Publicité

Vendredi 21 octobre 2005

 

Le duel Washington-Téhéran

Thierry Meyssan

 

Depuis cinq ans, les néo-conservateurs préparent l’invasion de l’Iran. Les arguments
qu’ils ont employé pour justifier de leur ambition ont été démentis, l’un après l’autre.
Ils n’en réduisent pas leur menace. Soutenues par leurs électeurs, les forces politiques
iraniennes ont évité l’affrontement direct et veillé à rendre toute opération militaire trop
couteûse pour Washington, observe Thierry Meyssan.
 
En arrivant au pouvoir à Washington, l’équipe Bush-Cheney était décidée à attaquer
militairement l’Iran et à s’emparer de ses ressources énergétiques. Dans un ouvrage
de référence du Project for A New American Century, Present Dangers [1], elle avait publié
en détail son argumentaire pour « vendre » cette guerre aux financeurs de la campagne
électorale, puis à l’opinion publique.


Cinq slogans étaient mis en avant :
 L’Iran parraine le terrorisme international.
 L’Iran soutient les militants islamiques dans le monde.
 L’Iran s’oppose au processus de paix et à l’existence même d’Israël.
 L’Iran viole les Droits de l’homme, notamment à l’encontre des baha’is et des juifs.
 Enfin, l’Iran tente de se doter de la bombe atomique.


Notons que trois de ces slogans ne fonctionnent plus.
 Dans les séries télévisées mélodramatiques états-uniennes, il arrive que la production décide
de changer un acteur pour poursuivre un rôle. Une voix « off » annonce alors : « Désormais le
rôle de X sera tenu par Y ». De même, pendant des années, on a accusé la Libye de tous les
mots puis, sans explication, on a transféré cette responsabilité sur l’Iran, puis encore,
sur l’invisible Al Qaïda. Ainsi, les attentats contre les tours de Khobar (Arabie saoudite) ont
d’abord été attribués avec certitude à l’Iran puis, fin 2001, sans la moindre explication,
on a annoncé que désormais le rôle du coupable serait tenu par Al Qaïda.
 L’imputation selon laquelle l’Iran finançait en secret tous les mouvements radicaux
musulmans dans le monde a été abandonnée quand on a voulu transférer cette responsabilité
sur la famille royale saoudienne et tenter de renverser le régent Abdallah. Elle a été définitivement oubliée lorsqu’on a voulu séparer et opposer sunnites et chiites en Irak.
 Enfin, l’accusation selon laquelle l’Iran viole les droits religieux des baha’is et des juifs, n’a pas
fait plus long feu. En effet, si ces populations sont effectivement marginalisées et méprisées
en Iran, elles exercent leur culte et sont représentées politiquement.
Restent l’antisionisme et la menace atomique.


Dans son Discours sur l’état de l’Union de 2002, le président Bush a annoncé ses priorités militaires en accusant l’Iran, l’Irak et la Corée du Nord d’avoir fomenté un pacte nucléaire
secret pour détruire les États-Unis d’Amérique. C’est la célèbre formule de « l’Axe du mal »,
mêlant les références à l’Axe fasciste des années 30 et à l’Empire du Mal de la Guerre froide.


Trois ans plus tard, plus personne ne croit que ces États avaient conclu ce pacte. D’une part
parce que les régimes en Iran et en Irak n’avaient pas encore réglé la paix entre eux après
une longue et meutrière guerre ; d’autre part parce que l’on n’a jamais trouvé la moindre preuve
de ce complot.


Bien que Washington soit à court d’arguments et d’analyses, son appétit n’est pas rassasié
pour autant. Après avoir fait main basse sur le couloir de circulation afghan et sur les réserves pétrolières irakiennes, les stratèges états-uniens veulent se payer l’Iran. La campagne préparatoire de propagande a donc été recentrée sur la question nucléaire, avec une pincée
de sous-entendus sur une responsabilité secrète de Téhéran dans l’échec de la Coalition en Irak.


Partant du principe que les techniques nucléaires actuelles sont toutes duales, c’est-à-dire peuvent être aussi bien utilisées à des fins civiles que militaires, les Etats-Unis accusent l’Iran de poursuivre en secret la construction de la bombe. Plusieurs indices, qui ont été longuement étudiés par les experts de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), ont pu un instant semer le doute, mais il est aujourd’hui établi qu’ils avaient été tous mal interprétés. Qu’à cela ne tienne, pour Washington, si l’on n’a rien trouvé, cela ne prouve pas que l’Iran soit innocent, il faut donc l’attaquer préventivement.


D’autre part, sans s’encombrer des subtilités orientales, les néo-conservateurs ont réussi à imposer un schéma simpliste de la vie publique iranienne : la paralysie du pays manifesterait le divorce entre la population et le « régime des mollahs » ; celui-ci serait miné de l’intérieur par une opposition binaire entre des « conservateurs », fanatiques et misogynes, et des « progressistes », ouverts sur l’Occident et la Modernité.


Pour s’emparer de l’Iran, il faudrait donc renforcer cette opposition, de sorte qu’elle s’appuie sur les frustrations populaires, renverse les méchants et rejoigne le camp du Bien. À coups d’émissions de radios et télévision et de millions de dollars, Washington ne doutait pas du résultat de l’élection présidentielle de juin 2005. L’ayatollah Rafsanjani, un politicien habile, l’emporterait, peut-être même dès le premier tour. La presse occidentale applaudissait à cette éventualité, à l’exception de la presse israélienne qui dénonçait un changement de pure façade.


Cependant, comme nous l’avons noté depuis des années, cette analyse repose sur des vues imaginaires. La paralysie du pays n’était pas dûe à un rejet populaire du régime, mais à une trihabitation du pouvoir. Il n’y avait pas deux forces politiques, mais trois : la première trouve sa légitimité dans la révolution islamique. Elle est sociale en matière économique et rigoriste en matière de mœurs (ce sont les prétendus « conservateurs ») ; la seconde est tournée vers le business international et donc favorable à un apaisement avec Washington (ce sont les « réformateurs ») ; la troisième est formée par les anciens combattants de la guerre Irak-Iran, elle est sociale et nationaliste. C’est cette troisième force qui a été plébicitée par les électeurs pour sortir de la trihabitation. Quand à la question du nucléaire, elle fait l’objet d’un consensus national qui n’a aucun rapport avec ces clivages.


Dans la mesure où le Guide suprême de la Révolution a condamné depuis longtemps la bombe atomique comme incompatible avec l’islam, on ne voit pas que de vastes programmes militaires secrets puissent se développer en Iran. Ce qui n’empêche pas Téhéran de laisser planner le doute tant que son voisin belliqueux, Israël, n’a pas dénucléarisé. Le développement économique du pays suppose la production d’énergie nucléaire et les Iraniens risquent d’autant moins de renoncer à leur avenir qu’ils sont fiers d’eux-mêmes et de leurs scientifiques.


L’élection de Mahmoud Ahmadinejad à la présidence de la République islamique a été largement qualifiée de « surprise » par ceux qui s’étaient trompés. Constatant un moment d’hébètement de la presse occidentale et l’affaiblissement de la mobilisation anti-Iran, Israël lança alors une campagne de presse contre le nouvel élu. Des témoins providentiels, à défaut d’être longtemps crédibles, l’accusèrent d’avoir participé à la prise d’otages de l’ambassade des États-Unis et d’avoir plus ou moins torturé des civils, et même d’avoir assassiné un dissident kurde à Vienne. Puis, les mêmes officines, telle l’AIPAC, l’ont décrit comme un misogyne pathologique agité comme un pantin par les « durs » du régime. Vérification faite, la preuve de sa haine des femmes serait, qu’en temps que maire de la capitale, il a fait construire pour elles un vaste parc de promenade interdit aux hommes. Puis, cet argument misérable a laissé la place au qualificatif outrageant « d’islamo-populiste ». Le Figaro, par exemple, accusait sous ce titre le nouveau président d’avoir acheté les électeurs de la capitale en y développant des services sociaux.


Cependant, en matière de communication, le fait que tous ces arguments aient été invalidés les uns après les autres depuis quatre ans n’a pas d’importance, puisque l’un chasse l’autre et que l’Iran est toujours en posture d’accusé. L’idée s’incruste donc « qu’il n’y a pas de fumée sans feu » et que Téhéran doit bien être coupable de quelque chose.


Pendant ce temps, le pouvoir iranien n’a pas chômé : il a raffermi ses relations avec la Russie qui supervise son industrie nucléaire civile et lui fournit des missiles stratégiques, tandis que les ingénieurs iraniens construisent un port dans la Caspienne russe ; il a noué une alliance économique avec la Chine de sorte de ne pas craindre de sanctions économiques décrétées par les États-Unis et l’Union européenne ; enfin, il s’est invité en Irak au point de contrôler une partie du gouvernement mis en place par la Coalition !


Les protagonistes jouent aujourd’hui une course de vitesse. Premièrement le cabinet de Dick Cheney a confié au général Ralph Ed. Eberhart la conception de plans d’attaque nucléaire ciblée de l’Iran, deuxièmement le Pentagone a laissé fuiter auprès de ses alliés les détails d’un plan politico-économico-militaire global contre l’Iran, troisièmement le MI6 et la CIA ont engraissé des mouvements séparatistes basés à Londres et le groupe terroriste des Moudjahidines du peuple basé à Washington. De leur côté, les Iraniens bloquent toutes les cordes de sorte que la Coalition ne puisse attaquer sans se détruire elle-même en interrompant l’essentiel du marché pétrolier mondial. Logiquement, une guerre est aujourd’hui improbable car elle serait désastreuse pour les assaillants, mais les grands empires ont parfois été pris d’arrogance et ont attaqué des proies trop fortes pour eux.

Thierry Meyssan

 

souce de l'information : http://www.michelcollon.info

Par Muratko - Publié dans : muratko
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 24 septembre 2005

 

Le récit dramatique de Haj Ali al-Qaisi, le détenu encagoulé d'Abou Ghraib
« Je voulais seulement faire un stade de foot »
LARS AKERHAUG

« Ils m'ont fait monter sur un tabouret, avec un capuchon sur la tête et les
bras en croix. Ils m'ont dit qu'ils allaient me faire des décharges
électriques. Moi, je n'y ai pas cru. Alors ils ont pris deux câbles et les ont
enfilé dans mon corps. J'avais l'impression que mes yeux jaillissaient hors des
orbites. Après, je suis tombé par terre ». Voici l'histoire de Haj Ali
al-qaisi, celui dont le portrait - capuchon noir sur la tête et électrodes- a
fait le tour du monde, quand les photos faites à Abu Ghraib ont été publiées.
Avant que ne commencent ses ennuis avec les américains, Ali était un mukhtar,
un chef de village, dans le district d'Abu Ghraib. Il parlait dans les
mosquées, cultivait des dattes et gérait un parking à côté de la mosquée
locale. Quand on le voit, Haj Ali est loin d'être un personnage inquiétant.
C'est un homme d'aspect aimable, on imagine difficilement comment il a pu
recevoir un tel traitement, comment on a pu le destiner aux tortures infernales
d'Abu Ghraib.

« Mes problèmes avec les américains », raconte Ali, « ont commencé quand j'ai
trouvé un terrain vague et que j'en ai fait un terrain de jeux pour les enfants
». Ali explique que les américains avaient commencé à amener là les poubelles
de la zone de l'aéroport, qui contenaient entre autres des excréments  et des
revues pornographiques. Un médecin de la zone avait signalé de nombreux cas de
blessures chez les pauvres qui fouillaient dans les déchets, à la recherche
d'objets de valeur. « Avant », plaisante Ali, « je pensais que la démocratie
américaine était un terrain de jeu. Au contraire ils ont réduit cette zone à un
dépotoir de produits chimiques, d'excréments et de pornographie ».

Le capitaine Philips

En tant que responsable du village, il  essaye de protester contre cette
situation, auprès de l'administration. « Cette dénonciation », dit Ali, «  a
marqué le début de mes tourments ». Le 30 octobre, à onze heures du matin, il
est enlevé par des soldats dans la rue où il était en train de travailler, et
emmené sur une jeep hammer. On le transporte à al-Amriye, une ex-base militaire
irakienne transformée  maintenant  en centre de détention américain. Là il
rencontre un certain capitaine Philips, qui lui dit : « Je ne sais pas quelle
agence a demandé ton arrestation mais tu vas être détenu ici ». De nombreuses
personnes de sa famille, qui avaient appris son arrestation, viennent demander
qu'on le libère. Le capitaine Philips demande à Haj Ali s'il croit que les
personnes à l'extérieur vont attaquer. « Je ne sais pas », répond Ali. Il est
resté là deux jours. Le matin du troisième jour de détention, on le transporte
avec un sac sur la tête dans la prison d'Abu Ghraib. « Bien entendu, à cette
époque,  je ne savais pas où j'étais », dit Ali. « Avant d'entrer dans cette
prison, on m'a fouillé avec une procédure très humiliante ». La procédure dont
Haj Ali parle dure environ une heure, une heure et demie. Les américains
relèvent ses empreintes digitales, lui font un fond d'oeil et font quelques
prélèvements corporels, puis le transportent dans une pièce pour
l'interrogatoire. « Ces pièces, en réalité, sont des cabinets inondés d'eaux
usées. Deux agents et un traducteur étaient assis loin de moi, loin de l'égout
». On oblige Ali à s'asseoir au fond de ce trou plein de merde. Ils lui
demandent immédiatement : « Tu es sunnite ou chiite ? ».

Ali est pris de cours. « C'était la première fois que j'entendais cette
question », dit-il. Il explique qu'avant, en Irak, du fait aussi de la loi sur
le mariage , on ne demandait pas quelle était la confession d'appartenance
religieuse. Puis on l'accuse d'avoir attaqué les forces d'occupation. Haj Ali
montre ses doigts et fait voir un défaut qui le rend incapable de manier une
arme à feu. « Je leur ai dit que je n'aurais pas pu participer, et qu'ils
prennent le numéro de téléphone du médecin qui m'avait opéré. Ils m'ont même
demandé si je connaissais Oussama Ben Laden - continue Ali- et j'ai répondu que
je le connaissais à la télé. Ils continuèrent à me poser des questions de ce
genre, même sur Saddam Hussein. J'avais l'impression qu'ils cherchaient à
m'accuser de quelque chose. Après ils ont dit que j'étais anti-sémite, à quoi
j'ai répondu que je considère les sémites comme étant les pères de l'humanité
». « Alors tu sais de quoi je parle », répond un des responsables de
l'interrogatoire.

Les hommes qui l'avaient capturé, lui disent ceux qui l'interrogent, savaient
qu'il était une personne influente, qu'il était un mukhtar de son village et
lui demandent : « Pourquoi tu ne collabores pas avec nous ? On pourrait même te
faire opérer la main ». L'homme qui dirige l'interrogatoire répète sans arrêt :
« Nous sommes le plus grand peuple du monde, nous vous avons occupé et vous,
vous devez vous rendre et collaborer ».

La suite révèle que l'enlèvement de Haj Ali, et de nombreux autres qui ont eu
le même destin, n'a pas pour objectif  d'« arrêter l'insurrection », mais
plutôt d'obtenir des renseignements, et de recruter des gens parmi les
personnages importants des villages de la zone et des sociétés tribales. Quoi
qu'il en soit, Haj Ali n'accepte pas et répond : « Si vous vous définissez
comme des occupants, alors résister à la force d'occupation est légitime selon
la loi islamique et le droit international ». Mais les hommes qui l'interrogent
continuent à lui demander s'il voulait collaborer, puis le menacent de
l'envoyer à un endroit où « même les chiens ne survivent pas, ou même à
Guantanamo ».

Après ce premier interrogatoire, Haj Ali est embarqué  dans un camion. On
distribue aux prisonniers des sacs qu'ils doivent mettre sur la tête. Un des
soldats demande : « Vous avez tous le sac pour mettre sur la tête ? ». Un des
prisonniers, qui est aveugle, répond que lui n'en a pas. Cet homme aussi est
accusé d'avoir attaqué les forces d'occupation. Puis, quand on les fait
descendre, on les transporte à un endroit de la prison appelé « Fidji ». Là,
ils sont sous des  tentes, par groupes de cinq tentes. Chaque groupe est
entouré de fils de fer barbelés et d'un mur de 15 mètres. « C'est là qu'on
mettait ceux que les américains appelaient « les gros poissons ».

Haj Ali continue à parler des conditions de vie. « Dans chaque tente, il y a
quarante personnes, il n'y a pas de place, et si tu veux dormir il faut te
coucher sur le côté. Dans les cinq tentes vivent environ 300 personnes ». Les
prisonniers avaient des cabinets portables à leur disposition. Ils devaient
faire la queue pendant deux ou trois heures, les toilettes étaient pleines «
avant que n'arrive ton tour ». Toute autre possibilité de toilette était
pratiquement impossible. Dans chaque tente les prisonniers  partageaient chaque
jour 20 litres d'eau pour tous les besoins. Pour boire ils devaient utiliser
des bouteilles trouvées dans les poubelles. « La nourriture aussi était très
mauvaise », raconte Haj Ali. « Nous n'avions pas de repas réguliers et, si une
seule personne manquait à la discipline, on avait des punitions collectives.
Par exemple, si un prisonnier parlait avec un prisonnier d'un autre camp, tout
le camp était privé de repas, ou bien on était obligés de rester debout au
soleil pendant des heures. A un moment, une chose étrange arriva à un chiite
disciple de Al Sadr, qui s'appelait Sheikh Jaber-al-qadi. Comme tous les
autres, dans le camp, venaient de villes sunnites comme Fallujah, Ramadi et
Mosul, il se sentait isolé. Pour l'aider, nous lui avons demandé d'être notre
guide pour la prière, et de la dire avec nous ». Quand ça s'est passé, les
américains ont attrapé le gars et lui ont hurlé : « Pourquoi tu pries avec les
sunnites ? ». Et ils l'ont tabassé.

Pendant cette période Haj Ali a rencontré de nombreux groupes provenant de
plusieurs prisons, parmi lesquelles celle de l'aéroport de Bagdad et de Mosul.
Il a commencé à entendre des histoires de torture, à voir des signes de torture
; il entend même parler de gens à qui on a injecté des substances
hallucinogènes pour qu'ils voient des choses effrayantes,  des scorpions ou des
images de cauchemar. C'est à cette période que Haj Ali a eu l'idée de fonder
une association pour représenter ces prisonniers. Haj Ali est de nouveau
interrogé, et ils le menacent une fois de plus  de l'envoyer à Guantanamo ou
dans d'autres endroits de ce genre. Il raconte que « des femmes soldats étaient
présentes pendant les interrogatoires et qu'elles exhibaient des parties de
leur corps ».

La torture de Ramadan

Pendant le Ramadan, les prisonniers ont une autre souffrance à supporter.
Pendant le mois de Ramadan, les musulmans ne peuvent pas manger, du lever au
coucher du soleil. Pendant toute cette période, le deuxième repas était apporté
aux prisonniers juste après la prière du matin, ce qui signifiait que les
prisonniers devaient rester là à le regarder jusqu'à 11 heures du soir. « Ils
voulaient faire plier notre capacité de résistance », c'est comme ça que Haj
Ali explique ces pratiques. « Six générateurs électriques fonctionnaient jour
et nuit, avec un bruit incroyable. Chaque générateur était relié à trois lampes
seulement. Ils ne faisaient presque pas de lumière, rien que du bruit. Bien
entendu, dans les tentes il n'y avait pas d'électricité ».

Puis, un jour, on appela son numéro, 11 716. On lui met des menottes aux mains
et aux pieds, on lui couvre la tête d'un capuchon et on le met sur une jeep
hammer. « Quand ils m'enlevèrent le sac de la tête, j'étais dans un long
corridor. J'entendais un tas de gens qui criaient à cause des tortures. Ils me
dirent d'enlever mes vêtements, ma djellaba (vêtement traditionnel des hommes
musulmans), mon tricot, et mon slip ». Comme il refusait, cinq soldats
l'attrapèrent et le déshabillèrent de force. Après ça, il dut marcher pendant
dix mètres environ, jusqu'à un escalier. « Ils voulaient que je monte ces
escaliers, mais mes pieds étaient très faibles et je n'arrivais pas à soulever
les jambes. Je tombai par terre et ils se mirent à me tabasser. Alors, j'ai dû
me hisser en me traînant. Il m'a fallu une heure ».

Après, Haj Ali est jeté contre un mur, les mains attachées au châssis d'une
porte, en extension. « Bien sûr, ils me frappèrent de nouveau, ils versèrent
sur moi de l'urine et de l'eau souillée, ils écrivirent sur mon corps, tirèrent
des salves de coups de feu, ils utilisaient un haut parleur pour me hurler des
insultes dans les oreilles et faisaient claquer les menottes, toujours dans les
oreilles. Je restai comme ça jusqu'à la prière du matin ».

Quand ce fut le moment de la prière du matin, quelqu'un vint lui enlever le
capuchon. Il me demanda, en parlant avec un fort accent arabe libanais : « Tu
me connais ? Je suis très connu, j'ai fait des interrogatoires à Gaza, en
Cisjordanie et dans le sud du Liban. J'ai une bonne réputation : ou je tire ce
que je veux d'un détenu, ou je le finis ».
(1- à suivre)

* Comité Irak libre Norvège

« Torturez-le encore » dit le médecin étasunien
LARS AKERHAUG

Deuxième partie de l'entretien avec Haj Ali al-Qaisi
Ils lui enlèvent les menottes à une main. « Je vais te mettre en croix » dit
l'homme qui l'interroge. Maintenant les secousses sont continues, comme les
jets d'eau sale qu'on lui lance dessus. Ils pointent un fusil sur ses
génitoires. Une personne s'avance, qui lui enlève son capuchon. « Je reconnus
son accent arabe, c'était celui des juifs maghrébins (séfarades), voilà
pourquoi nous disons que nous sommes victimes de l'occupation américano
sioniste ». Haj Ali subit ce traitement pendant trois jours. On le lui fait
dans plusieurs positions, on le fait rester sur la pointe des pieds. On lui dit
que sa main allait « pourrir ». « Après j'ai compris que ce que j'étais en
train de subir entrait dans le cadre d'une opération appelée Iron horse,
destinée à recruter des gens influents, des chefs de tribu, pour les faire
travailler pour l' occupant ». Le troisième matin, à nouveau, Haj Ali rencontre
un étranger, et une fois de plus  on lui propose sa libération en échange de sa
collaboration. « Je répondis que je n'avais rien à dire ». « Pendant tout
l'interrogatoire, j'entendis des hurlements, des hurlements de femmes, des
hurlements d'enfants. Tous ceux qui passaient  dans le hall me frappaient. »

By the rivers of Babylon


Après la prière de midi, ils lui attachent les poignets avec des bandes de
plastique, l'amènent dans une cellule et le mettent à une barre. Ils le font
étendre sur le dos et apportent un gros haut-parleur. Ils mettent la chanson By
the rivers of Babylone (tirée du psaume 137 de la bible, NDR) sans arrêt, à
plein volume. Haj Ali raconte qu'à ce moment-là, bien entendu, il voulait qu'on
lui remette le capuchon qu'on lui avait enlevé entre-temps. Un peu après,
l'homme qui faisait l'interrogatoire vient lui enlever le haut-parleur, mais
désormais Haj Ali n'arrive plus à rien entendre. « J'avais encore la chanson
dans les oreilles, même s'ils avaient éteint la musique ». Malgré les seaux
d'eau qu'on lui jette à la figure, « je n'arrivais pas à entendre une seule
parole de ce que me disait l'homme ».  Alors ils le font mettre debout, lui
font étendre les bras hors des barreaux de la cellule et le menottent dans
cette position. « C'était le cinquième jour que je ne mangeais plus », dit Ali.
L'homme préposé à l'interrogatoire revient et lui dit qu'ils ont fait une «
fête de bienvenue ». « Plus tard, dit Ali, j'ai appris que c'est un traitement
qu'ils font à tout le monde ».

Cellule numéro 49


« On me mit dans la cellule 49. Ils me firent une photo avant de m'enfiler le
capuchon, puis firent une autre photo. Je regardais dans les cellules en face
de moi et je reconnus un imam. Tous les prisonniers étaient dévêtus. « Ne t'en
fais pas, me dirent ces pauvres gens, nous sommes comme ça depuis trois mois. »
Alors Haj Ali cherche à se couvrir avec du papier utilisé pour la nourriture,
mais les américains ne le laissent pas faire : « Les américains nous avaient
donné un surnom à chacun. "Big Chicken", Dracula, « l'homme loup », Joker,
Gilligan. Moi ils m'appelaient Colin Powell ».

Le lendemain arrive Charles Graner, le spécialiste, qui sera ensuite inculpé
pour le scandale d'Abu Ghraib. Haj Ali a une bande sur la main pour couvrir une
blessure, le sang est mal coagulé. Il attrape et arrache la bande, qui emporte
la chair. Haj Ali perd connaissance. « Le jour suivant, je demandai à une femme
soldat un médicament anti-douleur. Elle me dit de tendre la main au dehors en
la faisant passer sous la porte. Je pensais qu'elle voulait voir ma main, mais
elle monta dessus en disant : « voila l'antidouleur américain ». Quinze jours
plus tard on lui donne une couverture. « J'essayais de m'en servir pour me
couvrir, et mes amis étaient contents pour moi ». Dans cette enceinte, appelée
« la fosse », Haj Ali raconte qu'il entendait des hurlements : « Quand ils
voulaient porter de la nourriture aux prisonnières, ils envoyaient des hommes
nus ». Les prisonnières étaient otages pour des frères, des pères ou des fils.
« On les entendait hurler, elles ne faisaient que crier Allah Akbar (Allah est
grand, NDR) ».

Après 15 jours, les interrogatoires s'accélèrent, les américains voulaient se
débarrasser de ces prisonniers pour faire rentrer des gens nouveaux, dans une
rotation entre les fosses et les tentes à l'extérieur. Un de ses amis demande à
une femme soldat : « Pourquoi nous humiliez-vous ? ». Elle répond : « Ce sont
les ordres, vous humilier, dans cette situation ». Ils l'amènent ensuite dans
la salle des interrogatoires. Il se retrouve face à dix personnes, certains en
uniforme, d'autres en civil. Ils ont des téléphones et des appareils photo. «
Là, je crus rêver et je pensai qu'ils utilisaient les téléphones pour
enregistrer le son ou quelque chose de ce genre », dit Ali. C'est dans cette
salle que se passe la scène qu'on a vue ensuite dans le monde entier comme
l'exemple des tortures pratiquées par le régime américain. « Ils me firent
monter sur un tabouret avec un capuchon sur la tête et les bras écartés. Ils me
dirent qu'ils allaient m'envoyer des décharges électriques. Moi, je ne le
croyais pas. J'eus la sensation que mes yeux jaillissaient hors des orbites.
Puis je tombai par terre ».

Les mains et la tête attachées à un tube

Pendant cette séance, Haj Ali se mord la langue. Le médecin arrive, lui arrache
la cagoule avec sa chaussure, verse de l'eau dessus. « Il ne vit aucune
blessure sur la langue », dit Haj Ali, « et il leur dit de continuer.
D'habitude les médecins participaient aux tortures. Ils décidaient si les
prisonniers simulaient ou exagéraient la douleur et faisaient signe aux
tortionnaires de continuer ». Ils l'emmènent trois fois dans cette salle, et le
soumettent cinq fois aux décharges électriques. Ils lui attachent la tête et
les mains à un tube du plafond, lui mettent du pain sec dans la bouche. Ils lui
font quelques photos et l'interrogent à nouveau. Pendant qu'ils l'interrogent
ils lui demandent : « Qu'en dirais-tu si on essayait d'autres tortures ? ». Haj
Ali répond : « Plus vous nous torturez, plus Dieu nous récompensera ».

L'imam

Mais Haj Ali n'est pas le seul à subir ce type de traitements. « J'ai vu l'imam
de la plus grande mosquée de Fallujah. Il avait 75 ans. Ils ne se sont pas
contentés de le traîner nu, ils lui ont aussi fait porter de la lingerie
féminine. Et une autre, encore : ils ordonnèrent à un prisonnier d'uriner avec
un sac sur la tête. Quand ils le lui enlevèrent, il vit que c'était son père
qui était dessous, et ils photographiaient la scène ». « Une des femmes soldats
se déshabilla devant l'imam d'une autre mosquée - dit Ali- et lui demanda
d'avoir un rapport sexuel avec elle. Comme il refusait, bien sûr, la femme prit
un pénis artificiel et le viola ».

Haj Ali dit que ces camps de prisonniers sont en fait des camps de formation
pour la résistance. « D'habitude, 90% des gens arrêtés sont innocents. Et une
fois sortis, ils sont parfaitement prêts à commencer une résistance armée
contre les occupants. Quiconque a été traité de cette façon, ou voit son frère
ou sa soeur traités comme ça, le ferait ». Et là Haj Ali souligne aussi
l'importance de comprendre quel effet cette façon de traiter les femmes peut
avoir sur la société arabe.

Après 49 jours dans la fosse, il entend les hommes qui l'interrogeaient dire
qu'il avait été arrêté par erreur et qu'on allait le renvoyer dans la tente. Le
lendemain, un soldat vient le chercher et le ramene dans le camp. « Tu es né
une deuxième fois » dit-il. Une fois revenu dans la tente, après avoir été
accueilli, il passe deux jours à regarder le ciel, en essayant de refaire la
paix avec la lumière. Les cellules étaient très sombres. « Pendant ma période
de cellule j'ai perdu 38 kilos, et ça je le sais parce que quand j'étais arrivé
ils m'avaient mis une bande au poignet sur laquelle ils avaient écrit mon poids
». Après tout ça, on lui redonne ce qui lui appartenait, on le met dans un
camion avec un sac sur la tête, mais cette fois sans les menottes. Puis ils le
jettent hors du camion. « Quand j'enlevai le sac, je vis que j'étais dehors,
sur la route. Je compris alors que j'avais été relâché ».

Ainsi finit l'histoire de Haj Ali à Abu Ghraib. Après l'explosion du scandale
d'Abu Ghraib, Haj Ali a reçu une formation de l'ONU sur les questions relatives
aux droits de l'homme . Il voulait utiliser son expérience pour fonder une
association et il est allé au gouvernement irakien pour se faire aider, mais il
s'est entendu répondre qu' « il n'existe pas de mauvais traitements dans nos
prisons ». Alors a été organisée une conférence de présentation de l' «
Association des victimes des prisons américaines d'occupation ». Les objectifs
sont de diffuser les informations sur la torture et sur ce qui arrive dans ces
prisons, aider ceux qui sont relâchés et aider les familles à contacter leurs
parents prisonniers. L'association ne s'intéresse pas qu'aux américains. « De
nombreuses prisons sont gérées par des privés, des mercenaires », explique Ali.
« Il y a des gens du monde entier. Il n'y a pas que les américains qui sont
coupables ».

Un crime contre l'humanité

« Ce qui arrive en Irak est une réaction très naturelle à toutes ces violations
» dit Haj Ali. « Ce qu'on apelle violence est une réaction très naturelle ». «
A l'époque de Saddam, il y avait 13 prisons. Maintenant, il y en a 36 gérées
par le gouvernement, et 200 par les milices gouvernementales. Les prisons
irakiennes sont pires, nous avons vu des cas attestés d'ongles arrachés, de
mains écrasées, tout ça avec le consentement des USA ». « Tout ce qui est en
train d'être commis en Irak est aussi un crime contre le peuple européen et
contre le peuple américain. Ils perdent la face. La torture est pratiquée par
toutes les nationalités ». « Je ne blâme pas celui qui enlève un étranger,
parce que c'est une réaction à ce qu'il a subi ». Son association travaille
maintenant sur la réhabilitation physique et psychologique. L'histoire de Haj
Ali n'est pas finie. Le premier et le 2 octobre, il devrait venir en Italie
pour la raconter au mouvement européen pour la paix et contre la guerre. Et il
continuera à la raconter à tous ceux, dans le monde, qui sont disposés à
entendre, de la part d'un témoin direct, des informations sur les méthodes de
torture et sur les abus pratiqués par les américains.

Comité Irak libre Norvège

(nous remercions le docteur Hisham Bustani qui a rendu cette entrevue possible)
Traduit par Marina Impallomeni

 

Par Muratko - Publié dans : muratko
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 20 septembre 2005

 

 http://www.czeczeniawalczy.prv.pl/

 http://www.kwk.boo.pl

http://czeczenia.blog.onet.pl

 

 http://www.czeczenia.org

 

 http://www.greendevils.pl/t_h_c/lekcje_niszczenia/thc_lekcje_2.html

 http://rat.bzzz.net/rat/15/15.html

  

  НОХЧИЙН РЕСПУБЛИКАН ГИМН    


Буьйсанна борз ехкаш дуьненчу девлла тхо,
1уьйранна лом уг1уш тхан ц1ераш техкина.
Аьрзонийн баннашкахь наноша дакхийна,
Тархаш т1ехь дой хьийзо дайша тхо 1амийна.

Халкъана, махкана наноша кхоьллина,
Цаьршинна эшначохь, майра д1ах1иттина.
Ламанан лечарчий маршонехь кхиийна,
Халонех, бохамех курра чекхдийлина.

Мокхаза ламанаш даш хилла лаларах,
Дахарехь, къийсамехь яхь оха д1алур яц!
Бос 1аьржа ва латта молханах лелхарах,
Тхешан сий доьхкина, тхо лаьтта доьрзур дац.

Тхо цкъа а цхьаннена къарделла совцур дац,
1ожалла, я маршо - шиннех цхьаъ йоккхур ю!
Йижараша тхан чевнаш эшаршца ерзайо,
Хьомсарчу б1аьргаша хьуьнаршна г1иттадо.

Мацалло хьовзадахь, орамаш дуур ду,
Хьогалло тхаш б1арздахь, бецан тхин мийра ду!
Буьйсанна борз ехкаш дуьненчу девлла ду,
Халкъана, махкана, Далла а муьт1ахь ду.


Русский перевод

Мы родились в ту ночь, когда щенилась волчица,
Утром, под рев льва, нам дали имена.
В орлиных гнездах вскормили нас матери,
На тучах укрощать коней учили нас отцы.

Нас матери родили для народа и отечества,
И по их зову мы храбро вставали.
С горными орлами мы свободно выросли,
Трудности и препятствия гордо одолевали.

Скорее скалы гранитные, как свинец, расплавятся,
Чем полчища врагов заставит нас склониться!
Скорее земля возгорит во пламени,
Чем мы предстанем могиле, продав свою честь!

Никогда и никому мы не покоримся
Смерть или Свобода - одного из двух добьемся.
Сестры наши раны своими песнями излечивают,
Глаза возлюбленных на ратные подвиги поднимают.

Если нас подавит голод - корни будем грызть,
Если нас одолеет жажда - росу из травы будем пить!
Мы родились в ту ночь, когда щенилась волчица,
Богу, Народу, Отечеству - только им мы служим!


THE CHECHEN NATIONAL ANTHEM

We were born at night, when the she-wolf whelped.
In the morning, as lions howl, we were given our names.
In eagles' nests, our Mothers nursed us,
To tame a stallion, our Fathers taught us.

We were devoted to our Mothers, to people and the Native land,
And if they will need us - we'll respond courageously,
We grew up free, together with the mountain eagles,
Difficulties and obstacles we overcame with dignity.

Granite rocks will sooner fuse like lead,
Than we lose our Nobility in life and struggle.
The Earth will sooner be breached in boiling sun,
Than we appear before the world; losing our honor.

Never will we appear submissive before anyone,
Death or Freedom - we can choose only one way.
Our sisters cure our wounds by their songs,
The eyes of the beloved arouse us to the feat of arms.

If hunger gets us down - we'll gnaw the roots.
If thirst harasses us - we'll drink the grass dew.
We were born at night, when the she-wolf whelped.
God, Nation, and the Native land –
We devote ourselves only to their service.

Par Muratko - Publié dans : muratko
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 12 septembre 2005

 

Premières Rencontres 2005
Belgique – Tchétchénie 

 

 

 

Parce qu’une idée qui ne se régénère pas, dégénère !

 

 

 

Depuis 1993, les Premières Rencontres font l’évènement de la rentrée du Théâtre de Poche. Pour rappel, le festival Premières Rencontres rassemble chaque année les lauréats des écoles francophones de théâtre (INSAS, IAD, Conservatoires de Mons, Liège et Bruxelles). C’est une passerelle pour ces jeunes comédiens qui y font, au sortir de l’école, la rencontre des professionnels du théâtre, de la télévision, du cinéma, des médias et du public.
C’est aussi l’occasion pour eux de faire leurs premiers pas sur une scène professionnelle mais surtout l’occasion d’échanges tant artistiques qu’humains. 

 

 

 

Cette année, en marge d’Europalia Russie, le Théâtre de Poche a proposé à quelques artistes tchétchènes réfugiés en Belgique de se joindre aux jeunes comédiens belges pour créer ensemble, sous la houlette de trois jeunes metteurs en scène, Jean-Michel d’Hoop, Jean-François Noville et Magali Pinglaut, un spectacle-témoignage sur les violations massives des droits de l’Homme perpétrées par le pouvoir et l’armée russes en Tchétchénie occupée. De très beaux textes, de la musique, de la danse, des chants, pour pointer du doigt une sale guerre qui, à force de mutisme, pourrait ne jamais avoir eu lieu.

 

 

 

 Pour dire qu’à l’heure actuelle, Grozny est une ville de décombres, que la Tchétchénie est le théâtre d’une guerre faite de contrebandes, de zatchistka (nettoyage), que les rafles et la mort y sont plus quotidiennes que les légumes sur le marché, que le rançonnage des vivants aussi bien que des morts se pratique de manière courante, que les ONG internationales ne sont plus sur place, pas plus que les observateurs étrangers ou les médias. Qu’il ne reste rien. Sinon le silence d’une Europe qui ruse malicieusement avec l’importance stratégique de la Russie.  
Un silence que nos  Premières Rencontres  entendent bien briser !

 

 

 

Parce que la Tchétchénie, tout le monde s’en fout ! 

On raconte que Prométhée y fut enchaîné, que ce fut la patrie des Amazones. On dit qu’il y existe une indépendance éprouvée depuis plusieurs siècles, que les Russes et les Tchétchènes ne font pas bon ménage (« le seul bon tchétchène est un tchétchène mort » dixit le Général Yermolov en 1812), il est exact que Staline en 1944 déporta toute la population de Tchétchénie vers l’Asie centrale et la Sibérie. Qu’il fallut attendre 1957, sous l’ère de Khrouchtchev, pour que la population revienne, qu’à l’heure où l’empire russe se décline sur le thème de la « chute » (époque  Gorbatchev) - la Tchétchénie revendique son indépendance, que Boris Eltsine entra lentement mais sûrement en guerre avec cette velléité indépendantiste, et qu’en fin de mandat, il présentera son dauphin Poutine en ces termes : « Vladimir  Poutine est la solution finale au problème tchétchène », à quoi l’intronisé répondit aussi sec : « On exterminera ces terroristes jusqu’au dernier et au besoin, s’il en reste un, on le butera jusque dans les chiottes ». Fort d’un 11 septembre venu bien à propos, le nouveau président s’empresse de définir  la Tchétchénie comme un repaire de terroristes auprès d’une Communauté Internationale plus complaisante que jamais face à l’entreprise de destruction de tout un peuple. 

 

 

 

Créé en janvier 2003, le Groupe Tchétchénie rassemble des personnes
qui refusent de voir le conflit sombrer dans l'oubli et la zone grise
de l'information. Estimant que le conflit est lourd en coûts humains,
matériels et politique tant pour la Russie que pour la Tchétchénie,
nous prônons la résolution pacifique de la guerre.

 www.groupetchetchenie.org

  Le Centre des Arts scéniques regroupe l’ensemble des jeunes comédiens diplômés des écoles supérieures d’Art dramatique de la Communauté française. Il s’est donné comme objectif de faciliter leur entrée dans la vie professionnelle.  Il agit comme une structure de services et d’échange de compétences en permettant aux jeunes comédiens de se confronter aux grandes tendances du théâtre contemporain.

 www.arts-sceniques.be

 

 

 

 Du 5 au 17 septembre 2005

Mise en Scène :
Jean-Michel d’Hoop,
Jean-François Noville
& Magali Pinglaut

Direction musicale :
Baudouin de Jaer
Chœurs :
Isabelle Fontaine
Scénographie :
Olivier Wiame
Assistante :
Aline Botteman
 

Le 17 septembre, une après-midi contradictoire consacrée à la Tchétchénie, avec Andreï Babitski, Céline Francis, Mylène Sauloy, Aude Merlin...  La rencontre sera animée par Françoise Nice.
+ SOIREE DE CLOTURE!!!

 
Par Muratko - Publié dans : muratko
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 26 août 2005
 
Par Muratko - Publié dans : muratko
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus