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Samedi 23 avril 2005

Et voilà … le nouveau Pape des catholiques a été élu … très rapidement et à la surprise générale, et les Papa-news continuent d’inonder nos ondes et nos écrans, tant la personne de l’ex-cardinal suscite des critiques profondes provenant tant de l'intérieur de l'église catholique que des laïques.

Ainsi donc le cardinal allemand Joseph Ratzinger succède au défunt Jean Paul II à la tête de l'Eglise catholique. Qualifié d'ultra-conservateur, le nouveau pape, a pris le nom de Benoît XVI. De nombreuses critiques ont troublé le concert de louanges qui a accompagné cette élection.

 

Il semblerait, d’après de nombreux proches et observateurs de la scène catholique, que si Joseph Ratzinger est aujourd’hui considéré comme le chef de file des catholiques radicaux et conservateurs au sein de l’Église catholique, il n’en a pas toujours été ainsi.

Ce ne serait, en effet, qu’à partir de 1968 que Ratzinger, témoin des grandes manifestations étudiantes en Europe en en Amérique ( mai 68' ), se radicalise et prend le parti de défendre la "tradition" contre ce qu’il considère être le chaos, l'anarchie, les déviations libertaires et contre le communisme.

Selon lui, le mouvement étudiant du printemps 1968 est annonciateur des graves dérives modernes immorales que sont le nihilisme et le relativisme.

Les « Théologiens de la libération », qui représentent un courant de gauche fort populaire en Amérique latine, se voient durement pris à partie par le cardinal Ratzinger, qui se considère comme le gardien de la doctrine catholique. Du même souffle, il dénonce prestement l’homosexualité (qu’il décrit comme « une moralité intrinsèquement diabolique ») les mariages gais et ferme la porte aux revendications des femmes pour accéder à la prêtrise.

Plus récemment, l'ex cardinal Ratzinger s’est attiré de nombreuses critiques en refusant de dénoncer, et ce, malgré son apparente rigueur morale, le scandale des prêtres pédophiles aux États-Unis, mais aussi au sein de l'église catholique en Europe, n’y voyant rien d'autre qu’une conspiration des médias.

Il s’est aussi, en 2000, mis à dos les communautés protestantes qui avaient pourtant entrepris depuis plus de 40 ans de se rapprocher de Rome en affirmant la suprématie de la seule église catholique romaine et en dépeignant les Églises anglicanes ou luthériennes comme « déficientes ».

Aujourd'hui même si le nouveau Pape benoit XVI parle de la France ( ou plutôt de l’église catholique française ) avec une certaine "tendresse" commerciale, à mon avis il n’a guère de sympathie vis-à-vis de la laïcité de l’Etat français, bref la République française reste un bastion de la laïcité ( du moins en apparence ) et elle a tout pour déplaire au radical Ratzinger, jadis la France concentrait les haines vaticanes. Dans un mémoire sur les «missions», le RP Schmidlin (Alsacien proche du groupe allemand de la curie) écrivait : «Nous croyons que seules la défaite et l'humiliation de la France peuvent amener sa conversion...» Thème cher à la hiérarchie catholique maréchaliste en 1940.

Benoît XVI, en laissant entendre que Benoît XV fut un apôtre de la paix, nous enfume dans le doute et la contre-vérité historique. Il est assez étonnant qu'un pape allemand et francophobe se réclame d'un pape si éminemment... germanophile. La diplomatie vaticane, qui n'oublie jamais rien, n'oubliera pas de sitôt que la France s'opposa avec vigueur à la mention des racines chrétiennes de l'Europe, et cela les fondamentalistes chrétiens ne peuvent le digérer, car leur conception de l’Europe est totalement autre, par exemple l’intégration de la République Turque n’est pas souhaitable, car en opposition avec la doctrine chrétienne et le concept chrétien de l’Europe, eux voudrait voir l’Union Européenne avec pour épicentre non pas Bruxelles mais bien le Vatican , comme jadis …

 

L’élection au poste de Pape après la mort de Jean Paul II a été parfaitement orchestré et depuis bien longtemps. L’ex-cardinal Ratzinger gérait la vacance du pouvoir depuis au moins un an et a eu l'occasion de montrer à ses collègues cardinaux qu'il avait le profil de l'emploi.

 

L'Eglise essaie de se donner des allures de démocratie pour tenter de gommer son aspect monarchie absolue. Elle a parfaitement su instrumentaliser dans ce sens les journalistes et les médias chargés de l'information religieuse dans les médias catholiques en faisant croire qu'il y avait un débat entre conservateurs et progressistes.

Les quelques rares voix dissonantes qui demandaient plus de collégialité ou une évolution des positions de l'Eglise sur l'éthique ont été très vites réduites au silence par Ratzinger lui-même.

 

Les Polonais regrettent que ce soit un Pape allemand qui eut succédé à leur idole ( car Jean Paul II était plus qu’un Pape pour eux ! ), pour l’instant l’acceuil est serrein, l’attente sera longue et si Ratzinger s’enfonce dans son radicalisme unicentriste les espoirs suscités par Jean Paul II partiront peu à peu en fumée ( blanche ou noire ) ...

 

N'oublions pas que l'ancien Cardinal Ratzinger était à la tête du service inquisitoire de l'église catholique et qu'il ne faut pas s'attendre à des bouleversements révolutionnaires ...

Ratzinger fait partie de cette organisation fondamentaliste et extrêmiste  " Opus Dei " au sein du Vatican, c'est sous le régime fasciste du général Franco, qu'Escriva de Balaguer met en place l'Opus Dei. Le directeur de conscience de Franco entreprend grâce à son organisation de sélectionner et de former les élites de la dictature fasciste espagnole jusqu'à contrôler l'essentiel du pouvoir. Installé par la suite à Rome, au vatican, il s'emploie à étendre son pouvoir en Amérique latine. L'Opus Dei y opère une gigantesque reprise en main des prêtres latino-américains, coupables de partager les analyses sociales et marxistes et de s'opposer aux dictatures catholiques fidèles à l'église et au Vatican.

Monseigneur de Balaguer aurait voulu étendre son "Oeuvre" en Europe mais il en fut partiellement empêché par l'isolement diplomatique de l'Espagne. Ses objectifs étaient de recréer une internationale anticommuniste (comparable à l'alliance Franco-Mussolini-Hitler pendant la guerre civile), de désenclaver l'Espagne franquiste et de favoriser la construction européenne chrétienne anti-laïque.

C'est aussi l'Opus dei qui financa les extrêmistes catholiques croates dans la guerre en Bosnie, elle ferma les yeux sur les camps de concentration croates dans lesquesl les Musulmans Bosniaques étaient internés, les Oustachis ( pro-nazis croates ) ont justement été sauvés par l'Opus dei à la fin de la seconde guerre mondiale, et c'est encore l'Opus dei qui a tout mis en oeuvre pour faire lever les sanctions contre l'Autriche dirigée par l'extrême droite de Jörg Haider, le parti FPÖ ...

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Lundi 18 avril 2005

La Pologne est un pays de croyants. Plus de 90 % des Polonais déclarent croire en Dieu. Cependant guère plus de 50 % admettent pratiquer régulierement, comme se confesser, prendre part aux offices dominicaux, prier quotidiennement. Ils respectent les coutumes liées à la vie religieuse paroissiale comme, par exemple, les visites pastorales annuelles à l' occasion de Noël. Le groupe restant, se définissant comme "croyants - non pratiquants", se cantonne aux formes traditionnelles de religiosité à l'occasion des fêtes de Noël, de Pâques ou lors des cérémonies du baptême, du mariage ou des funérailles..

 

  

Le nombre de Polonais indifférents en matière religieuse ou non intéressés par la vie religieuse s'est accru ces dernieres années. Les sociologues des religions lient ce phénomène à la laïcisation de la société, suscitée par un intense développement économique et par ce qu'on appelle l'attitude consumériste.

 

Il existe actuellement en Pologne cent trente huit églises ou associations confessionnelles officiellement enregistrées.

La majorité des croyants (environ 95 % de la société) se rattachent à l'Eglise catholique. Parmi les quatre rites, ukraino-byzantin, néo-uniate, arménien et latin, c'est le dernier qui compte le plus de membres avec, pour 1998, plus de 35 millions de fidèles pour 9990 paroisses et environ 28 000 clercs.


Il existe aussi en Pologne des Églises Vieilles Catholiques (non liés à l'Église catholique romaine) : l'Église Vieille Catholique Mariavite et l'Église polonaise - catholique. .. Elles rassemblent toutes ensemble plus de 88 000 personnes.

 

 

De plus existent encore quelques autres groupements à caractere religieux : l'Association Confessionnelle Musulmane (Islam), l'Association des Communes Confessionnelles Juives (Judaïsme), l'Association Confessionnelle des Caraites-Karaim (cette religion est un syncrétisme judaico-islamique que confessent les représentants de la minorité ethnique Turque en Pologne et en Lituanie) ainsi qu'un groupe assez important d'organisations s'apparentant aux religions orientales, comme l'Association Internationale pour la Conscience de Krishna et l'Association Bouddhiste.

 

" Chez les nouveaux membres issus de l'ancien bloc de l'Est , le nombre de croyants est largement plus élevé que dans la majorité des pays occidentaux ", estime Tadeusz Szawiela, sociologue de religion à l'Université de Varsovie.

Cela est lié non seulement à l'histoire mais aussi au rôle de l'église en tant que "bunker" moral sous les régimes communistes ou la religion avait été bannie de la scène politique ( du moins en théorie en Pologne ).

La référence à la religion chrétienne , à Dieu est une priorité pour les populations de la plupart de ces anciens pays satellites de l'URSS, une conception laïque est chose nouvelle et inquiétante à leur yeux, mais cela reviendrait à tout remettre en question au sein de l'U.E., puisqu'alors le Vatican jouerait un rôle politique sans commune mesure et ce serait surtout une régression par rapport à toutes les évolutions difficiles qu'à traversé le vieux continent.

Comme l'affirme Marta Wrzosek dans son étude sur le catholicisme en Pologne, la notion de Polonais-catholique représente un élément particulier et a joué un grand rôle dans la  construction de la religion publique ( et d'état ) en Pologne. Les fondements en ont été posés dès avant la période dite des « Partages ». A cette époque, la Pologne était un état multiethnique et multiconfessionnel, ayant des conflits militaires avec la Turquie musulmane, la Russie orthodoxe et la Suède protestante. Ces confrontations ont constitué la première étape de l’émergence d’un lien entre l’identité nationale et religieuse chez les Polonais. Puis, au cours de la période des Partages du XIXème siècle, les autorités russes et prussiennes avaient mis en place des politiques visant à la subordination de l’Eglise catholique. Pour les prussiens, cette politique relevait d’un Kulturkampf qui, dans la région de la Grande Pologne (Wielkopolska), visait à la germanisation des Polonais. Dans le cas des autorités russes, le traitement de l’Eglise catholique était lié à une politique de russification. Compte tenu du fait que les conquérants russes et prussiens n’étaient pas catholiques, le lien entre le catholicisme et identité nationale polonaise s’est peu à peu imposé, jusqu’à la création de la notion de Polonais-catholique. Un sentiment de mission envers les autres nations s’est en outre développé. L’Eglise a donc acquis dans ces conditions un rôle non seulement religieux, mais aussi politique et culturel

Le caractère particulier de la religiosité polonaise est son lien avec les pratiques religieuses et les rites chrétiens tels que les pèlerinages dans des lieux saints, des processions liturgiques (par exemple lors de la Fête-Dieu), les retraites de l'Avent et du Carême, les fêtes patronales paroissiales. Le culte de Marie, Mère de Dieu, vénérée dans l'icône de la Vierge Noire de Jasna Góra à Częstochowa, ou de Notre-Dame des Douleurs à Licheń et dans de nombreux santuaires plus petits, éparpillés à travers le pays entier, joue un rôle tout spécial .

 

La mort de Jean-Paul II a soulevé en Pologne une intense émotion et laissé un grand vide. L’émotion se dissipe peu à peu, mais très lentement ... les chaînes de TV continuent leurs émissions spéciales dédiées au pape polonais ce qui a pour effet une amplification de l'émotion et d'une certaine hystérie au sein des plus fervents croyants. Quant au vide, il reste. Et il sera difficile à combler pour l’Église de Pologne, tant ce pape restait présent dans la vie de son pays d’origine.

Mais ce vide pourrait aussi être comblé par des opportunistes et des populistes politico-religieux qui surfent sur la vague émotionelle depuis la mort du Pape, il est inutile de mentionner l'impact du mouvement catholique fondamentaliste représenté par "radio Maryja", les représentants de cette vision fondamentaliste trouvent que depuis 1989, l’Eglise est encore plus persécutée que pendant le communisme, cette fois par les libéraux-démocrates qui utilisent des moyens plus subtils que leurs ennemis d’hier. Selon leur vision du monde, le complot antichrétien est omniprésent . Ils ne cachent pas leur admiration pour le modèle de l’Etat confessionnel.    

De plus, selon eux, être "Polonais" est inséparable du fait d’être "catholique". Cette vision du catholicisme est très influente en Pologne, avec la vision traditionaliste . C’est cette vision qui est prêchée par Radio Maryja et Nasz Dziennik, et aussi par des revues qui se réfèrent à la tradition de la Démocratie Nationale d'avant-guerre.

 

  



«C’est vrai que, durant vingt-six ans, nous vivions dans l’attente de l’opinion du pape. C’est lui qui décidait. Il nous faut apprendre à nous passer de lui. Il nous l’a d’ailleurs demandé lors de son dernier voyage en Pologne. Il est temps pour nous de devenir adulte», note Krzysztof Kozlowski, rédacteur en chef adjoint de l’hebdomadaire catholique de Cracovie Tygodnik Powszechny.

Le problème posé par le décès de Jean-Paul II est particulièrement important pour le long terme. «Durant son pontificat, il avait une vision pour le futur de l’Église qu’il transmettait aux évêques, lesquels avaient plutôt tendance à la reproduire, explique Marcin Przeciszewski, rédacteur en chef de l’agence catholique d’informations KAI. Aujourd’hui, on a l’impression que les évêques ont des difficultés pour formuler une vision pour les dix ans à venir.»

 

 

Il st difficile de critiquer le Pape surtout dans son propre pays , mais certains le font courageusement pour certains honteusement pour d'autres.

 

L'hebdomadaire satirique polonais "Nie" vient de publier un pamphlet contre Jean Paul II, sous la plume de Jerzy Urban, ancien porte-parole du gouvernement communiste.

Déjà condamné en janvier dernier à une amende pour "offense au pape" dans son journal, ce dernier critique le "deuil total" en Pologne après le décès du pape, en le comparant à celui décrété pour Staline en 1953.

"En déclarant la guerre aux préservatifs, le pape faisait obstacle à la lutte contre le sida en Afrique. Mais, heureusement pour lui, on ne pourra jamais compter les victimes de cette politique de l'Eglise, comme on comptabilise les pertes humaines provoquées par d'autres dirigeants", écrit notamment Jerzy Urban pour qualifier la position du pape face au préservatif.

Il est vrai que les critiques viendront dans les semaines et mois à venir, le silence du pape , de l'église concernant le divers scandales liés à la pédophilie, le soutien à certains dictateurs comme Pinochet ( car bon catholique ! ) ne sera pas à comptabiliser au bilan positif ... mais chaque chose en son temps!

 

N'oublions pas que le Mgr Escriva de Balaguer fonda, pendant la guerre civile espagnole, une confrérie catholique secrète, l'Opus Dei (Œuvre divine) pour combattre les communistes, les anarchistes et les francs-maçons. Après la Seconde Guerre mondiale, l'Opus Dei s'intalla à Rome et agrégea autour d'elle tous les anciens réseaux religieux fascistes nazis et oustachis ( pro-nazis croates ). Elle exfiltra les criminels les plus voyants vers l'Amérique latine et participa à l'instauration de diverses dictatures catholiques. Simultanément, elle s'adapta aux régimes  socio et chrétien-démocratiques en Europe et aux États-Unis, réussissant à s'infiltrer dans les rouages économiques et politiques du pouvoir, la banque du Vatican a financé beaucoup de régimes dictatorieux et fascistes, et des guerres à travers le monde. Cette organisation extrémiste et fondamentaliste chrétienne pousse aujourd'hui à la "guerre des civilisations" contre l'Islam.


 

Ce qui est encore plus choquant c'est que Mgr de Balaguer, le directeur de conscience des époux Franco et du général Pinochet, le boucher du Chili, a été canonisé par Jean-Paul II le 6 octobre 2002.

 

le comble du malheur c'est que Jean-Paul II constitua presque exclusivement son cabinet d'opusiens et s'employa à casser toute résistance au sein de l'Eglise. Pour cela il fit isoler - "pour raison de santé" - le supérieur des jésuites, Pedro Aruppe, et nommer un administrateur provisoire de leur ordre en la personne d'un opusien, le père Dezza. Mais il n'osa pas dissoudre la compagnie de Jésus. Il opéra une gigantesque reprise en main des prêtres latino-américains, coupables de partager les analyses sociales et marxistes et de s'opposer aux dictatures catholiques.

 

Daniel Cohn-Bendit (Verts), député européen, a déclaré jeudi que le pape Jean-Paul II "a fait du bien et du mal en même temps", ayant été à la fois "un révolutionnaire" et "un réactionnaire".
"Le pape était, pour la lutte contre le communisme, un révolutionnaire et pour le social, c'était un réactionnaire. Il a fait du bien et du mal en même temps", a-t-il dit sur LCI.

A la veille des obsèques de Jean Paul II, Daniel Cohn-Bendit a demandé aux "télévisions, radios, hommes politiques de parler et du bien et du mal".

Selon lui, "ceux qui sont morts du sida à cause de l'interdiction" de l'Eglise d'utiliser le préservatif "ont payé très cher ce qu'a fait ce pape". "En même temps, il a aidé à ce que le communisme s'effondre", a-t-il dit.

 

 

Jean Paul II était considéré dans sa patrie comme l'autorité morale suprême, incontestable et incontestée, à laquelle ses compatriotes pensent devoir la chute du communisme en Europe. L'élection de Karol Wojtyla à la tête de l'Eglise catholique avait donné un coup de fouet extraordinaire au patriotisme des Polonais, leur redonnant espoir et dignité.

Lors de son premier retour au pays, "n'ayez pas peur" avait répété Jean Paul II, et les Polonais commencèrent à ne plus avoir peur du régime communiste. Un an plus tard, les ouvriers grévistes du littoral de la Baltique accrochaient son portrait à la grande porte des chantiers navals de Gdansk. Ils créaient Solidarnosc, le premier syndicat indépendant des pays communistes. Et début 1981 Lech Walesa faisait son premier voyage à l'étranger... au Vatican.

"Jean Paul II a bouclé une certaine époque. La nouvelle époque qui s'ouvre, c'est celle des contestataires de la mondialisation et de l'Union européenne. On aurait bien besoin qu'il reste encore avec nous, qu'il nous parraine, qu'il nous donne des leçons et des avertissements", avait déclaré L. Walesa après un moment de prière ...

( dans Lemonde.fr )

 

 

Et voilà … le nouveau Pape des catholiques a été élu … très rapîdement à la surprise générale, et les Papa-news continuent d’inonder nos ondes et nos écrans, tant la personne de l’ex-cardinal est remplie de points d’interrogation.

 

Même si le nouveau Pape benoit XVI parle de la France ( ou plutôt de l’église catholique française ) avec une certaine tendresse , à mon avis il n’a guère de sympathie vis-à-vis de la laïcité de l’Etat français, bref la République française reste un bastion de la laïcité ( du moins en apparence ) et elle a tout pour déplaire au radical Ratzinger, jadis la France concentrait les haines vaticanes. Dans un mémoire sur les «missions», le RP Schmidlin (Alsacien proche du groupe allemand de la curie) écrivait : «Nous croyons que seules la défaite et l'humiliation de la France peuvent amener sa conversion...» Thème cher à la hiérarchie catholique maréchaliste en 1940.

Benoît XVI, en laissant entendre que Benoît XV fut un apôtre de la paix, nous enfume dans le doute et la contre-vérité historique. Il est assez étonnant qu'un pape allemand et francophobe se réclame d'un pape si éminemment... germanophile. La diplomatie vaticane, qui n'oublie jamais rien, n'oubliera pas de sitôt que la France s'opposa avec vigueur à la mention des racines chrétiennes de l'Europe, et cela les fondamentalistes chrétiens ne peuvent le digérer, car leur conception de l’Europe est totalement autre, par exemple l’intégration de la République Turque n’est pas souhaitable, car en opposition avec la doctrine chrétienne et le concept chrétien de l’Europe, eux voudrait voir l’Union Européenne avec pour épicentre non pas Bruxelles mais bien le Vatican , comme jadis …

 

L’élection au poste de Pape après la mort de Jean Paul II a été parfaitement orchestré et depuis bien longtemps. L’ex-cardinal Ratzinger gérait la vacance du pouvoir depuis au moins un an et a eu l'occasion de montrer à ses collègues cardinaux qu'il avait le profil de l'emploi.

 

L'Eglise essaie de se donner des allures de démocratie pour tenter de gommer son aspect monarchie absolue. Elle a parfaitement su instrumentaliser dans ce sens les journalistes et les médias chargés de l'information religieuse dans les médias catholiques en faisant croire qu'il y avait un débat entre conservateurs et progressistes.

Les quelques rares voix dissonantes qui demandaient plus de collégialité ou une évolution des positions de l'Eglise sur l'éthique ont été très vites réduites au silence par Ratzinger lui-même.

 

Les Polonais regrettent que ce soit un Pape allemand qui eut succédé à leur idole ( car Jean Paul II était plus qu’un Pape pour eux ! ), pour l’instant l’acceuil est serrein, l’attente sera longue et si ratzinger s’enfonce dans son radicalisme unicentriste les espoirs suscités par Jean Paul II partiront peu à peu en fumée ( blanche ou noire ) .. ;

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Jeudi 14 avril 2005

Avant d'aborder le sens même de la réécriture de l'histoire, j'aimerai me pencher sur le terme même d'histoire, car elle prête très souvent à confusion.

Qu'est-ce que réellement l'histoire ?

Sans trop rentrer dans le détail pour certain ce n'est que de l'histoire ancienne, dans souvenirs de cours barbants à l'école, de vieux livres poussiéreux ennuyants ... etc ... pour ma part je trouve l'Histoire passionante, à condition qu'elle le soit également ..; l'histoire rien qu'une une histoire de temps ?!

Pafff le pavé a été jetée dans la marre aux canards , plsu rien ne peut retenir le débat ..; oui mais quel débat ? peut-il y en avoir un sur ce qui est passé? ..; eeeeet ..; est-ce ce dont nous voulons débattre a-t-il réellement eu lieu ???

Ici et maintenant commence l'histoire. Le spontané, l'immédiat, le présent sont le commencement de l'histoire. Le passé est une préface, qui, comme toutes les préfaces, est écrite après coup, dans l'avenir, dans la réflexion, dans la médiation. Le présent commence l'histoire, et le passé donne du temps à ce commencement. 

Ce mouvement est le mouvement déterminant de l'histoire : le passé est une projection du présent, le passé commence dans son avenir, le présent, et non pas l'inverse. L'histoire est une progression vers l'origine. Cette conception dialectique de l'histoire n'est pas neuve puisque Schiller et Hegel l'enseignaient couramment. Mais le positivisme matérialiste a depuis imposé sur les esprits une autre perspective de l'histoire et du temps : le commencement de l'histoire y est en bas et derrière ; le présent y est le point le plus élevé et le plus avancé ; et l'avenir est la suite, comme en pointillé, de cet escalier régulier, infini et immuable. Dans cette progression par paliers se dessine la synthèse vectorielle de la vision du temps véhiculée par les religions chrétienne et musulmane : alors que pour les chrétiens le passé est derrière et l'avenir devant, pour les musulmans la progression dans le temps est verticale, le passé est dessous et l'avenir dessus. Ainsi, l'escalier triomphal du positivisme économique satisfait à la fois ces deux visions dans les moments sans histoire, et les déçoit tout autant dans les moments où, soudain, les humains la font

Le commencement de l'histoire, le présent, est donc toujours le même, et toujours changeant. Chaque nouveau commencement de l'histoire corrige en apparence car transforme en réalité tout le temps connu. La nuit des temps, l'origine du temps, est à réaliser. C'est-à-dire que le présent va produire ce début à sa fin. Dans cet avenir où le présent, le commencement de l'histoire, contiendra entièrement le passé, il contiendra entièrement l'avenir. La fin de l'histoire comme fin du temps est logique à condition que l'histoire commence ici et maintenant. Cependant, l'histoire n'est pas, comme le laisse supposer son commencement, une succession de commencements dont chacun anéantit le précédent. Au contraire, du fait que chaque commencement historique particulier, chaque présence de l'histoire, contredit la totalité précédente, il est aussi contredit par la totalité, cette généralité dont l'histoire est le mouvement des déterminations. En même temps que cette division révèle la nouveauté, le nouveau commencement de l'histoire est à tel point imprégné du passé qu'il en semble le résultat. Ce n'est que lorsque la nouveauté que révèle cette brutale division dans le temps transforme tout le passé que l'unité du commencement historique particulier et de la totalité précédente se réalise dans leur dépassement, comme détermination de la totalité revenue de sa division. Or, ici et maintenant, jamais ce mouvement ne s'accomplit dans cette simplicité abstraite et théorique. Car en vérité, ici et maintenant est d'abord la négation d'un mouvement abstrait qui serait infini. Tout dans l'histoire est singulier. L'histoire peut même être considérée, par ceux qui veulent la saisir au moment où elle paraît, comme la singularité de la singularité

 

Mais par dessus tout , l'histoire est considéré par nous tous comme étant l'histoire de ce qui a été, c'est le passé ..; c'est aussi une suite de mythes ( l'histoire n'en manque pas ! ), ainsi donc l'histoire nous apparaît ( dans notre onconscient collectif ) comme une déchéance temporelle et nous ne nous donnons alors pas la peine de vérifier quotidiennement son contraire ( bref ce qui a été est peut ce qui n'a pas été !! ) car nous nous persuadons que le monde ne change pas, ne changera plus ...  une simple ligne , très longue qui a un début, c'est en cours ... oui mais l'histoire a t-elle une fin ???

Là l'histoire se complique un peu, car c'est la relation au temps qui fait défaut ... et nous risquons tous de nous retrouver dans une faille spatio-temporelle ... la fin de l'histoire est-elle possible ? est-ce raisonnable de la penser ?

Pourquoi pas ?

L'idée de sens de l'histoire et celle, qui lui est souvent associée, de fin de l'histoire n'ont guère trouvé de défenseurs parmi les philosophes les plus marquants du XXe siècle, mais  beaucoup de philosphes se sont tout de même penchés sur la question ... Karl Marx par exemple pense la fin de l'histoire humaine en avançant la théorie de la lutte des classes, c'est-à-dire qu'avec la victoire de la classe laborieuse, celle des possédés sur les possédants le moteur de l'histoire , autrement dit avec la fin de la lutte des classes l'histoire humaine s'arrêtera aussi ... car rien en pourra faire tourner ce moteur impitoyable ...

Les quinze dernières années les évènements bouleversants sont venus contredire cette théorie honorable,les années 1990 ont vu inopinément renaître le débat autour de cette question, nous pouvons même parler d'une projection Nietszchéenne, car c'est finalement l'éternel recommencement du même ...

Par moment j'ai l'impression de voir et revoir des remakes, de maucais remakes ...

Si l'Histoire est racontée par l'histoirien il n'est cependant pas le principal acteur, il n'est que le conteur, l'homme est le principal acteur et rouage essentiel du mécanisme historique, l'histoire est autant faite par ceux qui la racontent que par ceux qui la font. L'histoire étant le mouvement de l'esprit, ceux qui en transmettent consciemment les déterminations, les historiens, contribueraient bien autant à l'histoire que conquérants et bâtisseurs, qui en fournissent, en quelque sorte, l'étoffe.

Ce qui est remarquable n'est pas tant l'embarras de devoir justifier le rôle déterminant de ceux qui racontent l'histoire que le constat, déjà si éloigné des Anciens, que l'histoire, le débat spirituel de l'humanité, peut être conduit par d'autres que ceux qui le rédigent. Le monde est déjà un monde de disputes, de conflits, de "clash" en tous genres où la parole, même celle qu'utilise le philosophe, est reconnue n'être qu'un moyen du débat.

Or s'il l'on parle de l'Histoire il y a des mondes, des humanités , et une histoire peut-être racontée de diverses façons, donc nous pouvons dorénavant parler des Histoires parrallèles et qui se croisent de temps à autre.

Donc raconter ou prétendre raconter une histoire reviendrait à dire que d'office nous falsifions par la narratyion l'histoire originelle car ne la comparant pas avec les autres histoires parrallèles nous n'avançons que notre part de " vérité " historique, notre vision des choses ...

Ici se pose le problème de réécriture de l'Histoire :  Dans son roman "1984", G. Orwell critique violemment la réécriture permanente du passé. A cette pratique stalinienne s'oppose le credo de l'idéologie dominante d'aujourd'hui, le principe d'une histoire objective, d'un passé dont il serait en quelque sorte possible de fixer scientifiquement les termes d'une manière définitive. Au contraire, le passé n'est pas seulement repensé, mais se découvre, et par conséquent se modifie à la lumière du présent. Le débat sur l'humanité change constamment d'arguments, de verbe, de champs de bataille, d'armes, de protagonistes et de perspectives, et donc de méthodes et de moyens d'observer, même d'exprimer le passé, tous nécessairement subjectifs. Ce qui différencie cette réécriture du passé de celle critiquée dans "1984" est que cette dernière est policière. Elle détruit et interdit celles qui l'ont précédée, ce qu'Orwell dénonce fort justement comme excès de mensonge, comme un anéantissement de l'histoire ; alors que la réécriture de l'histoire passée, qui est nécessaire au parti qui fait l'histoire, est la confrontation constante de toutes les contradictions de sa propre opération, du passé et du présent, de la connaissance et de l'ignorance, de la nouveauté et de son dépassement. 

 

Nous sommes à un moment ou à un autre autre tenté de réécrire, de repenser notre passé, au niveau communautaire, national etc ... mais cela est une erreur, aujourd"hui l'histoire est sans cesse repensée, modifiée, réécrite ... nous ne modifions pas seulement notre théorique "passé" mais aussi notre présent et cela nous empêche de penser le futur ...

 

Je me souviens d'un slogan écrit sur un mur de belfast " History is written by the winner "

 

Regardons un peu autour de nous, analysons les images qui nous sont imposées à la TV, dans les magazines, alors nous comprendrons mieux la valeur de ce message !

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Dimanche 3 avril 2005

Les années passent, les modes changent, aux modernismes succèdent les post-modernismes, aux libéraux succèdent les ultras libéraux les post sociodémocrates, aux démocrates de droites succèdent les démocrates de la droite ultra et nationaliste, les uns se ressemblent aux autres, un mélange qui donne le tournis à tout un chacun ... les dictatures sont remplacées par des dèmocradures, le keynésianisme par le néo-libéralisme, le mur de Berlin par le mur de l'argent et d'autres murs de la honte ... la guerre est remplacée par une autre, on n'en manque jamais de guerres ..; et la mort omniprésente, le souffle de la mort n'a jamais été aussi gratuite qu'aujourd'hui, la mort n'a jamais rapporté autant qu'aujourd'hui le mensonge n'a jamais été aussi bien maquillé que de nos jours... le mensonge cette éternelle répétition du même ...

La grande illusion est une réalité, tout n'est pas sombre loin de là mais que d'illusions, plus grands sont les piliers du temple et plus grand est le mensonge !

Le message de Che Guevara, du légendaire "Comandante" trente années plus tard, contient un noyau incandescent qui continue à brûler, le Che a été assassiné, il n'est pas mort au combat et son assassinat est avant tout un acte politique, comme il y a peu l'assassinat du président Tchétchène en exil Aslan Maskhadov, et bien d'autres encore ...

Mais un assassinat politique est-il vraiment un acte qui met fin à une action politique, un mouvement social, une philosophie, une idéologie socio-politique ? ... selon moi absolument pas si le message qui en émane est un message universel et civilisateur ( dans le bon sens du terme et non pas dans le sens colonisateur et religieux comme au siècle dernier!! ), il y a révolution et révolution, tout comme existe des révolutionnaires et des révolutionnaires, Ernesto Che Guevara lui était un vrai de vrai, un révolutionnaire convaincu à 100 %, c'était un homme de terrain, proche de ses hommes , fidèles à ses idéaux, à sa philosophie, fidèle à lui-même prêt à tout moment au sacrifice ne se souciant pas de sa personne pourvu que la révolution triomphe ...

Bien entendu on peut ne pas partager les idées du Che mais son personnage me fascine, l'homme me fascine son hombre me hante et je dois dire que je respecte ce grand personnage hors du commun qui bien qu'ayant commis des erreurs reste une légende à mes yeux, une légende vivante car tout personnage vit dans les coeurs, dans les souvenirs le Che n'a pas d'âge, un peu comme James Dean mort trop jeune.

 

 

Il y a quelque chose de fascinant dans la vie et le message de ce révolutionnaire médecin asthmatique dès son plus jeune âge, une vie passionante durant laquelle il aurait pu travailler paisiblement dans un hopital de Buenos Aires, il aurait pu être auprès des siens, être auprès de sa mère qu'il aimait tant, mais la découverte de la réalité sud-américaine durant son voyage à moto à travers l'Amérique latine a complètement changé le destin ( ou était-ce écrit d'avance ? ) la vie de ce jeune médecin argentain, mais latino américain avant tout.

Le film " carnets de voyage " ou " The Motorcycle Diaries " / " Diarios de motocicleta" de Walter Salles ( Grande Bretagne , 2004 ) applaudi au festival de Cannes en 2004 montre très bien cette lente transformation idéologique, celle de deux jeunes qui découvrent un sens à leur vie, au gré des rencontres, non seulement avec les autochtones, mais aussi avec la nature et avec une certaine réalité sociopolitique, encore d'actualité, car la plupart des problèmes structurels et sociaux qui les avaient alors frappés n'ont toujours pas été résolus, à l'heure du modernisme. Ce qui confère à ce récit un caractère contemporain. Très vite, le mythe du Che s'efface derrière une humanisation du personnage. Calme et timide, piètre danseur, asthmatique, mais avant tout proche de son prochain, et sensible aux injustices qu'il lui est donné de découvrir, Ernesto apparaît comme un jeune homme sincère et plein de vie, à l'instar de son compagnon de route, Alberto, plus hâbleur, roublard et volontiers séducteur.

Gael García Bernal (izq.) y Rodrigo de la Serna en una escena de la película. Foto: Cortesía  http://www.motorcyclediaries.net Carnets de Voyage 

Le message, la vision; le combat du Che restent d'actualité, car les fléaux que le Comandante combattait n'ont pas vraiment disparu, bien au contraire les problèmes ont enpirés, et avant tout le fossé entre les possédants et les possédés s'est d'avantage creusé malgré beaucoup d'efforts de la part d'hommes et de femmes de bonne volonté et conscients des maux du "peuple humain" , le matérialisme et le manque d'empathie n'a fait que croître ... le combat du Che continue !


Dans toutes les manifestations de la mouvance révolutionnaire en Amérique Latine au cours des 30 dernières années, de l'Argentine au Chili, du Nicaragua à El Salvador, du Guatemala au Mexique, on perçoit les traces, tant visibles, tant invisibles, du "guévarisme". Elles sont présentés aussi bien dans l'imaginaire collectif des combattants, que dans leurs débats sur les méthodes, la stratégie et la nature de la lutte. On peut les considérer comme des semences qui ont germé, pendant ces trente dernières années, dans la culture politique de la gauche latino-américaine, produisant des branches, des feuillages et des fruits. Ou comme un des fils rouges avec lesquels on tisse, de la Patagonie au Rio Grande, les rêves, les utopies et les actions révolutionnaires.


Le Che n'a pas été seulement un combattant héroïque, mais aussi un penseur révolutionnaire, le porteur d'un projet politique et moral, d'un ensemble d'idées et valeurs pour lesquelles il a lutté et donné sa vie. La philosophie qui donne à ses options politiques et idéologiques sa cohérence, sa couleur, sa température, est un profond humanisme révolutionnaire. Pour le Che, le véritable communiste, le véritable révolutionnaire était celui qui considère les grands problèmes de l'humanité comme ses problèmes personnels, celui qui est capable de "sentir de l'angoisse quand on assassine un homme quelque part dans le monde et d'être exalté quand se lève quelque part un nouveau drapeau de liberté".


 Il y a une phrase de José Marti que le Che citait souvent dans ses discours, et qu'il appelait "le drapeau de la dignité humaine" : "Tout être humain véritable doit sentir dans son visage le coup donné au visage d'un autre être humain ". La lutte pour cette dignité est un principe éthique qui va l'inspirer dans toutes ses actions, depuis la bataille de Santa Clara jusqu'au dernier combat désespéré dans les montagnes de Bolivie. C'est un terme important dans la culture latino-américaine. 

Il faut peut-être chercher son origine dans le Don Quichotte, œuvre que le Che lisait dans la Sierra Maestra, dans les "cours de littérature" qu'il donnait aux recrues paysannes de la guérilla et héros avec lequel il s'identifiait, ironiquement, dans la dernière lettre à ses parents. Mais cette valeur n'est pas pour autant étrangère au marxisme. N'est-ce pas Marx lui-même qui écrivait dans son article "Le communisme de l'Observateur Rhénan" (septembre 1847) : "Le prolétariat a besoin de sa dignité encore plus que de son pain " ?

L'internationalisme du Che - à la fois mode de vie, foi séculaire, impératif catégorique et patrie spirituelle - a été l'expression combative et concrète de cet humanisme révolutionnaire et marxiste. 

Ses idées sur le socialisme et la démocratie étaient encore en évolution au moment de sa mort, mais on observe clairement dans ses discours et écrits une prise de position de plus en plus critique envers l'auto-intitulé "socialisme réel" des héritiers du stalinisme. Dans son célèbre "Discours d'Alger" (février 1965) il appelait les pays qui se réclamaient du socialisme à "liquider leur complicité tacite avec les pays exploiteurs de l'Ouest", qui se traduisait dans les rapports d'échange inégal avec les nations qui essayaient de se libérer du carcan impérialiste. Il ajoutait ceci : "Le socialisme ne peut exister s'il ne s'opère dans les consciences une transformation qui provoque une nouvelle attitude fraternelle à l'égard de l'humanité, aussi bien sur le plan individuel dans la société qui construit ou qui a construit le socialisme que, sur le plan mondial, vis-à-vis de tous les peuples qui souffrent de l'oppression impérialiste ".

 

Mais sa réflexion - évidemment inachevée - est aussi problématique à plusieurs égards. Moins par ce qu'elle dit, que par ce qu'elle ne dit pas, ce qu'elle tait : la question de la démocratie socialiste. Ce n'est pas que les arguments du Che Guevara en défense de la planification économique contre les catégories marchandes soient faux : au contraire, ils gagnent une nouvelle actualité face à la vulgate néo-libérale dominante aujourd'hui. Mais ils laissent dans l'ombre la question politique clé : qui planifie ? Qui décidé des grands choix du plan économique ? Qui déterminé les priorités de la production et de la consommation ? Sans démocratie véritable - c'est-à-dire sans :
a) pluralisme politique ;
b) discussion libre des priorités et
c) libre choix par la population entre les diverses propositions et plate-formes économiques alternatives ; la planification devient inévitablement un système bureaucratique, autoritaire et inefficace de " dictature sur les besoins ", comme le montre abondamment l'histoire de l'ex-URSS. En d'autres termes : les problèmes économiques de la transition au socialisme sont inséparables de la nature du système politique. L'expérience cubaine au cours des vingt dernières années a révèle, elle-aussi, les conséquences négatives de l'absence d'institutions démocratiques/socialistes - même si Cuba a pu éviter les pires aberrations bureaucratiques et totalitaires des autres États dits "socialistes réels".

8 octobre 1967 : une date qui restera pour toujours dans le calendrier millénaire de la marche de l'humanité opprimée vers son auto-émancipation. Les balles peuvent tuer un combattant de la liberté mais non ses idéaux, ses espoirs, ses rêves. Ceux-là lui survivront, quand ils germeront dans la conscience des générations qui reprennent la lutte. C'est ce qu'on découvert, pour leur rage et déception, ceux qui tuèrent Emiliano Zapata, Rosa Luxembourg, Léon Trotsky et Ernesto Che Guevara.

 

Le monde d'aujourd'hui, après la chute du mur de Berlin, la fin des régimes autoritaires en Europe de l'Est, le triomphe de la globalisation capitaliste et l'hégémonie des idéologies néo-libérales et néo-conservatrices américaines, le retour en force des religions, les coups d'états sous formes de mouvements de réformes démocratiques, les guerres de préventions , les bombardements de "libération", semble se trouver à des années lumière de celui qui a vu vivre et lutter Ernesto Guevara. Cependant, pour ceux qui ne croient pas à la pseudo-hégélienne " fin de l'histoire ", ni à l'éternelle pérennité de l'économie de marché capitaliste/libérale, pour ceux qui refusent les injustices sociales criantes et la marginalisation des peuples du Sud par le "nouvel ordre mondial fasciste ", le message humaniste et révolutionnaire du Che reste une fenêtre ouverte sur l'avenir.

 

Comandant je te salue !


Par Muratko Muratko - Publié dans : muratko
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Dimanche 3 avril 2005

Ernesto Che Guevara Lynch de la Serna urodził się jako wcześniak 14 VI 1928 roku w miejscowości Rosaria w Argentynie. Pochodził z arystokratycznej rodziny, wśród której przodków spotykamy peruwiańskiego wicekróla i powszechnie szanowanego generała argentyńskiego. Ponieważ Ernesto był chory na astmę i często zapadał na zapalenia płuc, rodzina Guevarów przeprowadziła się do Alta Gracia u podnóża gór Sierra de Cordoba. Ojciec Che pracował przy budowie statków, a jego matka zapewniała mu naukę. Lewicowe poglądy Guewarów, dzieła Marksa i Engelsa, które czytywał, wywarły na niego ogromny wpływ i one to uczyniły zeń rewolucjonistę. 

W 1946 roku Che postanowił studiować medycynę na uniwersytecie w Buenos Aires. Gdy miał 18 lat wojskowa komisja lekarska orzekła o jego niezdolności do służby wojskowej. Jednak jak się później okaże komisja poborowa myliła się. 

W 1951 roku Che wraz ze swym bliskim przyjacielem Albertem Grando wyruszył w podróż po Ameryce Południowej na motocyklu pieszczotliwie nazywanym La Poderosa II.

W 1953 r., dwa miesiące po obronie pracy dyplomowej na temat alergii, opuścił Argentynę i wraz ze swym przyjacielem Carlosem Ferrerem, udał się do Boliwii. W tym samym roku Che Guevara przybywa do Gwatemali, gdzie zostaje doradcą prezydenta Jacoba Arbenza, do spraw reformy rolnictwa. Zamach stanu na rząd Arbenza wyzwala w Che działacza. Po raz pierwszy włącza się do ruchu oporu. Guevara ze wszystkich sił zagrzewał do walki mieszkańców Gwatemali, na próżno. Po objęciu władzy przez Armasa, zostaje wydany na niego wyrok śmierci, i Che musi przez dwa miesiące ukrywać się w ambasadzie Argentyńskiej. Che wyjeżdża do Meksyku, gdzie zgłębia teorię rewolucji. W Meksyku również poznaje Fidela Castro i dołącza do niego. W tym samym czasie żeni się z peruwiańską rewolucjonistką Hildą Gadeą i przychodzi na świat ich córka Hildita, nazwana tak na cześć matki.

Wywiad meksykański aresztuje grupę kubańskich uchodźców pod przywództwem Fidela Castro. Castro, Che i inni towarzysze trafiają do więzienia, jednak dzięki łapówkom i naciskom z radzieckiej ambasady, zostają zwolnieni. W 1955 roku Che wraz z Castro i 82 rebeliantami wyrusza na pokładzie jachtu Granma na Kubę w celu obalenia dyktatury Batisty. Jednak żaden z rebeliantów nie był dobrym żołnierzem, ani żeglarzem i już przy pierwszym sztormie z pokładu jachtu zmyło połowę zapasów. Jacht przybija, więc do błotnistego brzegu w mangrowym lesie w pobliżu gór Sierra Maestra. Jednak początek kampanii nie przebiega zbyt pomyślnie dla partyzantów. Popełniają wiele prostych błędów, co prawie doprowadza do rozwiązania oddziału. Przykładem takiej bitwy była bitwa stoczona 5 XII 1956 r. pod Alegria de Pio, gdzie to wojska Batisty zaatakowały odsłonięty obóz rebeliantów, wybijając prawie wszystkich. Przeżyło zaledwie dwunastu rewolucjonistów. Podczas walk w Sierra Maestra Che napisał kilka książek dotyczących walki partyzanckiej, były to „Wojna partyzancka „ i „Epizody wojny rewolucyjnej”. Jednak od 1957 roku sytuacja zaczęła się zmieniać, do oddziału zaczęli dołączać okoliczni mieszkańcy. I tak już wzbogacony o nowych żołnierzy odział zaczął odnosić pierwsze sukcesy. Jednym z nich było zdobycie koszarów La Plata. Od tej chwili zaczyna się prawdziwa walka. Do oddziału przyłączają się chłopi ,Castrowi udaje się zdobyć znaczną ilość broni ,odziały partyzanckie odnoszą coraz większe sukcesy w walkach z wojskami Batisty. Zwycięstwo w El Uvero ,gdzie partyzanci pokonali mały garnizon umożliwiło wyparcie oddziałów wroga do podnóży gór Sierra Maestra. Po tej bitwie Che zostaje mianowany comandante – co było najwyższym stopniem w wojskach rebeliantów. Che zostaje również dowódcą drugiej kolumny Armii Partyzanckiej. 

W 1959 i po stworzeniu przez Castra rządu rewolucyjnego zostaje prezesem kubańskiego Banku Narodowego. W 1961 zostaje ministrem przemysłu ,a po nieudanej amerykańskiej inwazji w Zatoce Świń jeździ po świecie jako „wędrowny” ambasador Fidela Castro. Podczas sprawowania funkcji ministra przemysłu ,próbuje wprowadzić szereg reform (np. reformę agrarną) ,jednak większość z nich kończy się wielka klęską. Che zaczyna powoli porzucać radzieckie wzorce ideologiczne ,skłania się do reżimu Chińskiego. Jednak Che był „wiecznym rewolucjonistą” , nudziła go praca za biurkiem ,wolał działać niż tylko przemawiać. W 1965 roku odzywa się w nim dusza partyzanta i wyjeżdża do Konga aby organizować tam rewolucję ,która niestety kończy się fiaskiem i Che musi chronić się w kubańskiej ambasadzie w Tanzanii. Dzięki Fidelowi i zwierzchnictwu ZSRR udaje mu się wrócić na Kubę. Jednak pragnie dalej organizować „światową rewolucję” ,i w 1966 roku wyjeżdża do Boliwii.

7 XI 1966 roku rozpoczyna działania partyzanckie w Boliwii ,w okręgu Santa Cruz. Lecz po bohaterskich i długich ,trwających 11 miesięcy walkach zostaje ranny i pojmany, po ostatniej walce w kanionie Yuro. Dzień później 8 X 1967, zostaje rozstrzelany w budynku szkolnym w Higueras ,sześcioma strzałami z karabinu maszynowego. Po egzekucji jego zwłoki zostały przewieźone helikopterem do Vellagrande ,gdzie je umyto i wystawiono na widok publiczny ,aby wszyscy mogli zobaczyć ,że największy rewolucjonista nie żyje. 

Podczas przeszukiwania ,Che Guevary żołnierze Boliwijscy znaleźli przy nim dwa dzienniki zapisane strona po stronie. Był to dziennik prowadzony przez Guevarę podczas trwania całej kampanii ,dzięki temu dziennikowi możemy dowiedzieć się jak wyglądała organizacja i życie partyzantów. Fotokopia dziennika została przekazana do Hawany ,gdzie opublikowano ją i nadano jej tytuł „Dziennik z Boliwii”. Rok po jego śmierć przez świat przetacza się fala buntów i zamieszek studenckich. Che stał się symbolem walki o pokój i równość na świecie. Utożsamiano go nawet z Chrystusem. Na niejednym plakacie możemy go ujrzeć z aureolą nad głową. Mimo to ,że Che zginął młodo (bo w wieku 39 lat) ,stał się przykładem dla innych ludzi. Jak powiedział Fidel Castro w przemówieniu na cześć Che ,po jego śmierci: "Jeżeli chcemy wyrazić jacy mają być ludzie w przyszłości, musimy powiedzieć: chcemy, żeby byli jak Che. Jeżeli chcemy powiedzieć, jak mają być wychowane nasze dzieci, musimy bez wahania powiedzieć: chcemy aby były wychowane w duchu Che." 


                     „Hasta la Victoria Siempre”

                  ”Zawsze naprzód do zwycięstwa”

 

Polecam web strone : www.echeguevara.com.ar

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Par Muratko Muratko - Publié dans : muratko
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