un personnage ambigü : Ratzinger .... et l'Opus Dei (!)

Publié le

Et voilà … le nouveau Pape des catholiques a été élu … très rapidement et à la surprise générale, et les Papa-news continuent d’inonder nos ondes et nos écrans, tant la personne de l’ex-cardinal suscite des critiques profondes provenant tant de l'intérieur de l'église catholique que des laïques.

Ainsi donc le cardinal allemand Joseph Ratzinger succède au défunt Jean Paul II à la tête de l'Eglise catholique. Qualifié d'ultra-conservateur, le nouveau pape, a pris le nom de Benoît XVI. De nombreuses critiques ont troublé le concert de louanges qui a accompagné cette élection.

 

Il semblerait, d’après de nombreux proches et observateurs de la scène catholique, que si Joseph Ratzinger est aujourd’hui considéré comme le chef de file des catholiques radicaux et conservateurs au sein de l’Église catholique, il n’en a pas toujours été ainsi.

Ce ne serait, en effet, qu’à partir de 1968 que Ratzinger, témoin des grandes manifestations étudiantes en Europe en en Amérique ( mai 68' ), se radicalise et prend le parti de défendre la "tradition" contre ce qu’il considère être le chaos, l'anarchie, les déviations libertaires et contre le communisme.

Selon lui, le mouvement étudiant du printemps 1968 est annonciateur des graves dérives modernes immorales que sont le nihilisme et le relativisme.

Les « Théologiens de la libération », qui représentent un courant de gauche fort populaire en Amérique latine, se voient durement pris à partie par le cardinal Ratzinger, qui se considère comme le gardien de la doctrine catholique. Du même souffle, il dénonce prestement l’homosexualité (qu’il décrit comme « une moralité intrinsèquement diabolique ») les mariages gais et ferme la porte aux revendications des femmes pour accéder à la prêtrise.

Plus récemment, l'ex cardinal Ratzinger s’est attiré de nombreuses critiques en refusant de dénoncer, et ce, malgré son apparente rigueur morale, le scandale des prêtres pédophiles aux États-Unis, mais aussi au sein de l'église catholique en Europe, n’y voyant rien d'autre qu’une conspiration des médias.

Il s’est aussi, en 2000, mis à dos les communautés protestantes qui avaient pourtant entrepris depuis plus de 40 ans de se rapprocher de Rome en affirmant la suprématie de la seule église catholique romaine et en dépeignant les Églises anglicanes ou luthériennes comme « déficientes ».

Aujourd'hui même si le nouveau Pape benoit XVI parle de la France ( ou plutôt de l’église catholique française ) avec une certaine "tendresse" commerciale, à mon avis il n’a guère de sympathie vis-à-vis de la laïcité de l’Etat français, bref la République française reste un bastion de la laïcité ( du moins en apparence ) et elle a tout pour déplaire au radical Ratzinger, jadis la France concentrait les haines vaticanes. Dans un mémoire sur les «missions», le RP Schmidlin (Alsacien proche du groupe allemand de la curie) écrivait : «Nous croyons que seules la défaite et l'humiliation de la France peuvent amener sa conversion...» Thème cher à la hiérarchie catholique maréchaliste en 1940.

Benoît XVI, en laissant entendre que Benoît XV fut un apôtre de la paix, nous enfume dans le doute et la contre-vérité historique. Il est assez étonnant qu'un pape allemand et francophobe se réclame d'un pape si éminemment... germanophile. La diplomatie vaticane, qui n'oublie jamais rien, n'oubliera pas de sitôt que la France s'opposa avec vigueur à la mention des racines chrétiennes de l'Europe, et cela les fondamentalistes chrétiens ne peuvent le digérer, car leur conception de l’Europe est totalement autre, par exemple l’intégration de la République Turque n’est pas souhaitable, car en opposition avec la doctrine chrétienne et le concept chrétien de l’Europe, eux voudrait voir l’Union Européenne avec pour épicentre non pas Bruxelles mais bien le Vatican , comme jadis …

 

L’élection au poste de Pape après la mort de Jean Paul II a été parfaitement orchestré et depuis bien longtemps. L’ex-cardinal Ratzinger gérait la vacance du pouvoir depuis au moins un an et a eu l'occasion de montrer à ses collègues cardinaux qu'il avait le profil de l'emploi.

 

L'Eglise essaie de se donner des allures de démocratie pour tenter de gommer son aspect monarchie absolue. Elle a parfaitement su instrumentaliser dans ce sens les journalistes et les médias chargés de l'information religieuse dans les médias catholiques en faisant croire qu'il y avait un débat entre conservateurs et progressistes.

Les quelques rares voix dissonantes qui demandaient plus de collégialité ou une évolution des positions de l'Eglise sur l'éthique ont été très vites réduites au silence par Ratzinger lui-même.

 

Les Polonais regrettent que ce soit un Pape allemand qui eut succédé à leur idole ( car Jean Paul II était plus qu’un Pape pour eux ! ), pour l’instant l’acceuil est serrein, l’attente sera longue et si Ratzinger s’enfonce dans son radicalisme unicentriste les espoirs suscités par Jean Paul II partiront peu à peu en fumée ( blanche ou noire ) ...

 

N'oublions pas que l'ancien Cardinal Ratzinger était à la tête du service inquisitoire de l'église catholique et qu'il ne faut pas s'attendre à des bouleversements révolutionnaires ...

Ratzinger fait partie de cette organisation fondamentaliste et extrêmiste  " Opus Dei " au sein du Vatican, c'est sous le régime fasciste du général Franco, qu'Escriva de Balaguer met en place l'Opus Dei. Le directeur de conscience de Franco entreprend grâce à son organisation de sélectionner et de former les élites de la dictature fasciste espagnole jusqu'à contrôler l'essentiel du pouvoir. Installé par la suite à Rome, au vatican, il s'emploie à étendre son pouvoir en Amérique latine. L'Opus Dei y opère une gigantesque reprise en main des prêtres latino-américains, coupables de partager les analyses sociales et marxistes et de s'opposer aux dictatures catholiques fidèles à l'église et au Vatican.

Monseigneur de Balaguer aurait voulu étendre son "Oeuvre" en Europe mais il en fut partiellement empêché par l'isolement diplomatique de l'Espagne. Ses objectifs étaient de recréer une internationale anticommuniste (comparable à l'alliance Franco-Mussolini-Hitler pendant la guerre civile), de désenclaver l'Espagne franquiste et de favoriser la construction européenne chrétienne anti-laïque.

C'est aussi l'Opus dei qui financa les extrêmistes catholiques croates dans la guerre en Bosnie, elle ferma les yeux sur les camps de concentration croates dans lesquesl les Musulmans Bosniaques étaient internés, les Oustachis ( pro-nazis croates ) ont justement été sauvés par l'Opus dei à la fin de la seconde guerre mondiale, et c'est encore l'Opus dei qui a tout mis en oeuvre pour faire lever les sanctions contre l'Autriche dirigée par l'extrême droite de Jörg Haider, le parti FPÖ ...

Publicité

Publié dans muratko

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article