Tchétchénie - France - Russie
«La Tchétchénie est une ligne rouge que l'Europe ne veut pas franchir dans ses relations avec la Russie»
Par Judith Rueff
vendredi 18 mars 2005 (Liberation.fr - 16:36)
nne Le Houérou, du Comité Tchétchénie, une ONG qui dénonce la guerre et les violations des droits de l'homme par l'armée russe dans la petite république du Caucase, commente la visite à Paris de Vladimir Poutine.
«Jacques Chirac apparaît comme l'un des soutiens intangibles au président russe parmi les dirigeants occidentaux. Ce n'est pas la première fois: après la mascarade de l'élection présidentielle en Tchétchénie l'année dernière, il avait parlé d'élection légitime. C'est tout à fait caractéristique de la dérive de la position française depuis le début de la deuxième guerre (1999). En France et en Europe, tout le monde fait semblant de croire à la normalisation décrétée par Moscou.
Le silence officiel des occidentaux sur la mort d'Aslan Maskhadov (le président tchétchène, tué par les services spéciaux russes début mars, ndlr) est assourdissant. Seuls les Polonais et les Lituaniens se sont émus de cette exécution qui va entraîner une radicalisation encore plus grande des indépendantistes. En éliminant celui qui voulait négocier, les Russes semblent vouloir jouer la politique du pire. Ils auront maintenant beau jeu de dire que les Tchétchènes ne veulent pas négocier et que la seule solution est militaire.
Le règne de l'hypocrisie
» En Occident, on commence à critiquer la Russie, sur le durcissement du régime ou sur la crise ukrainienne, qui a directement préoccupés les Européens, mais il y a une ligne rouge que personne ne franchit, c'est la Tchétchénie. Il existe un certain malaise face à la radicalisation islamiste de la résistance tchétchène et tout le monde se tait, au nom de la solidarité dans la lutte contre le terrorisme international. Mais on sait parfaitement que les racines du conflit n'ont rien à voir avec Al-Qaeda, même si aujourd'hui, il y a des liens avérés entre certains factions indépendantistes et des groupes islamistes. L'hypocrisie règne et une fois de plus, le président français dira à Vladimir Poutine que les violations des droits de l'homme sont regrettables et qu'il faut trouver une solution politique... C'est une jeu de dupes où tout le monde sait qui trompe qui.»
Le Comité Tchétchénie appelle à un rassemblement contre la venue de Vladimir Poutine à Paris, à partir de 17h sur le parvis de Beaubourg