la flamme qui ne s'éteint pas ...

Publié le par Muratko Muratko

Les années passent, les modes changent, aux modernismes succèdent les post-modernismes, aux libéraux succèdent les ultras libéraux les post sociodémocrates, aux démocrates de droites succèdent les démocrates de la droite ultra et nationaliste, les uns se ressemblent aux autres, un mélange qui donne le tournis à tout un chacun ... les dictatures sont remplacées par des dèmocradures, le keynésianisme par le néo-libéralisme, le mur de Berlin par le mur de l'argent et d'autres murs de la honte ... la guerre est remplacée par une autre, on n'en manque jamais de guerres ..; et la mort omniprésente, le souffle de la mort n'a jamais été aussi gratuite qu'aujourd'hui, la mort n'a jamais rapporté autant qu'aujourd'hui le mensonge n'a jamais été aussi bien maquillé que de nos jours... le mensonge cette éternelle répétition du même ...

La grande illusion est une réalité, tout n'est pas sombre loin de là mais que d'illusions, plus grands sont les piliers du temple et plus grand est le mensonge !

Le message de Che Guevara, du légendaire "Comandante" trente années plus tard, contient un noyau incandescent qui continue à brûler, le Che a été assassiné, il n'est pas mort au combat et son assassinat est avant tout un acte politique, comme il y a peu l'assassinat du président Tchétchène en exil Aslan Maskhadov, et bien d'autres encore ...

Mais un assassinat politique est-il vraiment un acte qui met fin à une action politique, un mouvement social, une philosophie, une idéologie socio-politique ? ... selon moi absolument pas si le message qui en émane est un message universel et civilisateur ( dans le bon sens du terme et non pas dans le sens colonisateur et religieux comme au siècle dernier!! ), il y a révolution et révolution, tout comme existe des révolutionnaires et des révolutionnaires, Ernesto Che Guevara lui était un vrai de vrai, un révolutionnaire convaincu à 100 %, c'était un homme de terrain, proche de ses hommes , fidèles à ses idéaux, à sa philosophie, fidèle à lui-même prêt à tout moment au sacrifice ne se souciant pas de sa personne pourvu que la révolution triomphe ...

Bien entendu on peut ne pas partager les idées du Che mais son personnage me fascine, l'homme me fascine son hombre me hante et je dois dire que je respecte ce grand personnage hors du commun qui bien qu'ayant commis des erreurs reste une légende à mes yeux, une légende vivante car tout personnage vit dans les coeurs, dans les souvenirs le Che n'a pas d'âge, un peu comme James Dean mort trop jeune.

 

 

Il y a quelque chose de fascinant dans la vie et le message de ce révolutionnaire médecin asthmatique dès son plus jeune âge, une vie passionante durant laquelle il aurait pu travailler paisiblement dans un hopital de Buenos Aires, il aurait pu être auprès des siens, être auprès de sa mère qu'il aimait tant, mais la découverte de la réalité sud-américaine durant son voyage à moto à travers l'Amérique latine a complètement changé le destin ( ou était-ce écrit d'avance ? ) la vie de ce jeune médecin argentain, mais latino américain avant tout.

Le film " carnets de voyage " ou " The Motorcycle Diaries " / " Diarios de motocicleta" de Walter Salles ( Grande Bretagne , 2004 ) applaudi au festival de Cannes en 2004 montre très bien cette lente transformation idéologique, celle de deux jeunes qui découvrent un sens à leur vie, au gré des rencontres, non seulement avec les autochtones, mais aussi avec la nature et avec une certaine réalité sociopolitique, encore d'actualité, car la plupart des problèmes structurels et sociaux qui les avaient alors frappés n'ont toujours pas été résolus, à l'heure du modernisme. Ce qui confère à ce récit un caractère contemporain. Très vite, le mythe du Che s'efface derrière une humanisation du personnage. Calme et timide, piètre danseur, asthmatique, mais avant tout proche de son prochain, et sensible aux injustices qu'il lui est donné de découvrir, Ernesto apparaît comme un jeune homme sincère et plein de vie, à l'instar de son compagnon de route, Alberto, plus hâbleur, roublard et volontiers séducteur.

Le message, la vision; le combat du Che restent d'actualité, car les fléaux que le Comandante combattait n'ont pas vraiment disparu, bien au contraire les problèmes ont enpirés, et avant tout le fossé entre les possédants et les possédés s'est d'avantage creusé malgré beaucoup d'efforts de la part d'hommes et de femmes de bonne volonté et conscients des maux du "peuple humain" , le matérialisme et le manque d'empathie n'a fait que croître ... le combat du Che continue !

Dans toutes les manifestations de la mouvance révolutionnaire en Amérique Latine au cours des 30 dernières années, de l'Argentine au Chili, du Nicaragua à El Salvador, du Guatemala au Mexique, on perçoit les traces, tant visibles, tant invisibles, du "guévarisme". Elles sont présentés aussi bien dans l'imaginaire collectif des combattants, que dans leurs débats sur les méthodes, la stratégie et la nature de la lutte. On peut les considérer comme des semences qui ont germé, pendant ces trente dernières années, dans la culture politique de la gauche latino-américaine, produisant des branches, des feuillages et des fruits. Ou comme un des fils rouges avec lesquels on tisse, de la Patagonie au Rio Grande, les rêves, les utopies et les actions révolutionnaires.

Le Che n'a pas été seulement un combattant héroïque, mais aussi un penseur révolutionnaire, le porteur d'un projet politique et moral, d'un ensemble d'idées et valeurs pour lesquelles il a lutté et donné sa vie. La philosophie qui donne à ses options politiques et idéologiques sa cohérence, sa couleur, sa température, est un profond humanisme révolutionnaire. Pour le Che, le véritable communiste, le véritable révolutionnaire était celui qui considère les grands problèmes de l'humanité comme ses problèmes personnels, celui qui est capable de "sentir de l'angoisse quand on assassine un homme quelque part dans le monde et d'être exalté quand se lève quelque part un nouveau drapeau de liberté".


 Il y a une phrase de José Marti que le Che citait souvent dans ses discours, et qu'il appelait "le drapeau de la dignité humaine" : "Tout être humain véritable doit sentir dans son visage le coup donné au visage d'un autre être humain ". La lutte pour cette dignité est un principe éthique qui va l'inspirer dans toutes ses actions, depuis la bataille de Santa Clara jusqu'au dernier combat désespéré dans les montagnes de Bolivie. C'est un terme important dans la culture latino-américaine. 

Il faut peut-être chercher son origine dans le Don Quichotte, œuvre que le Che lisait dans la Sierra Maestra, dans les "cours de littérature" qu'il donnait aux recrues paysannes de la guérilla et héros avec lequel il s'identifiait, ironiquement, dans la dernière lettre à ses parents. Mais cette valeur n'est pas pour autant étrangère au marxisme. N'est-ce pas Marx lui-même qui écrivait dans son article "Le communisme de l'Observateur Rhénan" (septembre 1847) : "Le prolétariat a besoin de sa dignité encore plus que de son pain " ?

L'internationalisme du Che - à la fois mode de vie, foi séculaire, impératif catégorique et patrie spirituelle - a été l'expression combative et concrète de cet humanisme révolutionnaire et marxiste. 

Ses idées sur le socialisme et la démocratie étaient encore en évolution au moment de sa mort, mais on observe clairement dans ses discours et écrits une prise de position de plus en plus critique envers l'auto-intitulé "socialisme réel" des héritiers du stalinisme. Dans son célèbre "Discours d'Alger" (février 1965) il appelait les pays qui se réclamaient du socialisme à "liquider leur complicité tacite avec les pays exploiteurs de l'Ouest", qui se traduisait dans les rapports d'échange inégal avec les nations qui essayaient de se libérer du carcan impérialiste. Il ajoutait ceci : "Le socialisme ne peut exister s'il ne s'opère dans les consciences une transformation qui provoque une nouvelle attitude fraternelle à l'égard de l'humanité, aussi bien sur le plan individuel dans la société qui construit ou qui a construit le socialisme que, sur le plan mondial, vis-à-vis de tous les peuples qui souffrent de l'oppression impérialiste ".

 

Mais sa réflexion - évidemment inachevée - est aussi problématique à plusieurs égards. Moins par ce qu'elle dit, que par ce qu'elle ne dit pas, ce qu'elle tait : la question de la démocratie socialiste. Ce n'est pas que les arguments du Che Guevara en défense de la planification économique contre les catégories marchandes soient faux : au contraire, ils gagnent une nouvelle actualité face à la vulgate néo-libérale dominante aujourd'hui. Mais ils laissent dans l'ombre la question politique clé : qui planifie ? Qui décidé des grands choix du plan économique ? Qui déterminé les priorités de la production et de la consommation ? Sans démocratie véritable - c'est-à-dire sans :
a) pluralisme politique ;
b) discussion libre des priorités et
c) libre choix par la population entre les diverses propositions et plate-formes économiques alternatives ; la planification devient inévitablement un système bureaucratique, autoritaire et inefficace de " dictature sur les besoins ", comme le montre abondamment l'histoire de l'ex-URSS. En d'autres termes : les problèmes économiques de la transition au socialisme sont inséparables de la nature du système politique. L'expérience cubaine au cours des vingt dernières années a révèle, elle-aussi, les conséquences négatives de l'absence d'institutions démocratiques/socialistes - même si Cuba a pu éviter les pires aberrations bureaucratiques et totalitaires des autres États dits "socialistes réels".

8 octobre 1967 : une date qui restera pour toujours dans le calendrier millénaire de la marche de l'humanité opprimée vers son auto-émancipation. Les balles peuvent tuer un combattant de la liberté mais non ses idéaux, ses espoirs, ses rêves. Ceux-là lui survivront, quand ils germeront dans la conscience des générations qui reprennent la lutte. C'est ce qu'on découvert, pour leur rage et déception, ceux qui tuèrent Emiliano Zapata, Rosa Luxembourg, Léon Trotsky et Ernesto Che Guevara.

 

Le monde d'aujourd'hui, après la chute du mur de Berlin, la fin des régimes autoritaires en Europe de l'Est, le triomphe de la globalisation capitaliste et l'hégémonie des idéologies néo-libérales et néo-conservatrices américaines, le retour en force des religions, les coups d'états sous formes de mouvements de réformes démocratiques, les guerres de préventions , les bombardements de "libération", semble se trouver à des années lumière de celui qui a vu vivre et lutter Ernesto Guevara. Cependant, pour ceux qui ne croient pas à la pseudo-hégélienne " fin de l'histoire ", ni à l'éternelle pérennité de l'économie de marché capitaliste/libérale, pour ceux qui refusent les injustices sociales criantes et la marginalisation des peuples du Sud par le "nouvel ordre mondial fasciste ", le message humaniste et révolutionnaire du Che reste une fenêtre ouverte sur l'avenir.

 

Comandant je te salue !

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Publié dans muratko

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