réécriture de l'Histoire ...

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Avant d'aborder le sens même de la réécriture de l'histoire, j'aimerai me pencher sur le terme même d'histoire, car elle prête très souvent à confusion.

Qu'est-ce que réellement l'histoire ?

Sans trop rentrer dans le détail pour certain ce n'est que de l'histoire ancienne, dans souvenirs de cours barbants à l'école, de vieux livres poussiéreux ennuyants ... etc ... pour ma part je trouve l'Histoire passionante, à condition qu'elle le soit également ..; l'histoire rien qu'une une histoire de temps ?!

Pafff le pavé a été jetée dans la marre aux canards , plsu rien ne peut retenir le débat ..; oui mais quel débat ? peut-il y en avoir un sur ce qui est passé? ..; eeeeet ..; est-ce ce dont nous voulons débattre a-t-il réellement eu lieu ???

Ici et maintenant commence l'histoire. Le spontané, l'immédiat, le présent sont le commencement de l'histoire. Le passé est une préface, qui, comme toutes les préfaces, est écrite après coup, dans l'avenir, dans la réflexion, dans la médiation. Le présent commence l'histoire, et le passé donne du temps à ce commencement. 

Ce mouvement est le mouvement déterminant de l'histoire : le passé est une projection du présent, le passé commence dans son avenir, le présent, et non pas l'inverse. L'histoire est une progression vers l'origine. Cette conception dialectique de l'histoire n'est pas neuve puisque Schiller et Hegel l'enseignaient couramment. Mais le positivisme matérialiste a depuis imposé sur les esprits une autre perspective de l'histoire et du temps : le commencement de l'histoire y est en bas et derrière ; le présent y est le point le plus élevé et le plus avancé ; et l'avenir est la suite, comme en pointillé, de cet escalier régulier, infini et immuable. Dans cette progression par paliers se dessine la synthèse vectorielle de la vision du temps véhiculée par les religions chrétienne et musulmane : alors que pour les chrétiens le passé est derrière et l'avenir devant, pour les musulmans la progression dans le temps est verticale, le passé est dessous et l'avenir dessus. Ainsi, l'escalier triomphal du positivisme économique satisfait à la fois ces deux visions dans les moments sans histoire, et les déçoit tout autant dans les moments où, soudain, les humains la font

Le commencement de l'histoire, le présent, est donc toujours le même, et toujours changeant. Chaque nouveau commencement de l'histoire corrige en apparence car transforme en réalité tout le temps connu. La nuit des temps, l'origine du temps, est à réaliser. C'est-à-dire que le présent va produire ce début à sa fin. Dans cet avenir où le présent, le commencement de l'histoire, contiendra entièrement le passé, il contiendra entièrement l'avenir. La fin de l'histoire comme fin du temps est logique à condition que l'histoire commence ici et maintenant. Cependant, l'histoire n'est pas, comme le laisse supposer son commencement, une succession de commencements dont chacun anéantit le précédent. Au contraire, du fait que chaque commencement historique particulier, chaque présence de l'histoire, contredit la totalité précédente, il est aussi contredit par la totalité, cette généralité dont l'histoire est le mouvement des déterminations. En même temps que cette division révèle la nouveauté, le nouveau commencement de l'histoire est à tel point imprégné du passé qu'il en semble le résultat. Ce n'est que lorsque la nouveauté que révèle cette brutale division dans le temps transforme tout le passé que l'unité du commencement historique particulier et de la totalité précédente se réalise dans leur dépassement, comme détermination de la totalité revenue de sa division. Or, ici et maintenant, jamais ce mouvement ne s'accomplit dans cette simplicité abstraite et théorique. Car en vérité, ici et maintenant est d'abord la négation d'un mouvement abstrait qui serait infini. Tout dans l'histoire est singulier. L'histoire peut même être considérée, par ceux qui veulent la saisir au moment où elle paraît, comme la singularité de la singularité

 

Mais par dessus tout , l'histoire est considéré par nous tous comme étant l'histoire de ce qui a été, c'est le passé ..; c'est aussi une suite de mythes ( l'histoire n'en manque pas ! ), ainsi donc l'histoire nous apparaît ( dans notre onconscient collectif ) comme une déchéance temporelle et nous ne nous donnons alors pas la peine de vérifier quotidiennement son contraire ( bref ce qui a été est peut ce qui n'a pas été !! ) car nous nous persuadons que le monde ne change pas, ne changera plus ...  une simple ligne , très longue qui a un début, c'est en cours ... oui mais l'histoire a t-elle une fin ???

Là l'histoire se complique un peu, car c'est la relation au temps qui fait défaut ... et nous risquons tous de nous retrouver dans une faille spatio-temporelle ... la fin de l'histoire est-elle possible ? est-ce raisonnable de la penser ?

Pourquoi pas ?

L'idée de sens de l'histoire et celle, qui lui est souvent associée, de fin de l'histoire n'ont guère trouvé de défenseurs parmi les philosophes les plus marquants du XXe siècle, mais  beaucoup de philosphes se sont tout de même penchés sur la question ... Karl Marx par exemple pense la fin de l'histoire humaine en avançant la théorie de la lutte des classes, c'est-à-dire qu'avec la victoire de la classe laborieuse, celle des possédés sur les possédants le moteur de l'histoire , autrement dit avec la fin de la lutte des classes l'histoire humaine s'arrêtera aussi ... car rien en pourra faire tourner ce moteur impitoyable ...

Les quinze dernières années les évènements bouleversants sont venus contredire cette théorie honorable,les années 1990 ont vu inopinément renaître le débat autour de cette question, nous pouvons même parler d'une projection Nietszchéenne, car c'est finalement l'éternel recommencement du même ...

Par moment j'ai l'impression de voir et revoir des remakes, de maucais remakes ...

Si l'Histoire est racontée par l'histoirien il n'est cependant pas le principal acteur, il n'est que le conteur, l'homme est le principal acteur et rouage essentiel du mécanisme historique, l'histoire est autant faite par ceux qui la racontent que par ceux qui la font. L'histoire étant le mouvement de l'esprit, ceux qui en transmettent consciemment les déterminations, les historiens, contribueraient bien autant à l'histoire que conquérants et bâtisseurs, qui en fournissent, en quelque sorte, l'étoffe.

Ce qui est remarquable n'est pas tant l'embarras de devoir justifier le rôle déterminant de ceux qui racontent l'histoire que le constat, déjà si éloigné des Anciens, que l'histoire, le débat spirituel de l'humanité, peut être conduit par d'autres que ceux qui le rédigent. Le monde est déjà un monde de disputes, de conflits, de "clash" en tous genres où la parole, même celle qu'utilise le philosophe, est reconnue n'être qu'un moyen du débat.

Or s'il l'on parle de l'Histoire il y a des mondes, des humanités , et une histoire peut-être racontée de diverses façons, donc nous pouvons dorénavant parler des Histoires parrallèles et qui se croisent de temps à autre.

Donc raconter ou prétendre raconter une histoire reviendrait à dire que d'office nous falsifions par la narratyion l'histoire originelle car ne la comparant pas avec les autres histoires parrallèles nous n'avançons que notre part de " vérité " historique, notre vision des choses ...

Ici se pose le problème de réécriture de l'Histoire :  Dans son roman "1984", G. Orwell critique violemment la réécriture permanente du passé. A cette pratique stalinienne s'oppose le credo de l'idéologie dominante d'aujourd'hui, le principe d'une histoire objective, d'un passé dont il serait en quelque sorte possible de fixer scientifiquement les termes d'une manière définitive. Au contraire, le passé n'est pas seulement repensé, mais se découvre, et par conséquent se modifie à la lumière du présent. Le débat sur l'humanité change constamment d'arguments, de verbe, de champs de bataille, d'armes, de protagonistes et de perspectives, et donc de méthodes et de moyens d'observer, même d'exprimer le passé, tous nécessairement subjectifs. Ce qui différencie cette réécriture du passé de celle critiquée dans "1984" est que cette dernière est policière. Elle détruit et interdit celles qui l'ont précédée, ce qu'Orwell dénonce fort justement comme excès de mensonge, comme un anéantissement de l'histoire ; alors que la réécriture de l'histoire passée, qui est nécessaire au parti qui fait l'histoire, est la confrontation constante de toutes les contradictions de sa propre opération, du passé et du présent, de la connaissance et de l'ignorance, de la nouveauté et de son dépassement. 

 

Nous sommes à un moment ou à un autre autre tenté de réécrire, de repenser notre passé, au niveau communautaire, national etc ... mais cela est une erreur, aujourd"hui l'histoire est sans cesse repensée, modifiée, réécrite ... nous ne modifions pas seulement notre théorique "passé" mais aussi notre présent et cela nous empêche de penser le futur ...

 

Je me souviens d'un slogan écrit sur un mur de belfast " History is written by the winner "

 

Regardons un peu autour de nous, analysons les images qui nous sont imposées à la TV, dans les magazines, alors nous comprendrons mieux la valeur de ce message !

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Publié dans muratko

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