine. Selon elle, l'association RSF est en train de chercher à signer des accords avec une vingtaine de sociétés d'investissement pour surveiller les pratiques commerciales mises en place en Chine et dans d'autres pays répressifs par les sociétés du secteur internet

Semblant d'ouverture

Jusqu'à quel point l'Ouest -et pas seulement les Etats-Unis- réalise que les bénéfices ne peuvent pas décemment remplacer les principes ?, s'est interrogé le représentant démocrate américain Thaddeus McCotter. 

Dan Southerland, vice-président de Radio Free Asia, a souligné que des équipements vendus par Thalès permettaient à la Chine de brouiller les émissions de radio. Ils bloquent notre site internet et brouillent nos signaux de transmission. C'est une bagarre des ondes quotidienne, a-t-il dit. Nous émettons sur différentes fréquences pour que les auditeurs finissent toujours par nous trouver. Nous avons un public fidèle qui sait qu'il doit travailler pour nous trouver, a-t-il ajouté. Il a souligné que sous la présidence de Hu Jintao, le gouvernement laisse passer plus d'émissions ayant trait aux problèmes quotidiens des citoyens ordinaires, les catastrophes naturelles, les morts, les vols, les accidents de voiture, les problèmes de santé. La liste des sujets tabous comprend les débats sur les luttes de pouvoir au sein du gouvernement, la corruption, et tout signe d'agitation sociale dans les campagnes ou les milieux ouvriers, a-t-il ajouté. 

Un responsable de l'ambassade chinoise à Washington, Shao Zheng, a défendu son pays, où sont basés entre 400 à 500 journalistes étrangers, en affirmant que la liberté de la presse s'améliorait. A titre d'exemple, il a signalé que le ministère des Affaires étrangères donne désormais deux conférences de presse par semaine alors qu'il n'y en avait qu'une par mois en 1983, et encore sans question ni réponse. Le secteur des médias en Chine sera le dernier à être réformé, a pour sa part prédit Arnold Zeitlin, enseignant américain à l'école de journalisme et de communication de l'université de Guangdong.

(D'après AFP)

Par Muratko - Publié dans : muratko
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