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Dimanche 4 février 2007

 

 

Timur Mucurajew -  piosenka
"Mamo przyjedź"

Mamo przyjedź - proszę - i zabierz mnie stąd.
Żywego, a choćby martwego, lecz zabierz stąd mnie.
Mamo ja płonę! Płonących zwłok wkoło mdły swąd,
Warczących psów głodna gromada w strzępy mnie rwie.

Miasto śmierci, miasto płomieni.
I cóż, że noc... Tu nocą jaśniej, niż we dnie.
Tu góry trupów rosną w krąg, ciało na ciele,
I śmierć za każdym rogiem na nas czai się.

O dobry Boże! To przecież nasze czołgi!
Trzysta płonących maszyn pośród ruin tkwi!
Podnoszę oczy, a na dachu liter szereg,
"Witamy w piekle, chłopaki!" - napis brzmi.

Mamo przyjedź - proszę - i zabierz mnie stąd.
Żywego, a choćby martwego, lecz zabierz stąd mnie.
Mamo ja płonę! Płonących zwłok wkoło mdły swąd,
Warczących psów głodna gromada w strzępy mnie rwie.

I cóż caryco dumna wszystkich wojsk - piechoto!
Jeszcze nadzieję masz, by cało z tego wyjść?
Mudżahedini w bój rzucają się z ochotą -
Ochotnikami tu są oni, a nie my.

Trep przerażony wrzeszczy: Wstawajże żołnierzu!
Otwieraj oczy! Czemu trzęsiesz się jak liść?!
Weź no się w garść i dalej, jazda do ataku!
- Na Boga, zlituj się dowódco, nie każ iść...

Mamo przyjedź - proszę - i zabierz mnie stąd.
Żywego, a choćby martwego, lecz zabierz stąd mnie.
Mamo ja płonę! Płonących zwłok wkoło mdły swąd,
Warczących psów głodna gromada w strzępy mnie rwie.

Cel zero osiem! Silnika tylko nie gaś!
Ej, Wańka, popatrz no dokoła, zobacz tam!
Nie zastanawiaj się za dużo, tylko strzelaj,
Choć nie do wiary, żeby to pomogło nam.

Moździerze ogniem z każdej strony nas witają,
I nie wie nikt, jak do milczenia zmusić je.
Wszak samoloty nawet rady im nie dają.
Cóż nam zostało - w strachu czekać na swą śmierć.

Mamo przyjedź - proszę - i zabierz mnie stąd... [ref. 2x]

 

 

Par Muratko - Publié dans : muratko
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Mardi 23 janvier 2007

 

Je l'ai appris un peu par hasard ou peut-être pas vraiment par hasard ... comme chaque matin

avant d'aller au boulot j'ai ouvert la porte de ma petite cuisine, j'ai ouvert le poste radio ... il y était

question du décompte macabre du "N"ième attentat à Bagdad et du reste et l'annonce ou le rappel

de LA nouvelle du jour,
le décès de l'abbé Pierre ... je me suis arrêté ( j'étais en train de préparer du café ) ...

j'ai ressenti beaucoup de tristesse, puis je me suis rassis ...
en silence, je continuai a écouter les nouvelles et recherchai une station qui devait certainement

donner une émission spéciale en mémoire à l'abbé Pierre,  je savais qu'il était déjà très vieux, et

que tôt ou tard il s'en irait, c'est notre lot à tous, mais il est toujours difficile d'encaisser le départ

d'une personne qu'on aime et qu'on respecte ...
j'ai pensé à tous ceux que l'abbé avait aidé et sauvé de la misère, qu'allaient-ils faire maintenant ?!
C'est un peu simplet comme réflexion mais il était tellement présent dans ce combat
humain et humaniste qu'est le combat pour le droit au logemnt, son "permis de vivre"
... si après un demi siècle l'abbé Pierre malgré son âge avancé poursuivait son
combat c'est que cette lutte pour le droit aux plus pauvres ne venait à peine de
commencer et qu'il était assez seul ... mais oui, bien évidement depuis 1954 il y
a eu bien d'autres organisatsions qui ont pris le relais, l'abbé a été épaulé par
bien des personnalités françaises et étrangères ... mais lui le résistant, le
combattant de la misère se sentait bien seul dans son combat.

Hier soir, j'ai regardé le film qui lui avait été consacré, "hiver 1954, l'abbé Pierre"
magnifiquement interprété par Lambert Wilson ... j'avais lors de la première retransmission
du film raté le début ... cette fois-ci je n'ai pas raté une seule seconde du film.

L'abbé Pierre est mort au moment même où les pouvoirs publics français voulaient
rendre effectif un principe pour lequel il s'est battu toute sa vie : le droit au logement.
Je n'arrive pas à imaginer que dans un pays riche, oui très riche même, comme la
France des gens continuent à se battre pour avoir un droit à la vie, c'est-à-dire
un droit au logement car sans logement pas d'adresse, sans adresse pas de travail,
pas de travail ...  et sans travail et étant dans la rue, démuni ... et bien tu crèves
incognito un soir d'hiver!

 

 

 

 

 

Jusqu'au crépuscule de son existence, il a défendu les sans-abri et les mal-logés,
les démunis, ceux que la société ne voulait pas voir,ceux qu'on essaie d'éviter même
du regard dans la rue, l'abbé Pierre s'est battu jusqu'au bout.
Même diminué, il avait tenu, en janvier 2006, à se rendre à l'Assemblée nationale
pour s'opposer aux députés qui voulaient vider de sa substance la loi obligeant
plusieurs centaines de communes à construire des logements sociaux sur leur territoire.
L'abbé Pierre est mort, lundi 22 janvier, à 5 h 25 à l'hôpital du Val-de-Grâce, à Paris,
où il avait été admis huit jours plus tôt. Il avait 94 ans.

 
 
J'ai revu des reportages et une émissionsur France 2 qui l'ui était consacré, un débat
entre des gens illustres qui le connaissaient de son vrai nom,Henri Grouès a toujours
été un résistant.
Depuis lonttemps il appelait la mort la "rencontre avec l'Amour absolu.", il disait
encore ceci: "Notre sœur la mort"
Henri grouès est né à Lyon, le 5 août 1912, dans une nombreuse (huit enfants), riche
et pieuse famille bourgeoise.
Après il opte, à 19 ans, pour l'ordre des capucins – distribuant sa part d'héritage
aux nécessiteux de Lyon –, il faut toute la persuasion de son directeur pour qu'au
bout de sept ans Henri Grouès se résigne à quitter la vie monastique, sous peine
d'y laisser sa santé. Mais, répétera-t-il, "si je n'avais pas eu ce désert de vie,
de renoncement permanent dans l'Amour, dans la perception de l'Adorable, je n'aurais
pas pu traverser ma vie ultérieure sans être brisé".

La maladie s'acharne : vingt-deux mois d'hôpital, six opérations, entre 1954 et 1958,
lorsqu'il s'écroule d'épuisement physique et psychique, après cette folle période qui
a vu, selon son expression, "l'insurrection de la bonté" en faveur des sans-logis.
Beaucoup plus tard, l'abbé Pierre souffrira de la maladie de Parkinson, dont les
médecins stopperont l'évolution. En 1991, il sera la victime d'un accident cardiaque.

Ironie du sort, une diphtérie le sauve, durant l'été 1943, quand il est transporté en
clinique, peu avant que la Gestapo ne fasse irruption dans son presbytère, à Grenoble,
où il a été nommé vicaire, après avoir été ordonné prêtre en août 1938. Grenoble est
la plaque tournante de son activisme de l'ombre : il participe à des coups de main,
crée le premier refuge pour réfractaires au STO, fonde un journal clandestin, L'Union
patriotique indépendante.
Arrêté et évadé deux fois, il rencontre le général de Gaulle à Alger le 17 juin 1944.

Le gouvernement provisoire le nomme aumônier général de la marine. Des tâches d'information
l'amènent à parcourir, en 1945, l'Afrique francophone.
Sa prédiction s'est réalisée : gamin, il avait claironné qu'il serait "missionnaire, marin
ou brigand". "Brigand", il se réjouissait de l'avoir été aux yeux de la Gestapo et de
la police de Vichy.

Parce qu'il a, pratiquement jusqu'au bout, déployé une énergie étonnante, et parce qu'il
a traversé le XXe siècle, la précarité de sa santé était méconnue de l'opinion.
Car cette fragilité n'a presque jamais empêché l'abbé Pierre de monter en première ligne
pour appuyer une cause et même d'observer encore, à 70 ans passés, des grèves de la faim
pour dénoncer une injustice. Les repos forcés ne pouvaient pas, chez lui, être oisifs.
Témoin, la révélation de sa vie : à Pâques 1927, de retour d'un pèlerinage à Rome, il
éprouve, en priant à Assise, une exaltation "indescriptible", qu'il ne s'explique pas.
L'illumination naît peu après, au cours d'une convalescence, à la lecture d'un gros
ouvrage sur saint François d'Assise.
Henri Grouès a à peine 15 ans. Son chemin spirituel est tracé.
Bâtir, encore et toujours, devient l'altruiste obsession de l'abbé Pierre.
Poussé par ses amis résistants, il est élu, à la Libération, député indépendant de
Meurthe-et-Moselle (il rejoint le MRP en 1946, puis la Gauche indépendante socialiste en
1950 avant d'être battu en 1951).
Pour être proche du Palais-Bourbon, il retape, à Neuilly-Plaisance (Seine-Saint-Denis),
un pavillon délabré, qui devient un lieu de réunion pour des équipes ouvrières et une
auberge de jeunesse.

A l'été 1949, c'est la rencontre, dans le voisinage, avec un ex-bagnard qui a tenté de
se suicider. "Moi, je n'ai rien à te donner, lui dit l'abbé Pierre. Toi, tu n'as rien à
perdre puisque tu veux mourir. Alors, donne-moi ton aide pour aider les autres."
Georges sera le premier compagnon d'un havre qu'à Pâques 1950 l'abbé Pierre baptise
"Emmaüs", en référence à l'Evangile (Luc, 24).
Georges se souviendra : "Ce qui me manquait, ce n'était pas seulement de quoi vivre,
c'était aussi des raisons de vivre."


Une petite communauté se forme, née du hasard et de la nécessité, sans que l'abbé Pierre
l'ait conçue comme un projet, encore moins comme une œuvre de charité.
Les débuts sont aventureux : repris de justice, alcooliques, miséreux; promiscuité, bagarres,
dénuement.
Les pionniers d'Emmaüs n'étaient pas des enfants de chœur; ils se sont révélés hommes de cœur.
N'était admis que celui qui acceptait de travailler plus que pour sa seule subsistance.
L'abbé Pierre avait une devise, "Hommes debout", et une maxime : "La lutte pour mon pain,
ce peut être du matérialisme; la lutte pour le pain des autres, c'est déjà du spiritualisme."


Une famille, expulsée en plein hiver est recueillie en 1951. Les compagnons lui érigent un abri.
Leur vocation de bâtisseurs est née. Elle ne s'exerce pas toujours dans les règles de l'art
et de la législation, mais les autorités ferment les yeux, déchargées à bon compte d'un milieu
que l'on ne nomme pas encore le quart-monde, mais qui y ressemble comme deux fleurs de misère.
Le bouche-à-oreille et… les services sociaux dirigent des sans-logis vers Emmaüs.
Baraquements en bois ou en tôle, puis petites maisons en dur s'élèvent à Neuilly-Plaisance,
à Pontault-Combault, au Plessis-Trévise. Mais la trésorerie de la communauté est souvent à
sec et l'abbé Pierre mendie sur les Grands Boulevards à Paris.
Cela donne l'idée à deux de ses compagnons d'enseigner autour d'eux leur savoir-faire : les
chiffonniers d'Emmaüs prennent ainsi place aux côtés des bâtisseurs ; quelque 150 familles
sont tant bien que mal relogées. Par la puissance de sa colère et de son message, l'abbé Pierre
va provoquer un raz-de-marée de générosité en France durant l'hiver 1954.

L'abbé Pierre le ressassera : sans l'obscur labeur accompli depuis 1949, sans la solidité
des liens tissés au quotidien, "rien ne se serait produit cinq ans plus tard". Emmaüs ne
serait pas passé, selon sa formule, "des catacombes à la vaticanisation", essaimant dans
le monde entier pour compter aujourd'hui 350 communautés, dont 110 en France.

L'abbé Pierre n'avait pas conservé, de la bienfaitrice déferlante de 1954, que des images
heureuses. Plus encore que les graves ennuis de santé qui en étaient résultés, il déplorait
alors sa "tumultueuse célébrité" et décidait de s'éclipser du champ médiatique français.
Pendant trois longues décennies, on ne le reverra que très épisodiquement sous le feu des
projecteurs, pour s'indigner de "la détresse du peuple bengali" (1971) ou de la "tragédie
des boat people" (1979). Il visite, en y travaillant souvent de ses mains, les communautés
Emmaüs dans 35 pays, donne de multiples conférences, se rend aux Etats-Unis et au Canada,
où, devant des parterres médusés, il fustige les nantis et exhorte la jeunesse à se mobiliser
"non pour l'argent, mais pour l'Amour".
Il élabore un "manifeste universel", adopté en 1969 à Berne par la première assemblée mondiale
d'Emmaüs.
Cette profession de foi prescrit, dans son article premier, que soient "servis premiers les
plus souffrants".
En la rédigeant, l'abbé Pierre s'est souvenu de son père qui, le dimanche matin, allait laver
et raser les indigents.

Phénomène rarissime : lorsqu'il revient, en 1984, à l'âge de 72 ans, sur le devant de la scène
publique, la mémoire collective se rappelle d'emblée ce visage diaphane aux joues mangées d'une
barbe qui a blanchi, ce regard bleu en constante alerte et interrogation, cette frêle silhouette
coiffée d'un éternel béret, revêtue d'une soutane dont l'abbé Pierre n'a jamais, par commodité,
abandonné le port, cette pèlerine jetée en coup de vent sur les épaules, ces gros souliers
autrefois maculés de la boue des bidonvilles et cette voix de tribun qui contraste tant avec
ce profil transparent. Tout se passe comme si, au fil du temps, les générations s'étaient
inconsciemment transmises le message du 1erfévrier 1954. Trente ans après, le fondateur d'Emmaüs
retrouvait immédiatement l'oreille de la jeunesse française.

Une sombre histoire, en 1984, le décida, malgré lui, à un médiatique retour en force.
L'école parisienne Hypérion était fortement soupçonnée par les autorités italiennes d'être une
base des (anciennes) Brigades rouges.
L'un de ses enseignants, Vanni Mulinaris, en voyage à Udine (Frioul), est arrêté et incarcéré sous
l'accusation de terrorisme. L'abbé Pierre connaît personnellement ce professeur; pour lui, il s'agit
d'une "violation des droits de l'homme".
Il harcèle les pouvoirs publics des deux côtés des Alpes. Vanni Mulinaris est libéré, après trois
ans de prison, sans jugement.

La même année, au Palais des congrès à Paris, devant 3 000 personnes muettes d'attention, l'abbé
Pierre s'insurge cette fois contre "le scandale de la destruction des surplus agricoles" et il
annonce l'instauration de la première banque alimentaire française. Coluche s'en inspira dès 1985
pour créer les Restaurants du cœur. Imperméable à l'humour du fantaisiste, mais sensible à sa
mordante lucidité, l'abbé Pierre soutint son initiative.
En mars 1986, Michel Colucci frappa à sa porte pour lui remettre un chèque de 1,5 million de francs.
Trois mois plus tard, Coluche se tuait à moto. L'abbé Pierre a célébré la messe des funérailles.

L'un et l'autre ont été des phénomènes médiatiques. A son corps défendant, estimait le fondateur
d'Emmaüs. Au soir de sa vie, il confiait : "Je suis las de tout ce qui m'a mis en spectacle", et
il reniait son propre "mythe". Il avait sollicité les médias en 1954, ceux-ci ne devaient plus
lui laisser de répit, trente ans plus tard, jusqu'à ce qu'il prenne, à partir de 1994, quelque
distance avec la télévision. Au cours d'une émission publique, il avait été hué, pour la première
fois, par une sotte partie de l'assistance, pour avoir, restant dans son rôle de prêtre, déclaré
que "la fidélité" demeurait le meilleur rempart contre les maladies sexuellement transmissibles.

Mais, surtout, pendant cette décennie (1984-1994), il a été la conscience de la société française.
Pour lui, c'était "un devoir" de s'enflammer devant stylos, micros et caméras, dès que pointait
le spectre d'une injustice. "Voix des hommes sans voix", comme il aimait se définir, ses colères
étaient toujours spontanées. Elles ont fait réfléchir et fléchir plus d'un responsable politique,
de gauche comme de droite. Le 14 juillet 1992, promu grand officier de la Légion d'honneur à la
veille de son80 e anniversaire, il refusait de porter l'insigne tant que trois cents familles
africaines, mises à la rue et campant depuis trois mois sur l'esplanade de Vincennes, ne seraient
pas relogées. Dans les 24 heures, le gouvernement socialiste de Pierre Bérégovoy mettait deux
immeubles inoccupés à leur disposition.


Le 18 décembre 1994, l'abbé Pierre accompagnait des militants de Droit au logement (DAL) qui
envahissaient un bâtiment de la rue du Dragon, à Paris (6e). Dans la soirée (un dimanche), il
était reçu par le premier ministre, Edouard Balladur, qui garantissait la non-intervention des
forces de l'ordre. Le lendemain, Jacques Chirac, alors maire de Paris, renchérissait – en pleine
campagne présidentielle, il est vrai –, en accédant à une revendication de DAL : une ordonnance
de 1945 sur la réquisition de locaux vacants était remise en vigueur.

L'abbé Pierre était un politique habile. Il savait jouer de son charisme sans céder aux sirènes
politiciennes. "On me dit 'de gauche', ça me fait sourire. Droite, gauche, je n'en sais rien, a-t-il
écrit dans Testament. Mon choix est de montrer la réalité telle qu'elle est et de faire percevoir
les priorités." Son indépendance d'esprit lui a permis, au fil des scrutins, d'interpeller les
candidats sur le sort des plus démunis, notamment lors des divers projets de loi contre l'exclusion.

Il commit un faux pas lorsque, en avril 1996, il apporta son soutien au philosophe négationniste
Roger Garaudy. Cruelle et douloureuse aberration : celui qui, entré dans la Résistance dès juillet
1942, avait sauvé de nombreux juifs en les faisant passer en Suisse et en Espagne; celui qui avait
toujours pourfendu les idées d'extrême droite, comparant publiquement Jean-Marie Le Pen à Mussolini;
celui qui proclamait qu'"être raciste, c'est se tromper de colère"; celui-là même s'égarait, à
l'âge de 83 ans, dans une cause antisémite. Certes, après trois mois d'une pénible polémique, l'abbé
Pierre exprimait un total repentir. Mais un trouble profond avait été jeté, pas seulement chez les
croyants.

Par la suite, ses interventions publiques se firent de moins en moins fréquentes à mesure que le
poids des années s'alourdissait. Mais il trouvait, de temps à autre, suffisamment de forces pour
prendre la défense des déboutés du droit au logement. En juin 1999, il attira l'attention du maire
de Paris sur le sort d'une quarantaine de familles qui campaient dans le 11e arrondissement de Paris.
En novembre 2002, il se rendit à Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), dans un bidonville occupé par des
familles roumaines, afin de dénoncer le projet de loi de Nicolas Sarkozy sur la sécurité intérieure.
il lança, du Trocadéro, en février 2004, un nouvel appel en faveur des plus démunis, fustigeant l'égoïsme
de ceux qui empêchent les réquisitions d'habitations vides et la construction de logements sociaux.

Le fondateur d'Emmaüs portait un regard clairvoyant sur la société, sur l'évolution des mœurs et de
la sexualité. Reconnaissant sans fausse pudeur que "le plus douloureux à vivre, ce fut vraiment le
vœu de chasteté, qui conduit à renoncer à la tendresse d'une femme", il prenait en compte le vécu
humain, qu'il s'agisse de la contraception, de l'avortement ou de l'usage du préservatif pour se
protéger du sida : "Risquer de contaminer quelqu'un sciemment, jugeait-il, c'est criminel."
Ni sa sensibilité aux troubles de la société ni ses franches critiques à l'égard des fastes de
l'Eglise catholique ne lui ont jamais fermé les portes du Vatican. Il a été fraternellement reçu
par tous les papes de l'après-guerre. "Vous êtes mon charbon ardent", lui avait dit Mgr Roncalli,
alors nonce à Paris, futur pape Jean XXIII. L'abbé Pierre a aussi dialogué avec la plupart des
grands de ce monde, prêchant pour un gouvernement fédéral à l'échelle planétaire, "respectueux
des diversités humaines, mais capable d'imposer une loi commune minimum".

L'abbé Pierre a été l'un des tout premiers à comprendre que la pauvreté nécessitait une approche
fondamentalement différente d'un assistanat paternaliste, voire humiliant. Le fondateur d'Emmaüs
ne parlait pas souvent de Dieu avec ses compagnons, mais il leur avait révélé ses "trois certitudes".
"Malgré toutes les atrocités, malgré la souffrance de tant d'hommes et de femmes (…), oui, je
crois que l'Eternel est Amour quand même, que nous sommes aimés quand même et que nous sommes libres quand même.".

L'abbé Pierre est allé à la rencontre de l'amour absolu ... reposes en paix  homme de foi, reposes

en paix frère des hommes ... la relève sera assurée ... un homme est tombé, un autre prendra sa place ...!

Par Muratko - Publié dans : muratko
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Lundi 25 décembre 2006

 

Cher tous, Cher lecteur/lectrice blogeur,

 

à Toi qui lira ces quelques mots je te présente mes meilleurs voeux pour le nouvel an ...

 

Cette année 2006 aura été pour moi l'occasion  de me rendre compte que le monde vit de plus en plus dans le virtuel, la répétition des mensonges n'aura jamais été aussi massive qu'en 2006, les banques n'ont jamais autant amassés de profits et pourtant l'argent manque, les SDF sont de plus en plus nombreux dans les rues de Bruxelles ou de Paris, j'ai beaucoup vopyagé en cette année qui se termine, je me suis rendu dans plusieurs ville au Benelux, en Pologne, en Allemagne, en Angleterre en Turquie, que de pessimisme, c'est dire l'impact des mass médias ...

Pourtant les chiffres devraient être au beau fixe car jamais les échanges  commerciaux n'auront été aussi fructueux, jamais il n'y a eu autant de fusions de groupes industrielles et autres multinationales, les entreprises commerciales depuis belle lurette dictent leur lois sur ce marché mondial appellé " petit village ", globalisation oblige ... ceux qui s'y opposent sont traités de débiles ou ex-gauchistes revanchards ... pourquoi ne pas voir dans ce mouvement d'opposition à l'exploitation de l'humanité par certains groupes un mouvement humain pour l'humanité ?!

La politique en France bat de son plein, jamais une campagne pour les présidentielles n'aura été aussi démagogique que cette lutte entre la gauche qui n'est plus réellement une gauche et une droite populiste emmené par un débile comme Sarkozy, par débile j'entends un dangeureux personnage capable d'endosser n'importe quel rôle pourvu qu'il arrive à ses buts, l'émotion en politique il faut ebsolument s'en méfier ... le populiste Sarkozy est capables des pires pîtreries pourvu qu'il devienne président de la France, je n'ose imaginer ce Sarkozy en tant que président ... Sarkozy règne avec la peur, Sarkozy aime les médias il reste sur la scène grâce aux médias, il fait semblant de rélgler certains problèmes, il remue le couteau dans la plaie, Sarkozy n'aime pas la critique il déteste l'opposition ... Sarkozy n'est pas pro-eurpéen il est pro français pourvu que l'Europe soit française ... au lieu de lutter contre sa "racaille" il ferait mieux de lutter contre la pauvreté, contre les inégalités sociales, contre la mafia, contre les préjugés, non, lui le Sarko il préfère faire dans le bluff ... il s'attaquent aux bagagistes de confession musulmane pour prétendre faire quelque chose pour la sécurité des Français ... il est dangeureux ce sarko ... il est prêt à tout, c'est le copain de Poutine àprès tout, comme Chirac qui tient tantôt un discours sur les droits de l'home et tantôt va descernner la légion d'honneur au boucher des Tchétchènes, V. Poutine, oui le génocide des Tchétchènes c'est une affaire intérieur russe, tout aussi bien que le général russe Patrouchev celui-là même  qui a reçu une légion d'honneur il y a deux ans de cela était l'homme qui avait ordonné de rasage de la capitale de Grozny, ainsi donc le massacre des civils tchétchènes aura été récompensé par deux fois à Paris ... Sarkozy rêve d'être le père fouetard de ces Français qui n'en finissent pas de rêvasser au bon vieux temps des colonies françaises ... après tout la colonisation et son action civilisatrice ça n'avait pas que du mauvais, hein ? ...

L'Europe en panne, elle ne fait plus rêver, elle n'a plus de vision à long terme, elle construit des murs, elle s'encre dans ces fameuses valaurs chrétiennes, alors qu'on nous raboche la tête avec des bobards sur les droits universelles de l"homme, sur la justice, sur le droit etc ... bref que des bobards, la seule loi c'est le capital !

Il aura fallut la candidature de la Turquie et le processus de négociation en vue de son intégration dans l'U.E. pour que des hommes se rappellent ces famauses valeurs de l'Europe, bref ces famauses valeurs tout le monde ne parle mais personne ne nous dit de quoi ils s'agit et la droite chrétienne tire sur la sonnette d'alarme comme au bon vieux temps des croisades ...

Déçidemment j'ail'impression que cette deuxième  guerre mondiale n'aura vraiment pas servit à grand chose ... l'homme ne tire aucune leçon du passé, hier la judéophobie aujourd'hui l'islamophobie ... les acteurs restent les mêms , ces acteurs se présentent mêmes en tant que victimes, c'est toujours de la faute des autres ... c'est ainsi que je l'observe, ici à Bruxelles ... y'a du fric mais c'est rempli de mendiants et de SDF ... mais de grâce que personne ne  prétende que ces SDF ont un trésor caché ou qu'ils aiment jouer au SDF ... c'est une honte dans une ville pareille, c'est une honte pour Bruxelles et la Belgique de ne pas pouvoir s'occuper de ces SDF ... et pourtant elle fait la morale aux autres Etats ...

Les Musulmans, certes ont des droits, mais ils sont en liberté surveillée, est-ce cela le progrès ?

Autant de luttes sociales pour en arriver là ? Des dingues se font sauter en l'air en Irak et ce sont aux Musulmans de Belgique d'en payer les pots cassés? A vrai dire ... la raison est toute autre, elle est enfuie dans le subconscient collectif, on aura du mal a s'en sortir ... la société a besoin de rapport dominant-dominé, mais les temps ont changés et les dominés n'acceptent plus de l'être ...

Beaucoup de choses se sont passés en 2006 ... catastrophes naturelles, disparitions de personnalités illustres, d'êtres chers, en Russie rien ne va plus, ou plus exactement ça va très bien pour certains et toujours plus mal pour d'autres, le calvaire des Tchétchènes continue dans la plus grande des impunités avec la complicité des USA et de l'Europe, Poutine impose sa dictature de la LOI ... cette Loi qui ne connaît que peu de  règles et qui fonctionne à plusieurs degrés, les nationaux-fasictses quadrillent les rues de St-Pétersbourg, de Moscou et des autres villes de province, ils y font régner la terreur, agressent quotidiennement les non-russes, ceux qui dévient, les opposants dans une impunité parfaite avec la complicité des forces de "sécurité", Anna Politkovskaya est assassinée dans son immeuble, l'ex-agent du KGB, l'opposant à Poutine Mr Litvinenko est à son tour assassinée par empoisonnement au polonium, et l'occident ferme toujours les yeux ... c'est qu'elle à peur de monsieur Poutine, l'ancienne garde veut sa revanche ... si ça continue elle l'aura et nous imposera son nouvel ordre !

 

Alors que souhaiter pour 2007 ?

rien ... vraiment rien de spécial ... sinon une santé d'enfer ... et soyez encore là pour 

2008 ! 

 

 

Par Muratko - Publié dans : muratko
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Jeudi 12 octobre 2006

 

(Novaïa gazeta, p. 2, 12-15.10.2006)

                                                                                 

                                                                              Ania

 

                                                                               Nous te désignons "terroriste"

                                                                   La politique antiterroriste dans le Caucase

  

 

 

          

                                                                                  Anna Politkovskaïa

 

 

        Tous nous demandent si le meurtre d'Anna Politkovskaïa est lié à l'article qu'elle préparait sur les tortures et qu'elle avait annoncé à Radio Liberté le jeudi 5 octobre, la veille de sa mort. Nous publions aujourd'hui sur cette page des extraits de deux articles encore inachevés par notre commentatrice. Le premier comportait des témoignages de première main sur l'utilisation de la torture, confirmés par des constats de médecins, le second était des photos pour un autre article à écrire. Sur la disquette dont elle disposait (nous invitons l'homme qui lui a transmis l'enregistrement vidéo à se faire connaître), figurent des scènes de torture d'inconnus. Ce sont les bourreaux eux-mêmes qui ont pris les photos. Comme on peut le supposer, ce sont des agents de l'une des structures tchétchènes de maintien de l'ordre.

 Все нас спрашивают: связано ли убийство Анны Политковской с подготовкой ею материала о пытках, который она анонсировала на радиостанции «Свобода» в четверг, 5 октября, за день до смерти. Сегодня на этой полосе мы публикуем фрагменты двух материалов, не законченных нашим обозревателем.
       Первый — текст со свидетельством из первых уст о применении пыток, подтвержденных данными медиков.
       Второй — снимки — основа для другого, несуществующего текста. На диске, который оказался у Политковской (мы просим откликнуться человека, который ей передал видеозапись), — пытки неизвестных граждан. Съемку осуществляли сами палачи. По предположению — сотрудники одной из чеченских силовых структур.

 

 

 

La rédaction

   

        Des dizaines de dossiers sont devant moi tous les jours. Ce sont des copies des pièces de procès pé­naux intentés contre des personnes purgeant des peines d'emprison­nement pour "terrorisme" ou faisant l'objet d'une enquête à ce titre.

        Pourquoi le mot "terrorisme" est ici entre guillemets ? Parce que la majorité écrasante de ces gens sont des terroristes désignés. Et cette pratique de "désignation de terro­ristes" non seulement n'a pas éliminé avant 2006 une quelconque lutte anti-terroriste, mais elle a fait apparaître d'elle-même des gens qui voulaient se venger, des terroristes potentiels. Quand la prokuratura et les tribunaux ne travaillent pas au nom de la loi et pour condamner les coupables, mais pour une machination politique et pour gagner des épaulettes en rendant des comptes qui plaisent au Kremlin en matière de lutte antiterroriste, on fabrique des affaires pénales comme des petits pains.

       La chaîne mise en place pour "organiser des aveux sincères" garantit parfaitement de bons chiffres de la "lutte antiterroriste" dans le Caucase du Nord.

       Voilà ce que des mères d'un groupe de jeunes Tchétchènes condamnés m'ont écrit : "EN fait, ces colonies de redressement sont devenues des camps de concentration pour les condamnés tchétchènes. Ceux-ci subissent une discrimination pour des raisons nationales. On ne laisse pas sortir des cellules d'isolement et des cachots. La plupart d'entre eux, sinon la totalité  sont condamnés pour des "affaires" fabriquées sans preuve. Comme ils se trouvent dans des conditions cruelles, qu'ils sont humiliés, ils se mettent à tout haïr. En effet, c'est toute une armée qui revient chez nous avec des destins brisés et des conceptions perverties…"

        Pour dire la vérité, je crains leur haine, j'en ai peur, parce qu'elle finira par s'exprimer. Tôt ou tard. Et ils deviendront tous es=excessifs et non les enquêteurs qui les ont torturés. Les affaires de "terroristes désignés", c'est l'espace où s'affrontent deux approches idéologiques de ce qui se passe dans la zone de "l'opération terroriste du Caucase du Nord" : combattons-nous par la loi l'arbitraire? Ou nous nous débarrassons de notre arbitraire sur "eux" ?

        Elles s'affrontent faisant des étincelles et aujourd'hui, et à l'avenir. Cette "désignation de terroristes" fait augmenter le nombre de ceux qui ne peuvent le tolérer.

       L'Ukraine a récemment extradé à la demande de la Russie un certain Beslan Gadaïev, un Tchétchène. Il a été arrêté au début du mois d'août lors d'un contrôle d'identité en Crimée, où il habitait à titre de personne déplacée. Voilà ce qu'il écrit dans une lettre du 29août :

       "après que j'ai été extradé d'Ukraine et conduit à Grozny, on m'a amené dans un bureau et on m'a aussitôt demandé si j'avais tué des membres de la famille de Salikhov, Anzor et son ami russe, un chauffeur de camion ? J'ai juré que je n'avais tué personne, et que je n'avais versé le sang de personne, ni d'un Russe, ni d'un Tchétchène. Ils m'ont répliqué avec assurance : "Si, tu as tué". Je l'ai à nouveau nié. Après que je leur ai répondu une seconde fois que je n'avais tué personne, ils ont aussitôt commencé à me frapper. D'abord, ils m'ont donné à deux reprises un coup de poing dans la région de l'œil droit. Pendant que je récupérais de ces coups, ils m'ont tordu le bras. Ils m'ont mis des menottes devant et m'on passé de biais entre les jambes un tuyau pour que je ne puisse pas remuer les bras, bien que j'aie les menottes. Ils m'ont alors pris ou plutôt ils ont saisi ce tuyau qui était fixé sur mois par les deux bouts et ils m'ont suspendu à deux tabourets haut d'un mètre environ.

        Aussitôt après m'avoir suspendu, ils m'ont fixé au petit doigt des mains des fils. Quelques secondes après, ils ont fait passer du courant tout en me frappant partout où ils le pouvaient avec des matraques en caoutchouc. Incapable de supporter la douleur, je me suis mis à crier, en prononçant le nom du Très haut et en les suppliant de faire cesser cela. En réponse, pour ne pas entendre ni écouter mes cris, ils m'ont mis sur la tête un sachet noir.

       Je ne me souviens pas combien de temps cela a duré, mais j'ai commencé à perdre connaissance de douleur. Voyant cela, ils m'ont ôté le sachet et m'ont demandé si j'allais parler. J'ai répondu que je parlerais, bien que je ne sache pas ce que je devais leur dire. J'ai donné cette réponse pour être libéré un instant de cette torture.

        Ils m'on alors décroché, ont ôté le tuyau et m'ont jeté sur le sol. Ils ont dit : "Parle". J'ai répondu que je n'avais rien à dire. Ils ont réagi à ces mots en me frappant la même région de l'oeil droit à l'aide du tuyau sur lequel ils m'avaient suspendu. Sous les coups, je suis tombé sur le côté et presque inconscient, j'ai senti qu'ils me frappaient partout où ils pouvaient… Ils m'ont à nouveau suspendu et ils ont fait la même chose qu'avant. Je ne me souviens pas combien de temps cela a duré. On m'aspergerait sans cesse d'eau.

        Le lendemain, ils m'ont baigné et m'ont enduit le corps de quelque chose. vers midi, un agent en civil est arrivé et a dit que des journalistes étaient arrivés qu'il faudrait que je reconnaisse trois meurtres et du banditisme, ajoutant que si je n'acceptais pas de le faire, ils referaient la même chose et qu'ils m'aviliraient en recourant contre moi à des vexations de nature sexuelle. J'ai accepté. Après que j'ai donné une interview aux journalistes, ils m'ont contraint à avouer que tous les coups  que j'avais reçus d'eux, je les avais eus lors d'une tentative d'évasion…"

        L'avocat Zaour Zakriev, qui défendait Beslan Gadaïev a assuré aux membres de l'association Memorial que dans le commissariat du district (rural) de Grozny des violences physiques et psychologiques lui avaient été infligées. Il ressort de ses déclarations, que son client a avoué de fait qu'il avait commis un acte de banditisme en 2004 à l'encontre d'agents des forces de l'ordre. Cependant, les agents du commissariat ont décidé d'obtenir de lui d'autres aveux pour une série de crimes qu'il n'avait pas commis dans le village de Starye Atagui (district de Grozny).

 

 

           Selon lui, il y a des lésions bien visibles sur le corps de son client en raison des violences cruelles qui lui ont été infligées. A l'unité médicale de la maison d'arrêt n° 1 de Grozny, où B. Gadaïev se trouve actuellement (il est inculpé pour banditisme au titre de l'article 209 CP), a été dressé un constat relevant un grand nombre de traces de coups, de lésions corporelles sous forme de cicatrice, d'éraflures, d'hématomes, de côtes cassées, ainsi que des maux aux organes internes.

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       НАЗНАЧАЕМ ТЕБЯ ТЕРРОРИСТОМ
Антитеррористическая политика пыток на Северном Кавказе

Передо мной каждый день — десятки папок. Это копии материалов уголовных дел людей, сидящих у нас за «терроризм» или пока еще находящихся под следствием.
       Почему слово «терроризм» тут в кавычках? Потому, что подавляющее большинство этих людей — назначенные террористы. И эта практика «назначения в террористы» не просто вытеснила к 2006 году какую-либо истинную антитеррористическую борьбу, она сама по себе стала воспроизводить желающих мстить — потенциальных террористов. Когда прокуратура и суды работают не ради закона и наказания виноватых, а на политический заказ и в погоне за приятной Кремлю антитеррористической отчетностью, уголовные дела пекутся как блины.
       
       
Конвейер «организации чистосердечных признаний» отлично обеспечивает хорошие показатели «борьбы с терроризмом» на Северном Кавказе.
       Вот что написали мне матери группы осужденных молодых чеченцев: «…По сути, эти исправительные колонии превратились в концлагеря для чеченских осужденных. Они подвергаются дискриминации на национальной почве. Из одиночных камер и штрафных изоляторов их не выпускают. Большинство, или почти все, осуждены по сфабрикованным «делам», без базы доказательств. Находясь в жестоких условиях, подвергаясь унижениям человеческих достоинств, у них вырабатывается ненависть ко всему. Ведь это целая армия, которая вернется к нам с испорченными судьбами, с испорченными понятиями…».
       Честно: я боюсь их ненависти. Боюсь потому, что она выйдет из берегов. Рано или поздно. И крайними станут все, а вовсе не те следователи, которые их пытали. Дела «назначенных в террористы» — это то поле, где лоб в лоб сталкиваются два идеологических подхода к тому, что происходит в зоне «контртеррористической операции на Северном Кавказе»: мы законом боремся с беззаконием? Или мы лупим «нашим» беззаконием по «их»?
       Сталкиваются, обеспечивая искру и в настоящем, и в будущем. Результат такого «назначения в террористы» — рост числа не желающих с этим мириться.
       
       
Недавно Украина выдала по российскому запросу некоего Беслана Гадаева, чеченца, его арестовали в начале августа при проверке документов в Крыму, где он жил на правах вынужденного переселенца. Вот строки из его письма от 29 августа:
       
«…После того как меня экстрадировали с Украины в Грозный, меня завели в кабинет и сразу же спросили, убивал ли я людей из семейства Салиховых, Анзора и его друга, русского «камазиста»? Я поклялся, что никого я не убивал и ничью кровь не проливал, ни русского, ни чеченца. Они сказали утвердительно: «Нет, ты убивал». Я опять стал это отрицать. После того как я ответил им второй раз, что я никого не убивал, они сразу же стали меня бить. Сначала меня два раза ударили кулаком в область правого глаза. Пока я приходил в себя после этих ударов, они скрутили меня и нацепили на меня наручники спереди, и между ногами сбоку просунули трубу, для того чтобы я не смог шевелить руками, хоть я и был в наручниках. Затем они взяли меня, а точнее, эту трубу за концы, которая была закреплена на мне, и подвесили меня на близстоящие две тумбочки, высотой примерно с 1 метр.
       Сразу же после того, как они меня подвесили, они стали прикреплять на мизинцы рук провода. Пару секунд спустя меня начали бить током и одновременно били меня резиновыми дубинками, куда только могли. Не выдержав боли, я стал кричать, произнося имя Всевышнего, моля их прекратить это. В ответ на это, чтобы не слышать и не слушать, как я кричу, они надели мне на голову черный пакет.
       Сколько это продолжалось, точно не помню, но я стал терять сознание от боли. Увидев, что я теряю сознание, сняли с меня пакет и спросили, буду ли я говорить. Я ответил, что буду, хотя не знал, о чем им говорить. Я так ответил, чтобы хотя бы на время избавиться от пытки.
       Затем они сняли меня с подвесного состояния, сняли трубу и швырнули меня на пол. Сказали: «Говори». В ответ на это я сказал, что мне нечего им говорить. На мои слова они ответили мне тем, что ударили меня той же трубой, на которой меня подвешивали, в район того же правого глаза. От этих ударов я упал на бок и почти в бессознательном состоянии ощущал, как они стали бить меня куда попало. …Меня снова подвесили и повторили то же самое, что и до этого. Сколько это продолжалось, я не помню, меня снова и снова обливали водой.
       На следующий день они меня искупали, мазали на лицо и по телу что-то. Примерно в обеденное время ко мне зашел оперативный работник в гражданке и сказал, что пришли журналисты и что мне надо будет взять на себя три убийства и разбой, пригрозив тем, что, если я не соглашусь, они все повторят, а также опустят меня, применив ко мне издевательство сексуального характера. Я согласился. После того как я дал интервью журналистам, они, также пригрозив этим же издевательством, заставили меня дать показания, что все те побои, которые я получил от них, которые они мне нанесли, я получил якобы при попытке к бегству…».

       
       
Адвокат Заур Закриев, осуществляющий защиту Беслана Гадаева, заявил сотрудникам ПЦ «Мемориал», что на территории РОВД Грозненского (сельского) района в отношении его подзащитного применялось физическое и психологическое насилие. Как следует из заявления адвоката, его подзащитный фактически признался в совершении разбойного нападения в 2004 году на сотрудников правоохранительных органов. Однако сотрудники РОВД Грозненского (сельского) района решили получить от него еще показания в ряде не совершенных им преступлений в с. Старые Атаги Грозненского (сельского) района ЧР.
       По словам адвоката, от применения жестокого насилия в отношении подзащитного на его теле имеются видимые телесные повреждения. В медчасти СИЗО-1 г. Грозный, где в настоящее время находится Б. Гадаев [обвиняется по ст. 209 УК РФ («Бандитизм»)], был составлен акт медицинского освидетельствования, в котором зафиксированы многочисленные побои, телесные повреждения в виде рубцов, ссадин, кровоподтеков, сломанные ребра, а также жалобы на внутренние органы.
       По всем грубым нарушениям прав человека адвокат З. Закриев направил жалобы в прокуратуру Чеченской Республики.<...>
       
       Анна ПОЛИТКОВСКАЯ
       
      
       Здесь материал Политковской обрывается. Он не закончен. Какие эпизоды остались за пределами текста — редакция выясняет.


       «Новая газета»
       
09.10.2006

 

 

 

 

 

 

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Jeudi 12 octobre 2006

 

l'assassinat d'Anna Politkovskaïa alourdit le climat en Russie
LE MONDE | 09.10.06 

* Poutine promet une enquête "objective"


 
Le président russe Vladimir Poutine est sorti de son silence. Il a promis, lundi 9 octobre, à son homologue américain George W. Bush que "tous les efforts nécessaires" seraient entrepris pour mener une enquête "objective" sur l'assassinat de la journaliste d'opposition Anna Politkovskaïa. "Les forces de l'ordre russes feront tous les efforts nécessaires pour une enquête objective sur la mort tragique de la journaliste Anna Politkovskaïa", a déclaré le président russe, cité par un communiqué du Kremlin.

La diplomatie française critiquée:
 
La "nuit blanche pour la jeunesse tchétchène", organisée par l'association Etudes sans frontières (ESF) à Paris, samedi 7 octobre, a donné lieu à de nombreux hommages à Anna Politkovskaïa.

Elle a aussi permis au député (UMP) Pierre Lellouche, un des plus proches conseillers de Nicolas Sarkozy en matière de politique internationale, de remettre en cause la bienveillance de la France à l'égard de la Russie, "un pays mal dans sa peau, hostile et agressif", selon ses termes.

"Je souhaite que notre diplomatie se réveille, a dit M. Lellouche. Il y a des moments où la morale doit faire partie de notre politique étrangère. Je ne crois pas qu'il soit dans nos intérêts de voir la Russie régresser et ressembler de plus en plus à l'Allemagne de 1918." Le député a souhaité qu'une commission d'enquête internationale soit créée et l'ONU saisie.

Exprimant sa "très profonde émotion", le premier ministre, Dominique de Villepin, a souligné pour sa part la nécessité de conserver de bonnes relations avec la Russie. "Nous n'avons de leçon à recevoir de personne. Nous faisons ce qui doit être fait", a-t-il dit.

Proche d'Anna Politkovskaïa, le philosophe André Glucksmann a rendu hommage à son courage et à son engagement. "Elle voulait sauver l'honneur de la Russie, d'une culture, d'écrivains et de poètes qui avaient osé élever la voix, sous le tsar comme sous Staline, a-t-il expliqué, ému. C'est à cause de Tolstoï, de Lermontov et de Pouchkine qu'elle est morte. A cause de Poutine aussi."

 
La police, qui a évoqué un "travail de professionnel", est à la recherche d'un tueur à gages. Une vidéo tournée par l'une des caméras de surveillance montre l'image d'un homme vêtu de sombre et coiffé d'une casquette qui entre et sort de l'immeuble. Un pistolet Makarov - arme attitrée des forces de l'ordre russes - et quatre douilles ont été retrouvés près du corps. Pour le parquet, comme pour les journalistes, le meurtre d'Anna Politkovskaïa est lié à ses activités journalistiques.

Dans la rédaction du journal Novaïa Gazeta où elle travaillait, on n'attend pas grand-chose de l'enquête en cours. Aucun des assassinats survenus en Russie ces dernières années n'a jamais été résolu. Choquée, la rédaction du journal d'opposition dit vouloir mener sa propre enquête. Une récompense de 930 000 dollars (745 000 euros) a été mise sur la table par l'un des principaux actionnaires du titre, le député Alexandre Lebedev - l'autre actionnaire étant l'ex-président de l'URSS, Mikhaïl Gorbatchev.

Les proches d'Anna Politkovskaïa n'ignoraient pas qu'elle recevait en permanence des menaces de mort. A une époque, la rédaction avait même dû engager des gardes du corps. La journaliste - qui n'aimait guère à s'étaler sur les risques qu'elle encourait - avait récemment raconté à une amie les pressions exercées par le Kremlin sur sa direction pour l'évincer. Mais Dmitri Mouratov, rédacteur en chef, n'avait pas cédé.

SILENCE DU PRÉSIDENT RUSSE

Correspondante de guerre pour Novaïa Gazeta depuis 1999, Anna Politkovskaïa était la seule journaliste russe à se rendre régulièrement en Tchétchénie et au nord du Caucase, des zones maintenues dans un véritable huis clos depuis le déclenchement de la seconde guerre russo-tchétchène, il y a huit ans. Dans ses articles, elle s'élevait contre la dérive autoritaire du président russe, les conscrits battus à mort ou la corruption des fonctionnaires.

Dernièrement, elle s'était dite prête à témoigner contre Ramzan Kadyrov, premier ministre tchétchène et homme fort du Kremlin en Tchétchénie. Par ailleurs, Novaïa Gazeta était sur le point de publier, photos à l'appui, son reportage sur les exactions perpétrées par les milices de M. Kadyrov. "Des reportages comme celui là, il y en a eu beaucoup (...). Je ne pense pas que ce soit la raison de son assassinat", a expliqué son collègue, Viatcheslav Izmaïlov. "C'est un assassinat politique, cela ne fait aucun doute, et les autorités n'y sont pas étrangères", a lancé Valeri Borchtchev, du parti d'opposition Iabloko.

Rentré dimanche de Saint-Pétersbourg, le président russe s'est muré dans le silence au moment où la communauté internationale multipliait les condamnations. "Bush nous a offert ses condoléances, mais Poutine ne dit rien", a souligné Vitali Iarochevski, de Novaïa Gazeta.

Qui a fait tuer Anna ? Le député indépendant Vladimir Ryjkov met en avant "la piste tchétchène". Le journaliste Viatcheslav Izmaïlov n'exclut pas une "vengeance" du FSB (ancien KGB) ou du GRU (renseignement militaire). Alexei Pouchkov, vedette de la télévision, y voit un coup des "services secrets étrangers" avides d'une nouvelle "révolution orange".

D'autres rappellent que la journaliste figurait sur la liste des personnes "à abattre" publiée sur les sites de groupuscules fascistes. Pour Grigori Iavlinski, qui dirige le parti Iabloko, cet assassinat est dû à "l'atmosphère de psychose, de chauvinisme et de nationalisme qui règne dans le pays". Place Pouchkine, un ancien dissident explique que "l'hystérie anti-géorgienne, le soutien croissant du pouvoir aux mouvements d'extrême droite et l'assassinat d'Anna Politkovskaïa ne font qu'un".

 

 

Marie Jégo

Article paru dans l'édition du 10.10.06

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